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Paléontologie

S’il est impossible d’étudier les migrations des êtres sans connaître les mouvements dont la surface du globe a été le siège aux dernières époques géologiques, il est non moins nécessaire de recourir à la paléontologie pour aborder utilement les problèmes évolutifs de la zoologie. En fait, ces deux sciences se prêtent un mutuel appui, mais la première a l'avantage d’éclairer la seconde, car elle lui signale les types qui peuvent ■être archaïques et la succession, dans le temps, des formes qui en sont dérivées. Je n’ai jamais oublié ce principe et c’est à lui, certainement, que plusieurs de mes travaux doivent une grande part de leur valeur.

11 en est ainsi, à mon sens, de toutes mes recherches sur les Mollusques et, dans le groupe des Crustacés, de celles qui ont établi

toutes sortes; c’est une mine qu’exploiteront très utilement, j’en suis sûr, les zoologistes et les paléontologistes.

Parmi les Dromiacés fossiles réunis par A. Milne-Edwarçls, se trouvaient d’excellents moulages du spécimen type du Protocardnm longipes, Crabe fossile du forest-marble, dont l’unique représentant se trouve au Musée britannique. Woodward, le seul naturaliste qui ait étudié ce curieux Crustacé, le considérait comme appartenant au groupe des Oxyrhynques et, sous le nom de Palaeinachus, le rangea dans ce groupe, au voisinage des Inachus et des Maja. Il était difficile de s’éloigner davantage de la vérité. Ainsi que j’ai pu le constater, le Protocardnm longipes (fig. 36) est presque identique à YHomolodromia paradoxa (fig. 3J) trouvée par le Blake dans les abysses de fa mer caraïbe ; c’est, pourrait-on dire, une Homolodromie jurassique et par conséquent le plus homarien de tous les Crabes ; tandis .que les Oxyrhynques. surtout les Inachm, viennent occuper à tous égards le sommet de la série cancérienne (N» io3).

Grâce à l’obligeance de M. le Professeur Bertrand, j’ai pu étudier depuis une Calappe fossile découverte par M. Zurcher dans les terrains miocènes de Panama. La carapace de ce Crabe était merveilleusement conservée, ce qui m’a permis de faire connaître, avec une grande précision, tous ses caractères. La Calappa Zurcheri est la plus ancienne de toutes les Calappes connues et c’est aussi la mieux conservée parce qu’elle est la seule dont on possède le bouclier céphalothoracique ; elle offre des affinités étroites avec certaines espèces de l’Atlantique oriental.

En étudiant le commensalisme curieux qui s’établit entre des Géphysiens du genre Aspidosiphon et les Polypes des genres Heteropsammia et Stephamceris, j’ai été conduit à porter mes recherches sur les représentants fofesiles du premier de ces genres et à examiner, à ce point de vue, un Heteropsammia fossile des faluns de Dax. J’ai trouvé dans cette espèce tous les indices de commensalisme qui caractérisent les espèces actuelles (recouvrement d’une coquille dans lequel se loge d’abord le Ver, perforations du Polypier servant de pores respiratoires), de sorte qu’on peut affirmer aujourd’hui, à coup sûr, que le commensalisme de ces formes est très ancien

puisqu’il existait déjà chez leurs représentants aux époques géologiques.

6» Ethologie

Vers et Polypes. — L’une de mes contributions les plus importantes à l’éthologie, ou science des mœurs des animaux, est précisément le travail auquel je viens de faire allusion et qui a trait au curieux commensalisme des Vers géphy f iens avec des Polypes madréporaires (N» 2). D’autres avaient entrepris cette étude avant moi, mais sans la précision et l’ampleur que je lui ai donnée. Les Vers commensaux appartiennent au genre Aspidosiphon et constituent deux espèces nouvelles; ils se logent dans des coquilles vides de Gastéropodes sur lesquelles viennent se fixer bientôt des, Polypes madréporaires, soit le Stephanoceris Rousseaui, soit YHeteropsammia cochlea. