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Crustacés littoraux, terrestres et d’eau douce

128. — Sur un nouvel Apus de la Somalie, capturé par le capitaine Bottego. — Annal del Museo Civico di Storia Naturale di Genova, sér. 2, vol. xix(xxxix), p. 573-577; 1899.

Cette note est consacrée à l’étude dune espèce à'Apus qui m’a été communiquée .par M, le 1) Gestro. directeur du Musée d’Histoire naturelle de Gênes. Ce Crustacé ne ressemble à aucun des Apus africains jusqu’alors signalés, sauf peut-être à l’Apus Bottegoi très insuffisamment caractérisé par M. del Prato. Provisoirement, j’ai cru devoir l’identifier avec cette dernière forme.

•129. — Observations sur les Argulidés du genre Gj-ropeltis, recueillis par ■M. Geay au Vénézuela. — Bull, du Muséum, p. i3-ig, avec 7 figures dans le

i3o. — Sur les Argulidés du genre Gjyropeltis, recueillis récemment par M. Geay dans la Guyane. — Ibid., p. 89-41 ; 1899. .

. x3i. - Les Crustacés parasites du genre Dolops Audouin. — Bull, de la Soc. Philomath, de Paris, sér. 8, t. x, p. %8l, et sér. 9, t. I, p. i 2 - 4 o, avec 42 figures dans le texte ; 1898.

Les Dolops Audouin ( Gj-ropeltis Heller) forment avec, les Argulus le petit sous-ordre des Copépodes branchiures, dont tous les représentants sont des parasites externes qui vivent par intermittence sur les Poissons ou sur les Batraciens. Grèce aux matériaux rares et très précieux recueillis par M. Geay, grâce aussi à l’obligéànce des Directeurs des Musées européens, j’ai pu faire dp premier

D’après les récoltes effectuées durant les deux dernières années on peut croire, en effet, que le genre est loin de nous avoir révélé toutes ses richesses. En i89o, on ne connaissait que trois espèces de Dolops (D. Kollari Heller, D. longicauda Heller et D. doradis Cornalia) ; en i893, M. Stuhlmann en décrivit une quatrième (D. ranarum), et depuis, dans ses divers voyages, M. Geay en a capturé cinq nouvelles que j’ai décrites en 1897 (D. Geajyi) et en 1899 (D. discoidalis, D. reperta, D. bidentata, D. striata), dans le Bulletin du Muséum. Il y a tout lieu de croire, après de pareils résultats, que l’ère des

et genre nouveau d’Amphipodes des côtes de France. —Bull, de la Soc. Zool.de France, t. xvii, p. 55-38, avec i figure dans le texte ; 1892.

125. — (En collaboration avec M. Chevreux). Les Amphipodes de Saint- Vaast-la-Hougue. — Ann. des sc. nat., zool., série 7, t. xv, p. 109-144, pl. 2 ;

Pendant les grandes vacances des années 1890 et 1891, j’ai consacré toutes mes journées à l’étude de la faune des Amphipodes et des Isopodes de Saint- Vaast. La plage et les rochers de cette bourgade et des îles voisines ont été explorés, et de nombreux dragages ont été effectués avec l’embarcation du Laboratoire maritime établi dans l’île de Tatihou et dirigé par mon maître,

M. Chevreux et moi, la liste des Amphipodes, qui ne compte pas moins de

» Les résultats de ces premières recherches, disions-nous dans notre travail, ne sont pas dénués d’intérêt. Deux des espèces recueillies, Pleustes bicuspis Krôyer, et Podocerus cumbrensis Stebbing et Robertson, sont nouvelles pour la faune française ; six autres espèces n’ont jamais été signalées dans la Manche, ce sont : Ljysianax longicornis Lucas, Metopa rubrovittata G. 0. Sars, Gitana Sarsi Bœck, Guernea coalita Norman, Monoctilodes carinatus Sp. Bâte Leptocheirus hirsutimanus Sp. Bâte.

»‘Quatre espèces déjà recueillies sur la éôte anglaise de la Manche sont nouvelles pour la faune française : Urothoe elegans Sp. Bâte, Àmpelisca lœoigata Lillj., Mœra Batei Norman, Microdeuieropus versiculatus Sp. Bâte.

