Quelques observations sur les Loganiacèes
(Bulletin de la Société botanique de France, 1856, t. III, p. 49.)
C’est un exposé des faits nouveaux rencontrés par l’auteur dans l’étude dè cette famille : présence d’une seule graine à périspermé ruminé, et non, comme on l’avait dit, de petites graines très nombreuses, dans chaque loge du fruit des Pagamea; structure singulière des anthères des Brehmia et des placentas des Geniostoma; existence de cellules en étoiles dans le groupe des Fagræacées; symétrie florale des Potaliaet Anthocleista, etc.
3. —Monographie des Bignoniacées, ou Histoire générale et particulière des plantes qui composent cet ordre naturel.
Voici l’analyse donnée par M. Brongniart dans son Rapport sur les progrès de la botanique phytographique, p. 140 :
« La famille des Bignoniacées constitue un groupe beaucoup plus étendu, mais beaucoup plus homogène que celui des Loganiacèes, au moins par la structure de ses fleurs; cependant, sès limites avaient pré* senté des doutes ; on lui avait rapporté dès plantés qui doivent en être séparées, et l’on avait souvent placé dans une famille voisine des genres qui rentrent dans ce groupe : telles sont les Crescentia ou Calebassiers.
« Dans sa Monographie des Bignoniacées, M. Bureau énumère tous les genres que divers auteurs ont cru devoir classer dans cette famille; il exa» mine successivement les types différents auxquels ils se rapportent; reconnaît que trois de ces types seulement forment un même groupé naturel, et constituent la famille des Bignoniacées, tandis que les autres se rattachent à d'autres familles de la division des Monopétales. Si des doutes
peuvent encore s’élever sur quelques points de cette classification, ils tiennent aux caractères ambigus de certains genres, à la grande affinité de plusieurs des familles de ce groupe de Monopétales, et à la valeur diverse qu’on attribue à certains caractères.
« L’étude organographique très étendue de la famille forme une grande partie de cet ouvrage, et la diversité ainsi que la singularité de l’organisation des tiges de ces plantes, et surtout des lianes qu’elles constituent le plus souvent, ont fait l’objet d’observations très intéressantes. Les autres organes et l’organogénie de la fleur ont aussi une part très étendue dans cet ouvrage et complètent sa première partie, la seule qui ait paru. Mais nous devons ajouter que l’étude des genres et des espèces, qui doit compléter cette monographie, a été l’objet des travaux continuels deM. Bureau, et que, grâce aux nombreux matériaux qu’il â ôus à sa disposition, elle • formera un des ouvrages les plus importants de la botanique descriptive. » - Une autre analyse du même ouvrage, plus détaillée, se trouve dans le Bulletin de la Société botanique de France, 1864, t. XI ': Revue bibliographique, p. 262.
4. — Remarques sur la classification des Bignoniacêes et observations sur lés genres Radermachéra et Stereospermum.
(Adamonia, Recueil itoieenaliom bolani/pjet, 1881, t. H, p. 182, pl. 2 et 4.)
L’auteur, dans des généralités, commence par établir que la valeur d'un Caractère donné, quand même on le choisirait parmi les plus importants,
■ est loin d’être la même dans une famille ou dans une autre. La différence peut être telle que la même particularité d’organisation peut former parfois un trait caractéristique d’une famille, alors que dans d'autres cas il est impossible de lui accorder une importance plus grande que celle d’un simple caractère de genre.
La présence de l’albumen, par exemple, qui est un caractère absolu dans les Euphorbiacées et dans d’autres familles, ne peut pas même, dans les Aroïdées, servir pour caractériser des tribus.
La symétrie générale de toutes les parties (que Linné proclame, dans ses Fragments d'une méthode naturelle , avoir plus de valeur qu'aucun caractère isolé), c’est-à-dire la position des divers éléments de la fleur, soit entre eux, soit par rapport à l’axe et à la bractée, cette symétrie est exposée elle-même, dans certains cas, à une semblable perte d’importance. Il y a des groupes très naturels dont quelques espèces offrent soit des fleurs
résupinées, soit un üvaire à deux carpelles placés latéralement, au lieu d’étre antéro-postérieurs.
Un même, caractère de symétrie peut donc tantôt être un caractère de farhille; et tantôt ne plus servir qu’à distinguer un genre de ses voisins. Dans quelles circonstances ce changement de valeur se produit-il? Toutes les fois qu’un- caractère, qui dans une autre famille serait important, se; présente dans un cas où, de l’aveu de tous les botanistes, il n’a plus aucune influence sur ie groupement des genres, la raison de cette dégradation de la valeur du caractère se trouve non pas dans le petit nombre de plantes qu’il affecte, mais dans son isolement. Dans tous ces cas, en effet, le caractère, si saillant, si singulier qu’il soit, n’en entraîne aucun autre avec lui.
Appliquant ces principes à la classification des Bignoniacées, l’auteur trouve que le caractère tiré du mode de déhiscence de la capsule, sur lequel sont-fondées les deux sous-tribus des Euhignoniêes et des Catalpées, con- • duità une disposition assez heureuse des genres. Le groupe des Eubignoniées se trouve, en effet, composé presque entièrement de plantes sarmenteuses, grimpantes, de véritables lianes, pourvues de feuilles trifoliolées ou conjuguées avec un cirrhe remplaçant la troisième foliole, tandis que les Catalpées sont pour la plupart des arbres ou des arbrisseaux non grimpants, à feuilles pinnées ou digitées.
Quant à la division de chaque sous-tribu en Monoslietidés et Pléieslictides, suivant qu’il y a un ou plusieurs rangs de graines sur chaque bord de la cloison, elle n’a rien de naturel et doit être abandonnée. En effet, ces deux modes de disposition des graines peuvent se trouver, non seulement dans les genres les plus voisins par l’ensemble de leur organisation,; mais encore dans les espèces d’un même genre.
L’auteur indique ensuite plusieurs groupes naturels dans la sous-tribù des Catalpées et donne une description comparative des Stereospermum et Radermachera appartenant au premier de ces groupes.