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Théorie du navire

Cet Ouvrage contient les théories précédentes coordonnées en corps de doctrine avec les résultats acquis antérieurement. Il contient en outre divers résultats nouveaux parmi lesquels ;

1° Influence de la forme du maître couple sur celle de la développée métacenlnque à Torigine. — Le bras du levier de la stabilité ne dépend pour les petites inclinaisons que de la hauteur du métacentre au-dessus du centre de gravité; mais, quand l’inclinaison augmente, il croît ou décroît plus ou moins rapidement, suivant que la développée est ascendante ou descendante à l’origine. Il était donc intéressant de connaître l’influence des formes extérieures des navires sur celle de la développée. De l’analyse des propriétés du flotteur cylindrique à section elliptique, flottant le grand axe ou le petit axe vertical, on avait pensé pouvoir conclure que la développée était ascendante ou descendante suivant que le rayon de courbure des normales aux murailles à la flottaison allait en croissant ou en décroissant. J’ai montré

que cette propriété dépend de la grandeur du rayon de courbure de la muraille et non de sa variation, c’est-à-dire que la développée est descendante ou ascendante suivant que le centre de courbure est du même côté de l’axe que la muraille ou de l’autre côté de l’axe.

2 ° Variations de la stabilité pour des additions de poids considérables. — La théorie de la stabilité différentielle ne considère que des changements de poids assez petits pour que l’on puisse négliger l’épaisseur de la tranche immergée. Je montre ici que les solutions des problèmes relatifs à des variations de poids quelconques sont données, sous la même forme, par la considération d’une nouvelle surface idéale dont les propriétés géométriques et mécaniques offrent une analogie complète avec celles des centres des isocarènes et des flottaisons. Cette surface est le lieu géométrique des centres des tranches comprises entre deux flottaisons qui détachent l’une et l’autre deux volumes constants.

Cette théorie nouvelle offre l’avantage de réunir en un même sujet les questions de stabilité proprement dite avec celles des variations de stabilité, puisqu’il suffit, d’une part, d’y supposer le déplacement de la tranche égal au déplacement du navire pour obtenir les éléments de la stabilité de la carène totale, et, d’autre part, de supposer la tranche infiniment mince pour obtenir.ceux de la stabilité différentielle.

3° Les Chapitres relatifs au Navire en mouvement sont consacrés surtout à l’analyse des actions obliques du vent et de l’eau sur les navires. Les coefficients empiriques qui servent à comparer les navires entre eux à ce point de vue sont déduits, d’après Euler et Bouguer, des propriétés attribuées aux plans minces. Je montre que les résistances aux mouvements obliques, qui sont les principaux agents des évolutions, satisfont à des lois dont les hypothèses usuelles ne tiennent pas compte, mais qu’il est cependant nécessaire de ‘considérer pour expliquer les mouvements spontanés des navires, soit dans les halages obliques, soit dans les dérives.

4° Le Chapitre relatif aux girations contient une analyse spéciale des mouvements du navire dans les évolutions rapides à la vapeur. J’ai montré que la courbe qui intéresse le marin dans les manoeuvres n’est pas la trajectoire du centre de gravité que l’on considérait habituellement, mais l’enveloppe des positions du plan longitudinal. J’ai signalé

la stabilité des navires sous les grandes inclinaisons se déduisent, par des méthodes d’interpolation graphique, de courbes déterminées par un certain nombre de points, dont les coordonnées sont obtenues par de laborieux calculs.

J’ai montré, dans cette Note, que, en utilisant d’une nouvelle manière certains éléments auxiliaires de ces calculs, on obtenait facilement les directions des tangentes aux courbes d’interpolation, et que,

par suite, l’application de cette remarque permettra désormais d’obtenir, à égalité de travail, une précision supérieure, ou, à égalité de précision, une réduction importante des calculs.

Il résulte d’une communication ultérieure de M. Doyère, sous-directeur de l’École du Génie maritime, que les avantages de cette remarque peuvent être étendus à la nouvelle méthode ingénieuse qu’il a imaginée et pour laquelle l’Académie lui a décerné une partie du prix de la Marine en 1892.

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