» Enfin, nous avons établi ,1e genre Perrierélla pour une espèce, déjà signalée sur nos côtes, mais qui avait été assimilée par erreur à une forme de l’Océan arctique, VAristias tumidus Krôyer. »

Dans ce travail la distribution géographique a été traitée avec détails, et nous n’avons rien négligé pour fixer aussi exactement que possible l’habitat de chaque espèce à St-Vaast. La collection recueillie et déterminée par nous a été offerte au Laboratoire maritime du Muséum ; c’est la première collection locale qui ait été faite dans cet établissement*

r les Palémo les Camban e de ces not

cueillis au Mexique par M. Diguet — Ibid., t consacrée à l’étude des Crevettes du genre

Palemon trouvées par M. Diguet dans la rivière Mulege en Basse Californie : l’une de ces Crevettes le (P. Digueti), est nouvelle, mais ressemble beaucoup au P . spinimanus qui habite les affluents de l’Atlantique tropical ; les deux autres sont le P. forceps Edw. et l’énorme P. famaicensis Herbst, qu’on croyait jusqu’alors localisés dans les mêmes régions que le P. spinimanus. La dernière espèce se retrouve dans les cours’d’eau de l’Afrique occidentale ; quant au P. forceps , il y est représenté par une espèce fort peu différente, le P. macrobrachion Herkl. Ainsi, les Palémons dès eaux douces californiennes sont les mêmes que ceux des affluents américains et africains de l'Atlantique, ou représentent ces formes dans les affluents du Pacifique. Pour interpréter ces faits, on est conduit à admettre que les Palémons de la Basse Californie ont en dès ancêtres marins qui formaient trois espèces, largement répandues dans le Pacifique oriental et dans l'Atlantique, à l’époque où ces deux mers communiquaient entre elles par le détroit du Panama. Ces espèces se tenaient vraisemblablement près du rivage où des îles qui réunissaient le nouveau continent à l’ancien ; elles se sont progressivement adaptées à la vie dans les eaux douces en fréquentant les estuaires et sont ensuite remontées dans les rivières où on les trouve aujourd’hui. Cette hypothèse, que M. Lockington avait déjà formulée à propos du P. longipes (que j’ai identifié avec le P. forceps), ne permet pas de fixer exactement l’exode des Palémons dans les eaux douces ; mais si l’on songe que des Palémonides très voisins, les Leander, n’ont pas encore abandonné complètement la mer, on est en droit de penser que cet exode a précédé ou suivi de bien peu la formation, relativement très récente, de l’isthmè de Panama.

. La seconde noté a pour objet l’étude des Ecrevisses américaines recueillies au Mexique par le même voyageur. Ces Astacidés appartiennent au genre Cambarus qui est propre à l’Amérique du Nord. L’un d’eux est le petit G. Montezumae Sauss, qui se consomme couramment au Mexique, l’autre est une espèce nouvelle le G. Digueti, qui atteint la dimension de nos Écrevisses les plus grandes. Plusieurs exemplaires de cette belle espèce étaient parasités par des Trématodes du genre Temnocéphale que j’ai soumis à M. Vayssière et par dés Branchiobdelles qui ont été remises à M. Raphaël Blanchard.

136. — Note sur l 'Eupagurus anachorelus. — Bull, de la Soc. Philomath, de Paris, sér. 8, t. n, p. 120-122 ; 1890.

137. — Étude de quelques Paguriens recueillis par M. Jules de Guerne sur les côtes de France et de Norwege. — Méin. de la Soc. Zool. de France, t. iv, p. 394-407 ; 1891.

138. — Sur un Pagurien nouveau ( Eupagurus Chevreuxî) de la Méditerranée. — Bull, du Muséum, p. 224-228, avec 4 figures dans le texte; 1897.

et du Pagurus pictus Milne-Edwards avec YEupagurus anachoretus de

nouveau capturé par M. Edouard Chevreux sur le littoral de la Corse.

La dernière de ces notes (140) est, de beaucoup, la plus importante et la plus

classification des Paguriens, caractérise chacun des genres européens de ce groupe et passe en revue toutes leurs espèces. Condensée sous la forme de tableaux

sances qu’on possède sur ce groupe. Dans un mémoire antérieur (96), j’avais indiqué la division des Paguridés en deux tribus : les Eupaguriens et les Mixtopaguriens ;

qui se distinguent aisément l’un de l’autre par l’écartement ou la contiguïté parfaite de leurs maxillipèdes externes (voir fig. 33, p. 43). Cette différence frappante se maintient, sans variation aucune, dans toute l’étendue de chaque subdivision;

les formes les plus primitives des deux tribus et a pour effet de modifier singulièrement la bouche de l’animal; avec leurs maxillipèdes externes écartés à la base, les Eupaguriens ont un orifice buccal largement ouvert mais dépourvu d’appareil de préhension dans sa partie postérieure, et cela les différencie nettement des Mixtopaguriens dont les maxillipèdes externes sont contigus en arrière.

Abstraction faite de sa valeur scientifique, le mémoire précédent est appelé à rendre des services sérieux aux zoologistes qui s’occupent de la faune européenne, car il met en évidence, avec une grande précision, les caractères essentiels de chaque espèce et il consacre à chacun d’eux plusieurs figures originales.

