‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 4 sur 27 · L’Acarien des Vins sucrés du Midi · texte numérisé non relu

L’Acarien des Vins sucrés du Midi

(ta Nature, 23* année, 2- sem. 1897, p. 226 avec lig.)

Les Sarcoptides détriticoles, qui vivent librement aux dépens des substances organiques humides ou en décomposition, constituent la sous-famille des Tyroglyphinœ. Ils produisent souvent des dégâts considérables, pullulant dans toutes les substances susceptibles de servir à leur nourriture, vivant même accidentellement dans le corps de l’Homme aux dépens des liquides normaux ou pathologiques de l’économie (Voyez 22, 23), ce qui peut les faire confondre avec de véritables parasites.

Pendant l’été de 1897, un stock considérable de vins sucrés du Midi a été envahi et rendu invendable par un Acarien qui vivait et se reproduisait parfaitement non seulement dans le vin en tonneau mais jusque dans les bouteilles parfaitement bouchées destinées aux usages pharmaceutiques. J’ai été appelé à déterminer la nature de cet Acarien et k indiquer le moyen de le détruire et de s’opposer à sa propagation.

Cet Acarien est le Carpoglyphiis passularum que l’on connaissait pour vivre sur les raisins secs, dits raisins de Corinthe, d’où le nom de l’espèce {passula désignant ce genre de raisin). Dès lors, il était facile d’indiquer l’origine du parasite: il a dû se développer d’abord dans les vins de raisin sec, fabriqués aujourd’hui sur une grande échelle, et de là il a pu passer facilement dans les autres vins sucrés ayant une origine moins artificielle.

L’Acarien vit parfaitement dans les liquides alcooliques, même dans l’alcool rectifiée (à 90"), où il était encore vivant au bout de 36 heures. Il se tient généralement à la surface, souvent accroché à des débris de matière végétale, comme c’est le cas dans les bouteilles. L’examen microscopique montre que ces débris sont formés de cellules subéreuses, attaquées par des moisissures, et provenant du bouchon de qualité inférieure. D’où l’indication de toujours boucher les vins médicinaux avec des bouchons de première qualité, exempts de ces stries noirâtres qui inuiquent la pourriture du liège.

La présence de l’Acarien est une cause de dépréciation considérable, bien que, dans les cas observés, la qualité du vin n’ait pas semblé altérée, et j’ai conseillé de le filtrer au tamis de laine ou de soie. Maintenant que l’on est prévenu, il sera préférable de pasteuriser par la chaleur tous ces vins sucrés et de les mettre immédiatement en bouteilles soigneusement bouchées avec des bouchons de choix et stéri-

prié à leur nature, et passent d’un tonneau à l’autre avec la plus grande facilité. Le bouchon lui-même peut être l’origine de cette infestation, lorsqu’il présente des cavités, résultant de la pourriture des cellules de liège, où les Acariens aiment à se loger.

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