PROCÉDÉS DE MESURE
Nouveau procédé pour la mesure de l'angle^des axes optiques. — Pour l’examen optique des cristaux très petits ou formés de groupements intérieurs très complexes, on ne peut se servir, le plus souvent, des procédés ordinairement employés pour la mesure de l’écartement angulaire des axes optiques et pour celle des indices.
J’ai démontré (') théoriquement qu’on pouvait.se servir du microscope polarisant, adopté pour la lumière convergente par M. Émile Bertrand, afin de mesurer l’écartement des axes optiques, l’angle que forme, avec la normale à la lame, un axe optique, etc. De nombreuses mesures comparatives m’ont permis de montrer que,ce procédé, très commode, présente un degré de précision très suffisant dans la plupart des,c,as; il est maintenant très, employé.
Élude du réfraclomèlre à réflexion totale de M. Émile Bertrand. Étude théorique de la réflexion totale cristalline et solution approximative du cas général. — L’emploi de la réflexion totale pour la mesure des indices cristallins est devenue très général. J’ai étudié avec soin, théoriquement et expérimentalement, le mode d’emploi, le mode de graduation et les causes d’erreur du réfractomètre, d’un emploi très commode, dû à M. Émile Bertrand ( 2 ). Avec cet instrument j’ai pu mesurer les indices principaux d’un certain nombre de corps importants, tels que la dolomie, le carbonate de magnésie, l’enstatite, l’hypersthène, la wollastonite, etc.
La théorie de la réflexion totale cristalline a été donnée pour la première
fois par H. de Senarmont, puis par d’autres auteurs, et tout récemment par M. Liebisch. Les calculs sont assez complexes et ne peuvent être complètement développés que dans les cas les plus simples. J'ai exposé (') cettç théorie d’une façon tout à fait élémentaire et j’ai montré comment, dans le cas le plus général, le résultat peut être obtenu simplement avec une approximation le plus souvent très suffisante.
Modification du goniomètre Wollaston. — Une des difficultés des études cristallographiques est la mesure des angles que font entre elles les faces cristallines. Le goniomètre Wollaston ordinaire exige, pour des mesures exactes, que le signal lumineux soit très éloigné, ce qui ne permet pas, à cause du peu d’intensité lumineuse, d’observer l’image réfléchie par de très petites faces, et ce qui est une très grande gêne dans les laboratoires. Les Allemands ont modifié l’appareil en plaçant le cristal entre un collimateur et une lunette qui transmet à l’œil l’image réfléchie de la fente. Ce procédé est très exact, mais la lunette fait perdre beaucoup de lumière, et le réglage du cristal est d’une longueur rebutante.
J’ai donné ( a ) au goniomètre Wollaston une disposition spéciale en plaçant devant lui un collimateur de grand diamètre. L’image de la fente réfléchie par le cristal est mise en contact avec l’image de la même fente réfléchie par un miroir fixe. Les mesures sont aussi faciles et plus rapides qu’avec le goniomètre Wollaston ordinaire ; elles sont presque aussi exactes qu’avec le goniomètre à lunette et donnent en tous cas une précision plus que suffisante; elles peuvent se faire, l’intensité lumineuse étant aussi grande qu’on le veut, même sur des cristaux absolument microscopiques. Enfin tout l’appareil peut être disposé, sans gêne aucune, dans un coin du laboratoire. En rendant le support, qui porte le miroir, mobile autour de l’axe du goniomètre, l’appareil se prête très aisément à la mesure des indices et permet d’utiliser les spectres, souvent très nets, qu’on observe dans les mesures angulaires.
(' ) Sut la théorie de la réflexion cristalline, d'après M. Liebisch (Bulletin de la Société i ralogique, t. IX, p, 154-167; 1886).
Sur la théorie de la réflexion cristalline, d’après M. Liebisch ( Journal de t. V, p. 389-4o5; 1886).
^ (*) Sur une disposition particulière du goniomètre Wollaston (Bulletin dt
< Physique, ■■
Cet appareil m’a donné les meilleurs résultats; il permet de multiplier, bien plus qu on ne pouvait le faire autrefois, les mesures d’angles et d’indices. Beaucoup de cristallographes en ont adopté l’usage.