Malgré le soin minutieux avec lequel il a été préparé, le travail précédent

réclame une rectification que j’ai moi-même apportée dans la 4 e note de ce

Roux qu’on désignait communément jusqu’ici sous le nom d 'Eupagurus timidus. Les Qaiapaguroides sont des Eupaguriens dont les mâles, présentent des tubes

Décapodes, les. orifices génitaux. Leur tube sexuel gauche est très court, mais celui de droite s’allonge beaucoup et, sous la forme d’un sabre, se dirige de droite

Catapa-

M. Pallary à Oran, j’ai ■ trouvé que le se • trouvait. assez communément dans précédentes, qu’il présentait des variatio très remarquables et qu’il né différait e de Roux, dont j’avais pu examiner les

Catapaguroides acutifrons du Talisman la zone sublittorale des deux localités ns diverses (coloration, forme des pinces) ;n rien du Pagurius (Eupagurus) timidus types. Il résulte de ces observations ■:

i° que le genre Catapaguroides n’est pas propre aux abysses, mais peut

Méditerranée par le Catapaguroides timidus et qu’il se retrouve dans la Manche jusqu’à RoscofF ; 3° que le Catapaguroides acutifrons du Talisman n’est autre chose que le Pagurus timidus de Roux.

iiï. — Étude sur les Paguriens recueillis par M. le D r Jousseaume sur les côtes de la mer Rouge. — Bull, de la Soc. Philomath, de Paris, t. iv, p. 3o-45 ; i 8 9 5.

récifs madréporiques à Djibouti. — Bull, du Muséum, p. 228-233, avec 6 figures dans le texte; i896.

i43. — Paguriens recueillis par M. Diguet sur le littoral de la Basse- Californie. - Bull, de la Soc. Phifomath.. de Paris, sér.. 8, t. v, p. 18-26, aveè 4 figures dans le texte ; 1893.

La première de ces notes (141) a pour objet l’étude des Paguriens que

avantage de faire connaître plus complètement la faune de cette mer et de renfermer des notion? intéressantes sur la distribution géographique des Crustacés : sur les 17 espèces de Paguriens connus en, 1895 dans , la Mer Rouge, 9 appartiennent à la faune des Indes orientales et 2 autres se retrouvent dans l’Atlantique oriental (Diogenes varions, D. denticulatus) ou dans la Méditerranée ( D . varions). Le. résultat principal des recherches de M. Jousseaume est bien moins d’avoir donné des preuves nouvelles et manifestes du caractère indo-pacifique de la faune de la mer Rouge, que d’avoir fait connaître, dans les eaux de cette mer, l’existence de formes qu’on aurait pu croire localisées dans les eaux de la Méditerranée et de l’Atlantique. Il est d’ailleurs urgent d’étudier complètement les animaux marins de la mer Roüge, afin d’éviter les erreurs géographiques auxquelles conduira fatalement la migration des espèces par le canal de Suez.

. , La. deuxième, note .(142) de ce chapitre'est consacrée à la description de deux Paguriens très curieux que M. Coutière a eapturés dans les récifs de Djibouti au-cours d’unvoyage d’exploration effectué dans la mer Rouge, avec M. Jousseaume, en 1896. L’un de ces Paguriens forme le type d’un genre nouv'eau, le

genre Ceslopagurus. qui se rapproche beaucoup des Catapaguroides et des Nematopagurus de l'Atlantique oriental, mais qui en diffère par la présence d'un tube sexuel unique dirigé de droite à gauche au-dessous de l'abdomen. Ce

établit entre eux des liens qu’on , ne soupçonnait pas jusqu’ici. L’autre Pagurien recueilli par M. Coutière se range dans le genre Troglopagurus dont on ne connaissait qu’une seule espèce découverte par M. Henderson dans le Golfe du Bengale. L’espèce nouvelle capturée dans la mer Rouge m’a permis de montrer que les Troglopagurus sont moins voisins des Pagurus que des Diogenes, qu’ils dérivent toutefois du premier de ces genres et qu’il est impossible de séparer les Diogenes des Pagurus pour en. former un groupe distinct.

La dernière note est relative à deux Paguricns trouvés par M. Diguet en Basse Californie, le Paguristes Digueti, qui est une espèce nouvelle, et le Clibànarius panamensis, qu’on retrouve jusqu’à Panama. La première de ces espèces (voir fig. 3g, p. 53) est une forme représentative du Paguristes serieeus des Antilles et la seconde du Ci. mttatus qui habite également les mers caraïbes. Le Cl. vittatus et le Cl. panamensis sont très peu différents l’un de l’autre et

depuis l’émersion de l'isthme de Panama.

