‹ Notice sur les travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 7 sur 14 · Morées et Artocarpêes de la Nouvelle-Calédonie · texte numérisé non relu

Morées et Artocarpêes de la Nouvelle-Calédonie

« M. Bureau a extrait de la monographie qu’il prépare pour le Prodomm, la description des Morées et Artocarpêes recueillies dans la Nouvelle-Calédonie. Ce groupe y présente sept genres, dont trois pour les Morées et quatre pour les Artocarpêes ; mais le genre Ficus

contient à lui seul à peu près quatre fois autant d’espèces que tous les autres réunis. M. Bureau a dû remanier profondément les genres Malama , Fatoua et Cudrania. Chacun des deux premiers ne renferme, i son avis, qu’une seule espèce, et il en est de même du genre Pseudomorus , qu’il a fondé pour une partie des Mûriers à périgone de la fleur femelle nçn accrescent. Dans le genre Cudrania, il a réuni aussi plusieurs espèces nominales en une seule. Cette réunion provient de l’enrichissement des herbiers, qui présentent maintenant de nombreux intermédiaires entre les formes regardées jadis comme distinctes. M. Bureau ne serait pas étonné, à en juger par ce qu’il a vu, qu’il y eût dans la botanique exotique presque autant d’espèces anciennes à supprimer que d’espèces nouvelles à créer. Cette étude est d’autant plus importante que c’est avec les bonnes espèces qu’on fait les bons genres.

» Au point de vue de la géographie botanique, les Morées et Artocarpées de la Nouvelle-Calédonie confirment les faits déjà reconnus dans la flore de ce pays pour d’autres familles : on trouve parmi ces plantes un mélange de formes indiennes, australiennes, polynésiennes, mêlées à des types tout à fait spéciaux et qui s’écartent même notablement des genres avec lesquels ils ont l’analogie la plus prochaine.

» Ainsi le genre Malaisia, le Morus Brunoniana Endl. qui devient le type du genre nouveau Pseudomorm, le genre Fatoua, le Cudrania javanensis se rétrouvent dans une ou plusieurs des régions voisines, l’He de Norfolk, les Sandwich, l’Australie, les îles Viti, le Japon, la Chine, l’Archipel indien et même l’Inde. Mais à côté de ces formes présentant une grande extension géographique se trouve un genre spécial et très-intéressant, puisque c’est le genre le plus voisin des Ficus que l’on connaisse jusqu’ici, bien que les différences soient encore assez profondes. M. Bureau l’a appelé Sparattosyce (figue déchirée), pour indiquer un de ses caractères les plus remarquables. Les fleurs mâles et les fleurs femelles sont enfermées dans des réceptacles distincts ; les étamines sont extrorses, et les styles sortent Ion-

guement par l’ouverture supérieure du réceptacle femelle, par ce que l’on peut appeler l’œil de la figue. A la maturité tous ces réceptacles se déchirent de haut en bas, s’étalent et prennent peu à peu l’apparence de réceptacles de Dorstema. Quant aux vrais Ficus , les uns se retrouvent dans l’Inde ou dans l’Archipel Indien, d’autres dans quelques îles de la Polynésie, d’autres enfin en Australie, et, parmi les espèces nouvelles, qui sont nombreuses, la plupart viennent se placer près de types appartenant à l’une des régions indiquées plus haut. » (Bulletin de ta Société botanique de France , t. XIX, 1872. Revue bibliographique, p. 169.)

Les espèces du genre Ficus sont au nombre de 26 ; 17 sont nou- 16 .—Prodromus systematis mturalisRegrù vegetabilis,t. XVII, 1873,

La famille des Morées n’avait jamais été l’cbjet d’un travail monographique. Les plantes qui lui appartiennent se trouvaient décrites dans une quantité de publications différentes, et l’auteur a dû se livrer à de nombreuses recherches bibliographiques. Cette famille naturelle, dont les limiies étaient jusqu’ici assez vaguement définies, se sépare des Urticées par l’ovule suspendu, et des Artocarpées par les étamines infléchies dans la préfloraison. En outre les feuilles sont condupliquées et non enroulées dans le bouton, elles stipules ne sont presque jamais amplexicaules comme dans ce dernier groupe. Les Morées sont partagées dans le Prodromus en quatre tribus : Slrebleæ , Broussmetieœ, Moreœ et Dorstenieæ. Les trois premières tribus sont basées sur la forme des inflorescences femelles ; la dernière sur la réunion des fleurs mâles et femelles dans une même inflorescence. Les genres sont au nombre de 25, dont 7 nouveaux, et les espèces au nombre de 90 dont 13 nouvelles. Si le nombre des espèces n’est pas plus élevé, c’est que l’auteur, grâce aux matériaux abondants qu’il a eus entre les mains, a pu observer dans bien des cas, des séries d’échantillons intermédiaires qui venaient relier des formes anciennement regardées

comme des espèces distinctes. Ces anciennes espèces ont dû alors passer à l’état de variétés. C’est ce qui est arrivé, entre autres, dans les genres Malama et Fatoua, qiii ne contiennent plus qu’une espèce, et surtout dans le genre Morus. Le Mûrier blanc ( Morns alba) , comme la plupart des plantes cultivées depuis une haute antiquité, a donné naissance à de très-nombreuses variétés. C’est à lui qu’il faut rapporter les formes décrites par divers auteurs sous les noms de Morus Talarica, Italica, Constantinopolitana , lndica, cuspidata, stylosa, atropwpurea, multicaulis , lævigata, etc. La nomenclature des Morus, avait donné lieu à une synonymie compliquée que l’auteur s’est efforcé d’éclaircir.

17. — Symbolœ ad florarn Brasiliæ centralis cognoscendam. Moreœ.

18. —Prodromus systematisnaturalis Begni vegetabilis , t. XVII, 1873.

Arlocarpaceœ. Compectus tribuum etgenerum.

Tableau donnant les caractères essentiels des vingt-neuf genres qui composent la famille, et suivi d’une synonymie complète de ces genres avec l’indication du nombre des espèces qu’ils renferment.

19. — Sur plusieurs genres peu connus dArtocarpêes de la Guyane.

Les genres Maquira et Perebea sont très-voisins l’un de l’autre, par leurs fleurs mêles réunies en nombre considérable (plus de cent) sur un réceptacle discoïde et couvert en dessous de bractées imbriquées, assez semblable par conséquent au réceptacle des Composées; par leurs fleurs femelles, groupées en nombre bien moindre sur un réceptacle analogue ; par leur stigmate à deux lobes ovales, trèscourts, etc.; mais ils se distinguent très-bien par la situation de l’ovaire, qui est supère dans le Perebea et infère dans le Maquira. On voit ici un caractère réputé de premier ordre perdre tellement de

sa valeur qu’il ne peut plus servir qu’à la distinction des genres. C’est du reste un fait général que le changement de valeur d’un même caractère suivant les groupes naturels où il se présente. L’auteur insiste sur cette considération dont on n’a peut-être pas suffisamment tenu compte dans les travaux taxonomiques.

Tout près du genre Perebea on doit placer le genre Noyera, qui en diffère par les lobes du stigmate filiformes, et par les ovaires profondément enfoncés dans des loges creusées dans le tissu du réceptacle.

Ce genre est lui-même très-voisin du Castilloa de l’Amérique cen-

ir le Ficus Roxburghii Wall.

Description d’après la plante vivante observée au Muséum de Paris et des fruits provenant du Jardin botanique d’Orléans.

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