MALADIES DES PLANTES CAUSÉES PAR DES CRAMPIGNONS PARASITES
A. - BIALADIES DES VIGNES
MILDEW. — PERONOSPORA VITiCOLA I. — Le Peronospora de la Vigne dans le Vendômois et la Touraine,
II. — Sur le Mildew et son développement dans les vignobles de France et d'Algérie, en 1881.
Ili. — Sur les spores d'hiv
du Peronospora
dans lequel J'annonçais les laits que je venais de constater dans le Médoc, j’ai cité les domaines où j’avais constaté l’eflicacité des traitements et en particulier celui de Beaucaillou où le régisseur de M. Johnston, M. David, guidé par M. Millardet, professeur ii la Faculté des sciences de Bordeaux, avait disposé les traitements expérimentaux avec une rigueur scientifique.
Ce rapport est le premier document publié, dans lequel le grand fait de la découverte du traitement efficace du Mildew ait été publiquement constaté.
ANÏHRACNOSE
Bullelin de la Société botanique do France, 14 novembre 1879.
La maladie connue dans le Midi sous le nom de Charbon avait été désignée par Esprit Fabre et Dunal sous le nom d’Anthracnose. On a certainement confondu sous cette même dénomination générale plusieurs altérations différentes. J’ai signalé en 1877 et étudié plus spécialement en 1879 l’Anthracnose aux environs de Vendôme (Loir-et-Cher) et j’ai décrit en détail ses caractères ainsi que l’organisation du champignon qui la cause et pour lequel De Bary avait créé le genre Sphaceloma; j’ai établi que la maladie de l’Anthracnose est identique à diverses maladies des vignes connues en Europe sous des noms différents, et j’ai rapporté le parasite qui les produit au Glœospormm ampelophagum de Saccardo.
M. Cornu, étudiant l’Anthracnose des vignobles du Narbonnais, venait d’y observer, sur les taches, les conceptacles d’un Phonm qu’il avait regardé comme des pyenides du parasite de l’Anthracnose. M. Planchon pensait que l’Anthracnose no différait pas de la maladie du Black-Rot des Américains. J’ai établi que l’Anthracnose était une maladie déjù connue et observée aux environs de Vendôme au siècle dernier et qu’elle est absolument différente de la terrible maladie américaine qui ne devait se montrer en France que six ans plus tard.
des raisins apportés
reconnue par MM. Viala et Ravaz sur des raisins apportés de Ganges il l’École de Montpellier,
On tenta d’abord de détruire le mal dans son foyer, mais sans succès; les essais de traitement d’extinction furentsans effets; la maladie réapparut au mois de juillet 1886 et se développa avec une grande intensité vers le
la destruction de toutes les vignes malades aux environs de Ganges,
Le Ministère de l’Agriculture me chargea d'aller à Gauges étudier la nouvelle maladie.
J’en reconnus sur place les caractères, tant sur les grappes que sur les feuilles, et pus constater tout d’abord, avec MM, Yiala et Ravaz, qui m’accompagnaient, que les taches qui marquaient les feuilles des vignes atteintes de Black-Rot et qui avaient été décrites comme produites par un parasite spécial sous le nom de Phyllostictû Labruscæ ou de Phyllosticta viticola portent des fructifications identiques è celles du Phoma iwicola des grains desséchés.
J’ai, dans mon rapport {n" XI), indiqué les nombreuses localités où
tous les professeurs d’agriculture de la région viticole fut attirée sur la nouvelle maladie ; des échantillons de raisins atleint de Black-Rot leur furent envoyés, et tous les foyers d’infection qui pouvaient exister en France furent bientôt signalés, dans l’Aveyron, dans le Canlal, dans la vallée du Tarn, etc. Les pycnides de Phoma produites sur les taches desséchées des feuilles et sur les raisins ne sont pas les formes dernières et les plus parfaites du champignon qui produit le Black-Rot. Dans le New-Jersey, le docteur Bidwell avait, en 1880, observé sur les raisins desséchés par le Black-Rot après Thiver des pérlthèces. Ellis en donne la description sous le nom de Sphœria Bidwellii (Physalospora Bidwellü Saccardo — Guignardia BidmeffiiViala).
temps de 1888. Dans les grains desséchés que je reçus à la fin de Thiver, de M. Fréchou de Nerac, j’ai trouvé des périthèces à divers degrés de formation. En les plaçant dans un milieu humide, je les ai obtenus à un élat complet de maturité en quelques jours.