.144. — Révision des’ Cénobites du Muséum. - Bull, de la Soc. Philomath. de Paris, série 8, t. il. p. i43-i5o ; 1890.

En raison de leurs habitudes terrestres et de leur grande abondance sur les côtes dès mers tropicales, les Cénobites sont rapportés en grand nombre par les voyageurs. Aussi s’accumulent-ils dans les collections du Muséum, et je me suis livré à un travail assez pénible pour en établir le classement. Le résultat de cette étude comparative a été de montrer que les zoologistes classificateurs avaient multiplié outre mesure le nombre des espèces de ce. groupe, et qu’il n’y avait pas lieu d'en distinguer plus de six. La C. cljypeata d’Owen, la C. violacens d’Heller, la C: carnescens de Dana, et la C. rugosa M.-Edw., ont été réunis à la C. compressa Guérin; la Cenobita brunnea Dana et le Birgus hirsutus H., à la C. spinosa M.-Edw. ; la C. purpurea St., là G. intermedia Streets et la C. panamensis Streets à la C. perlata M.-Edw.

145. — Sur la distribution des Crustacés de — Bull, du Muséum, p, 7 o : ya; i8g5.

j 46. — Sur la ^classification des Lithodinés

sous-famille des Lithodinés.

sur leur distribution dans

Après avoir étudié les affinités des Lithodes avec les Paguriens (96), j’ai

J’ai adopté la classification de Brandt en Hapalogastriques et en Ostracogastriques : les premiers sont les plus voisins des Bernards l’Ermite, car leur

est déjà recouvert de nodules ou de pièces calcifiées qui sont des formations nouvelles (voir fig. 27, p. 36).

Les Hapalo gastriques appartiennent à deux types différents ; les uns se sont

tuent le genre Hapalogaster Brandt ; les autres ont acquis de plus en plus la forme cancérienne et se rangent dans le genre Dermaturus St., qui conduit aux Ostracogastriques.

Les Ostracogastriques forment le groupe le plus important de la souslamille : je les ai divisés en deux sections, les Ostracogastriques aberrants caractérisés par la soudure bizarre des pièces de leur abdomen, et les Oslracogastriques normaux , dont j’ai retracé plus haut (96) la curieuse évolution ; les premiers ne comprennent que le genre Phyllolithodes qui ne compte lui-même

Neolithodes, Paralithodes , Lithodes , Acantholithus, Paralomis Rhinolithodes , Echidoncerus et Gryptolithodes ; les deux derniers genres sp caractérisent par leur habitus, qui est celui des Crabes du groupe des Calappiens

J’ai comparé entre elles toutes les espèces du groupe, ce qui m’a conduit

géographique et la répartition dans les profondeurs. L’étude de cette dernière m’a conduit à des conclusions fort intéressantes.

La sous-famille des Lithodinés est actuellement représentée dans presque toutes les mers du globe et sous toutes les latitudes, sauf celles qui sont franchement polaires; mais ses espèces devenant de plus en plus rares à mesure qu’on s’éloigne du Pacique septentrional, et ses représentants les plus nombreux (38espèces sur 49) et les plus primitifs (Hapalogastriques) étant localisés dans cette partie de l’Océan, j’en ai conclu que le Pacifique septentrional a servi de berceau à la sous-famille des Lithodinés et qu'il reste encore actuellement son vrai centre d'émigration ,

émigration, mais elle ne doit pas remonter au-delà de la période éocène, c’est-àdire de l’époque où, vraisemblablement, les Lithodinés se différencièrent des Eupaguriens. Ils pouvaient alors envoyer des représentants vers le Sud, dans le Pacique déjà existant, mais il leur était impossible d’émigrer dans la partie septentrionale de l’Atlantique qui était encore fermée vers le Nord, et qui ne s’ouvrit guère dans l’Océan boréal avant le pliocène, Pendant que s’effectuaient

ont pu atteindre les parages des Açores et du Sahara. L’émigration de ces espèces par le détroit de Panama est peu probable car, malgré des investigations rigdureuses, • on n’a jamais signalé un seul Lithodiné dans la mer des Antilles.

Dans le Pacifique, rien n’empêcha l’émigration de commencer beaucoup plus tôt, mais comme les Lithodinés recherchent avant tout les eaux tempérées ou mêmes froides, leurs formes sublittorales ne se sont pas aventurées dans les

émigration de bonne heure et s’avancèrent aussi loin que possible vers lè Sud, car elles pouvaient toujours trouver, dans les profondeurs de l’Océan, des régions suffisamment froides ; elles peuplèrent ainsi le Pacifique tropical, atteignirent le Chili, redevinrent sublittorales dans les eaux glacées du détroit de Magellan (Lithodes antarctica , Paralomis verrucosa ) ou, restant abyssales, se dirigèrent dans l’Atlantique jusqu’au Rio de la Plata (Paralomis formosa) et dans l’Océan austral jusqu’à l’île du "Prince Édouard.

Ces considérations intéressantes ont été relevées par de nombreux zoologistes qui se sont appuyées sur elles pour combattre l’hypothèse de la bipolarité des

ifo. — Sur le Blepharopoda fauriana, Crustacé anomoure de la famille des Hippidés. — Comptes rendus de : l’Acad. des Sciences, t. cxxvn,, p.. 566-56?; 1898.

i48. — Observations nouvelles sur. les Blepharopoda..— Ann. de la Société entomoÜ de Franc, t. lxvii, p. 337*343; 1898. .

des plus, remarquables qui appartient à la ; famille des Hippidés et à la tribu la plus primitive de ,cette famille, celle des Albunéens, J’ai attribué cette forme au genre Blepharopoda Randall, parce qu’elle en présente la plupart des caractères essentiels, mais c’est en réalité une espèce mixte qui tient à la fois -des Albunées et „.des Blépharopodes et qui représente, à . très peu près, le type auquel on peut rattacher tous les Hippidés. J’ai appelé cet Anomoure Blepha T ropode.fauriana y en l’honneur de M. l’Abbé Faurie, qui a eu le mérite de le

La Bl. fauriana se distingue des autres Blépharopodes et ressemble aux Albunées par ses pédoncules oculaires qui sont tout d’une pièce et qui ne se dilatent pas dans leur région cornéenne. Les pédoncules oculaires brisés en articles des autres Blépharopodes et de tous les Hippiens sont dus évidemment à une adaptation secondaire; d’ailleurs, comme les Blépharopodes ont des branchies beaucoup plus primitives que les Albunées (leurs branehies se rapprochent beaucoup de celles dès Homariens), on est en droit d’admettre que l’arceau ophtalmique de la Bl. fauriana rappelle celui de lit forme dont est issu le groupe . Eh s’amincissant et en se brisant en articles, tout en restant écartés, les pédoncules oculaires de cette espèce ont donné naissance à ceux des autres Blépharo»

rétrécissant beaucoup dans la région cornéenne, à ceux des Albunées. Par la structure filamenteuse ou par le nombre considérable de ses branchies, la Bl. fauriana se distingue également des autres Hippidés et établit un lien étroit

Ce travail est consacré à l’étude morphologique et systématique des trois espèces européennes du genre Xantho. Deux de ces espèces, le Xantho rivulosus et le X. floridus sont assez bien décrites dans les ouvrages, quant à la troisième, le X. tuberculatus , on peut dire qu’elle était à peine connue des zoologistes, tant à cause de sa rareté que des diagnoses ou des figures mauvaises qui en ont été données ; Heller l’a confondue avec le X. floridus et depuis, tous les auteurs ont suivi les mêmes errements. En fait, le X. tuberculatus est une espèce subabyssale propre à l’Océan atlantique et fort distincte des deux précédentes qui sont littorales ; elle ne parait pas exister en Méditerranée et les Crabes italiens que C. Heller a décrits sous ce nom n’étaient rien autre chose que des X. floridus très rugueux.

i5i. (En collaboration avec A. Milne-Edwards). — Sur une espèce nouvelle du genre Deckenia (Hilgendorf) recueillie par M. Alluaud aux lies Seychelles. — Ann. des Sc. nat., Zool., Sér. 7, t. xv, p. 3û5-336, PI. 8; 18.

Les Deckenia sont des Crabes de la famille des Thelphusidés ; ils vivent dans les eaux douces comme tous les représentants de cette famille, mais présentent un faciès tout particulier grâce à leurs orifices respiratoires efférents qui viennent s’ouvrir entre les yeux, juste contre le bord frontal. Cette particularité leur donne une certaine ressemblance avec les Crabes du groupe des Ôxystomes, mais cette ressemblance ne laisse pas d’être toute superficielle et l’examen morphologique permet d’établir que- les Deckenia doivent être regardés comme des Thelphuses dont les ailes épistomiennes se sont développées en avant. Tels sont les résultats de l’étude que nous avons entreprise, A. Milne-Edwards et moi, sur les deux espèces du genre : la D. imitàtrix Hilg. et celle que nous avons nommée D. Alluaudi.

i5a. — Lithadia Dugueti , nouveau Crustacé brachyure de la famille des Leucosiidés. — Bull, de la Soc. entomol. de France, p. 33o-33i ; 1898.