Dès le premier coup d’œil, on reconnaît une complète identité de forme et d’aspect entre ces périthèces et les conceptales du Phoma umcola, et on est frappé de la disparition à peu près complète des pycnides et des spermogonies qui couvraient les grains malades è l’automne. Quand on fait une coupe longitudinale des réceptacles ascophores, on voit que leur orifice est comblé par une matière amorphe à demi mucilagineuse, qui forme une sorte de bouchon à l’intérieur et autour de l’orifice. Tout l’intérieur des périthèces où on voit apparaître les asqucs est occupé par un parenchyme délicat qui, sans doute, s’est formé au-dessous de la couche qui à la fin de Tété portait les spores de Phoma et qui, détruite et gélifiée, a été rejetée à l’orifice du périthèce. Les asques se montrent sous l’apparence de cellules plus grandes, plus allongées, qui se dirigent du fond du périthèce vers son sommet en repoussant la couche du parenchyme délicat qui est située au-dessus. Complètement développés, ces asques forment une touffe partant du tond du périthèce.
La production des asques ne se fait pas dans des périthèces spéciaux, mais à l’intérieur des conceptacles de pycnide qui pendant Thiver subissent cette transformation.
Placés dans Teau, les asques se gonflent, leur paroi se gélifie et Texpul-
avait pris dès 1887 un développement assez considérable. L’efficacité des traitements était constatée par tous les vignerons, qui reconnaissaient l’utilité des remèdes dont ils avaient tout d’abord redouté les effets (n-XVI).
L’invasion de la maladie reconnue aux États-Unis la plus dangereuse de toutes celles qui ravagent les vignes a été ainsi presque complètement entravée et n’a guère causé de ravages que quand, trop rassurés contre le danger qui leur paraissait entièrement disparu, les vignerons ont négligé de faire les traitements toujours indispensables et de détruire les grappes desséchées qui propagent le mal d’une année è l’autre.
Les traitements contre le Black-Rot sont pratiqués aujourd’hui en Amérique avec le même succès qu’en France.
CONIOTHYRIUM DIPLODIELLA XVII. — Raisins malades de Vendée.
Bulletin du Ministère de l’Agriculture, mars 1887.
XVIII. — Sur l'invasion du Coniothyrium Diplodiella dans les vignobles du Gard et de la Vendée.
Bulletin du Ministère de l’Agriculture, décembre 1887.
Les vignes ont été atteintes en Vendée en 1886 d’une maladie que l’on a d’abord supposée être le Black-Rot. L’examen que je fis des vignes fort atteintes de l’épidémie aux environs de Chantonnay me montra que le mal était tout autre. Les raisins se desséchaient partiellement, mais sans noircir, et se couvraient de petites pustules fauves contenant des spores pointues et qui devenaient brunes è maturité. Par ces caractères, ce mal se distingue nettement du Black-Rot; j’y reconnus le Coniothyrium Diplodiella. Ce champignon, observé d’abord en Italie, avait été signalé çà et là en France, mais n'avait jamais été considéré jusqu’alors comme un parasite dangereux envahissant les grappes vivantes ; on pensait que ce n’était qu’un saprophyte se développant sur des parties mortes.
En parcourant les champs de vignes où la maladie avait particulièrement contenaient souvent le tiers ou même la moitié de leurs grappillons
hypogæa.
En maintes localités on signalait en 1881 aux délégués du Ministère de l’Agriculture chargés de reconnaître la présence du phylloxéra, des vignobles où l’on voyait en certaines places les vignes dépérir; on attribuait la langueur maladive dont elles étaient atteintes au phylloxéra; mais toutes les recherches faites pour y découvrir le terrible insecte demeuraient
Champignon parasite qui n’avail été encore observé qu’une fois sur les raisins en Bourgogne et décrit par MM. Viala et Boyer, sous le nom i’Aureohasidium Vitis comme genre nouveau se rapportant aux Hypochnées.
produisent, mais le dommage est toujours considérable; la quantité de sucre produite en est fort diminuée.