Cette curieuse espèce représente, dans le Pacifique oriental, la Randallia pontifera Stimpson, des Barbades. Elle présente comme cette dernière deux ponts dorsaux, mais sa carapace est bien moins large, très différemment ornée et porte en arrière deux fortes saillies intestinales qui font défaut dans la R. pontifare. Avec leur test corrodé couvert de saillies irrégulières et muni de perforations ponctiformes, les deux espèces ressemblent merveilleusement aux rochers coralligènes qui les abritent et doivent y être fort peu apparentes. C’est un bel exemple d’adaptation morphologique au milieu ambiant.

talis Ortm. qu’on ne connaissait pas en dehors du pays de Guayaquil et plusieurs exemplaires du Gecarcinus planatus Stimpson. En étudiant les variations de ces derniers, j’ai pu me convaincre que le G. Digueti Bouv. et le G. Malpilensis Faxon, de VAlbatros, devaient être identifiés avec l’espèce de Stimpson. (i53, i54).

Les Hypoconques (i54) sont de curieux Dromiidés qui se cachent sous de vieilles coquilles de Mollusques à la manière des Paguriens. Comme leur forme de crabe s’accommoderait mal du test héliçoïde d’un Gastéropode, ils choisissent toujours pour abri une valve de Lamellibranche qu’ils maintiennent fortement sur leur dos au moyen de leurs pattes des deux paires postérieures. Ce bouclier solide les déborde de toutes parts, si bien que l’observateur est fort surpris

Le genre Hypoconcha paraît localisé dans l’Amérique tropicale ; il était jusqu’ici représenté par trois espèces : VH. panamensis de Panama, VH. sabulosa et VH. arcuata des Antilles ; M. Diguet l’a retrouvé en Basse-Californie où il forme deux espèces nouvelles que j’ai nommées H. californiensis et H. Digueti. Une partie importante de mon travail a été consacrée à la révision complète de ce petit genre et à la distribution géographique de ses espèces, qui est des plus intéressantes. VH. arcuata des Antilles est représenté dans le .Pacifique oriental par VH. panamensis ; VH. sabulosa, qui se trouve en deçà de l’isthme, est à son tour représenté dans le Pacifique par les deux espèces de M. Diguet, VH. californiensis et VH. Digueti. Ces exemples montrent, une fois de plus, les analogies étroites qui existent entre les représentants orientaux et occidentaux de la faune marine américaine.

155. — Sur une collection de Crustacés du Japon offerte au Muséum par M. Boucard. — Bull, du Muséum, p. 189-192 ; 1899.

La note précédente à pour objet de faire connaître les pièces les plus curieuses'd’une collection de Crustacés japonais offerts au Muséum par M. Boucard : des Palinuridés rares, plusieurs exemplaires du gigantesque Macrocheira Kaempferi et surtout un magnifique spécimen de Lithodes œquispina Benedict

ùn très jeune exemplaire de la même espèce, j’ai pu établir : i° que la

leur carapace plus longue que large et les pièces distinctes de leur second segment abdominal sont plus voisins des Paralithodes que les exemplaires adultes. Ces observations viennent ajouter un anneau de plus aux enchaînements que j’avais mis en lumière entre les différents genres du groupe des Lithodinés (96, 146),

- Embryogénie des Crustacés

; sont-elles des larves de Pagures ? — Ai

Morphologie et organisation des Glaucothoés ( 127 , i56). — Le genre Glaucothoé a été formé par Milne-Edwards ; il comprend aujourd’hui trois espèces très rares, la G. Peroni M.-Edw., la G. carinata Hend. et la G. rostrdta Miers. Beaucoup d’auteurs rangeaient ces animaux parmi les Thalassinidés,

question, j’ai entrepris l’étude des Glaucothoe Peroni et carinata que la Melita et le Talisman ont recueillies dans l’Atlantique.

L’étude de ces organismes me montra d’abord qu’ils présentent des caractères paguriens parfaitement accentués et qu’ils n’ont aucune affinité réelle avec les Thalassiniens, mais je trouvai que la Glaucothoe Peroni avait les branchies (5 paires d’arthrobranchies et une pleurobranchie) et l’organisation des Sjympagurus, tandis que la G. carinata a des branchies de Clihanarius (5 paires d’arthrobranchies et 3 pleurobranchies) et diffère à peine des Pagurus. On pourrait déjà conclure de ces observations que le genre Glaucothoé n’est pas homogène et qu’il r a vraisemblablement autant de Glaucothoés que de genres de Paguriens. D’autre part, ces organismes se font tous remarquer par un certain nombre de caractères larvaires très évidents : leurs yeux sont renflés, leurs orifices sexuels n’existent pas encore, ils sont absolument dépourvus d’écailles ophtalmiques (?) et ils ressemblent beaucoup à certaines larves plus petites que certains embryologistes ont décrites sous le nom de glaucothoés.

La conclusion s’imposait : les Glaucothoés des carcinologistes sont les larves âgées de certains Paguriens. Mais comment expliquer les différences considérables

logistes sous le nom de Glaucothoés. Sp. Bâte pense « que les Glaucothoés peuvent continuer à muer et à croître pendant tout le temps qu’une habitation leur fait défaut » ; cette hypothèse n’est pas inadmissible, mais on peut croire égalemènt que les Glaucothoés des carcinologistes sont les larves de certains Paguriens rares et de très grande taille.

Développement embryonnaire des Diptychus (ify). — M. Bonnier a observé le premier que les Diptychus ont de très gros œufs et que cela pourrait bien avoir pour conséquence un retard dans l’éclosion des larves. C’est pour m’assurer de ce fait que j’ai suivi le développement complet de ces animaux depuis le stade embryonnaire qui correspond à celui de nauplius jusqu’à l’éclosion complète. Les conclusions de ce travail sont les suivantes : i° les Diptychus subissent toutes leurs métamorphoses dans l’œuf et en sortent, abstraction faite des caractères sexuels, semblables aux adultes ; 2 0 leurs embryons sont toujours dépourvus d’épines thoraciques postérieures ; 3° leurs arthrobranchies se séparent, comme un article, à la base des pattes et ne deviennent que plus tard franchement pleurales.

Cette dernière observation prouve que la position bizarre des branchies des Diptycinés adultes est un caractère acquis. La deuxième est également intéressante, car elle a été aussi constatée par M. Sars, chez une autre espèce qui subit un retard dans l’éclosion, le Galathodes tridentatus ; elle semble prouver,

s Galathéidés disparaissent quand elles

Parmi les nombreux Paguriens recueillis par le Talisman se trouvait un individu logé dans la coquille d’un Gastéropode sénestre, la Sinistralia marocana- Les Paguriens habitant des coquilles dextres et perdant ordinairement

pattes droites et perdu lès fausses pattes gauches de la même région du corps. Il n’en était rien, l’animal était un Paguristes tout à fait normal (le P. marocanus) et peut-être s’était-il abrité accidentellement dans une coquille sénestre

pattes droites et perdu les fausses Il n’en était rien, l’animal était ui canus) et peut-être s’était-il abrité car, dans les mêmes collections, coquille dextre (i58).

Pour savoir jusqu’à quel ]

lier abord le sens d’enroulement des coquilles, et qu’ils se it dans des coquilles dextres ou sénestres, bien qu’ils habitent

des trous de pierres et avoir un abdomen symétrique dans sa forme (mais non dans ses appendices) comme les Pjylocheles ? C’est une expérience intéressante qu’il serait utile de tenter dans un laboratoire maritime. En tous cas, on peut conclure dés observations précédentes que les Paguriens sont peu sensibles à l’enroulement des coquilles qu’ils habitent et que leur dextrorsité provient uniquement de la prédominance extrême des Gastéropodes dextres.

La première de ces notes est consacrée aux recherches que j’ai faites sur le corps gras du foie. cliez les Crustacés décapodes. Ayant reçu des Nouvelles- Hébrides un énorme Birgus latro (crabe des cocotiers) logé dans du rhum qui l’avait mal conservé, jé fus surpris de trouver dans le récipient plusieurs morceaux volumineux d’une graisse solide et rougeâtre. L’animal était d’ailleurs garni à l’intérieur de fragments graisseux plus petits. Pensant que cè corps gras devait provenir du Crustacé, je tentai d’extraire une substance analogue des autres animaux du même groupe. Les Cénobites, qui sont terrestres comme le Birgus, me donnèrent une graisse également solide, mais néanmoins beaucoup plus fusible ; ils en renfermaient, d’ailleûrs, énormément plus que les Crustacés aquatiques de nos côtes, et notamment que le Bernard l’Ermite vulgaire. D’ailleurs, la graisse de ces derniers est frahchement liquide. .

Il est difficile d’expliquer pourquoi les Paguriens terrestres ont une graisse

n’est pas impossiblé de comprendre pourquoi ils présentent une quantité plus grande de cette matière. Si l’on songe que les espèces terrestres qui sont pourvues d’une coquille doivent, pour déplacer leur demeure, dépenser une force musculaire plus grânde que les espèces aquatiques, il y a quelque raison de

nécessitées par un travail mécanique plus grand. Le Birgus latro, il est vrai, ne porte jamais de coquille, mais son activité est très grande, sa puissance musculaire considérable et l’on peut expliquer ainsi la masse de graisse qu’il emmaga-

abdominales comme les Lépismes, il a moins de stylets ventraux que les pre-

ï 65. — Le retour au nid chez les Hyménoptères prédateurs du genre Bembex. — Comptes rendus de la Soc. de Biologie, t. lii, p. 874-876; 1900.