J’ai profité de cette occasion pour compléter l’histoire imparfaitement connue de la reproduction du Peronospora SchacMii. On n’avait jamais observé de spores hivernantes de ce Peronospora de la betterave, et on croyait qu’il n’en produisait pas plus que le Peronospora (Phytophthora) de la pomme de terre. Cette opinion avait été soutenue par M. Kühn, qui affirmait que le mycélium du Peronospora Schachtii passe l’hiver dans le collet des betteraves que l’on conserve comme porte-graines et que, l’année suivante, il produit des troncs fructifères sur les betteraves replantées au printemps. Cette hypothèse était erronée ; j’ai trouvé en quantité dans les feuilles déjà tuées par le parasite les spores d’hiver qui avaient jusqu’alors échappé à l’observation.
C’est donc certainement par les feuilles mortes do la betterave que le mal peut se propager d’une année à l’autre. Il conviendra de les recueillir et de les détruire soigneusement.
MALADIES DES CÉRÉALES XXIV. — Mémoire sur les maladies des Céréales.
Ce mémoire a été couronné par l’Académie des sciences sur le rapport
grâce â des observations et des expériences poursuivies par lui depuis plusieurs années. C’est, en un mot, un traité des maladies des céréales tel qu'il serait à désirer que nous en eussions d’analogues sur toutes les affections morbides qui peuvent atteindre les végétaux cultivés,
« Une œuvre de ce genre renfermant nécessairement un nombre considérable de détails destinés â faire connaître les altérations que subit l’organisation normale des plantes sous l’influence de la maladie, on ne peut songer, dans un rapport, à en donner un résumé qui, pour ne pas manquer son but, devrait être assez développé; mais il importe d'y indiquer la marche suivie par l’auteur et les résultats derniers auxquels elle l’a conduit. ür celte marche est à la fois simple et méthodique.
« Les maladies auxquelles les céréales sont sujettes peuvent tenir à des
en face de certains de ses ennemis. Envisagée à tous ces points de vue, l'histoire des maladies est généralement complète ou, s’il y reste quelque lacune, c’est que l’état actuel de la science n’a pas permis de la remplir.
« Ce rapport étant forcément circonscrit en d’étroites limites, il suffira pour le compléter, d’y indiquer en quelques lignes les plus fréquentes ou les plus redoutables d’entre les maladies des céréales dont s’occupe l’auteur du Mémoire présenté à l’Académie.
second chapitre. Les principales sont celles de la tige, à laquelle sont sujets, plus que les autres céréales, le Sèigle et l’Avoine, surtout celle du grain do Blé connue sous le nom de Nielle. L’une et l’autre sont dues à une invasion par des Anguillules, Nématodes du genre Txjlenchus. H est
elle s’étendit aux champs voisins, et en 1882 elle se montrait sur le territoire de plusieurs communes. On commença alors de s’en alarmer, et je tus chargé par le Ministre de l’Agriculture d’en aller reconnaître la nature et la cause.
Cette nouvelle maladie du Blé a un caractère si frappant iju’on ne la peut confondre avec aucune autre. Les épis sont changés, soit en partie
Les tiges, à la hauteur du collet, étaient en pleine décomposition, elles
étaient, ainsi que les rachis persistants des feuilles, couvertes d’une sorte de moisissure blanche, au milieu de laqueile se formaient des sclérotes. Cette maladie des sainfoins était due à une pézize à sclérote, le Sclcrotinia TrifoKorum, dont les dégâts sur les trèfles ont été maintes fois signalés en Allemagne, en Danemark, en Suède et en Norvège.
Ce parasite n’avait pas encore été signalé sur le sainfoin.
XXVIII. - Le Seigle enivrant Bulletin de la Société botanique, 1891.
Endoconidium temulentum nov. gen. nov. sp (en commun avec M. Delacroix).
Bulletin de la Société mycologiquc, t. VU, 1891, avec figures.