166. — Les habitudes des Bembex (Monographie biologique). — Année psychologique de 1900, p. 1-69; 1901.

Dans ce dernier mémoire, j’ai réuni et comparé toutes les observations importantes qu’on a faites sur le Bembécines {Bembex, Monedula), et j’y ai

que possible des habitudes de ces Hyménoptères. J’ai voulu faire disparaître, de la sorte, les difficultés bibliographiques dont les moindres recherches d’entomologie sont toujours hérissées, et montrer comment la méthode comparative peut s’appliquer à l’étude de l’évolution de l’instinct chez les Insectes; ainsi présentée, cette histoire pourra peut-être plaire aux amis des Sciences et favoriser, dans une certaine mesure, le développement des recherches éthologiques.

Les Bembex se rangent parmi les Hyménoptères du groupe curieux des Sphégides. Fouisseurs et prédateurs comme tous les représentants de cette grande famille, ils nidifient dans le sol et y creusent des terriers qui se terminent

nourrissent leur progéniture, chaque cellule servant à l’élevage d’une larve que l’insecte nourrit avec des Diptères paralysés. D’ailleurs, comme l’a montré

et ressemblent à ce point de vue aux Guêpes sociales.

Les divers chapitres de l’ouvrage sont les suivants:

1. Aspect et distribution géographique des Bembex; 2. Epoque de Vannée où vivent les adultes ; 3. Nourriture des adultes ; 4- Relations des Bembex entre eux; 5. Relations des Bembex avec les autres Insectes; 6. Rapports des Bembex avec V Homme ; 7. Emplacement des colonies ; 8. Edification du nid; 9. Conformation du nid ; 10. Histoire des mâles ; 11. La ponte et l'œuf ; 12. L'approvisionnement ; i3. Nature des proies capturées ; 14. Les mouches servies aux larves sont-elles mortes ou seulement paralysées ? i5. Capture et immobilisation des proies ; 16. Les travaux au terrier pendant la chasse ; 17. La journée d’un Bembex; 18. Le retour au nid ; 19. La vie larvaire; 20. Le cocon et la nymphose; L'éclosion; 21. Conclusion.

Mes observations sur les Bembex ont été faites l’an dernier dans les dunes de Coileville ; elles m’ont permis d’ajouter des contributions importantes à chacun des chapitres précédents, de comparer et de critiquer celles de mes prédécesseurs.

qu’on ne saurait contester les caractères biologiques si remarquables qui rapprochent les Bembécinés des Guêpes sociales, et qui les distinguent de présquè tous les autres Hyménoptères prédateurs ; je veux parler de la ponte de l’œuf au début de l’approvisionnement (Fabre) et de l’apport continu de proies fraîches pendant la durée de l’élevage. A ce point de vue, la MoneduXa punctata, étudiée par M. Hudson, est plus voisine des Guêpes sociales que les autres Bembécinés,

paralyser et dépose son œuf dans le nid avant d’y introdùire des provisions. Ce sont là, évidemment, des habitudes primitives et qui doivent se rapprocher beaucoup de celles des Hyménoptères où l’instinct prédateur venait de s’éveiller. L’approvisionnement continu en est la conséquence, car il s’impose forcément à toute Guêpe ravisseuse qui rie sait pas encore engourdir sa proie. Une fois cette dernière faculté acquise, la méthode d’élevage continue a dû persister quelque

nombre de Criquets paralysés (M. et M mc Peckham). Elle persiste également chez

cause partielle le nombre considérable de proies (jusqu’à 70 d’après M. Fabre) que

pas forcément ses jeunes jusqu’à la fin, qu’elle profite du beau temps pour entasser des victimes dans son nid et que, si lés circonstances sont favorables, elle peut, en quelques jours, amplement réunir toutes les proies nécessaires à sa progéniture; Somme toute, avec les Bembex, on est conduit par degrés à l’approvisionnement des autres Sphégides, qui se fait une fois pour toutes, quel que soit le* moment où l’œuf est déposé dans le nid. Ainsi, en ce qui concerne les habitudes, les Guêpes sociales et les Guêpes solitaires se rattacheraient à une souche commune très voisine de la Monedula punctata, et auraient ensuite divergé dans * deux sens différents : les Guêpes sociales conservant des habitudes de meurtre et d’approvisionnement continu, les Guêpes solitaires acquérant l’habitude de paralyser et, comme conséquence, celle d’approvisionner leur nid une fois pour toutes.

Telles sont les conclusions générales auxquelles m’a conduit la méthode

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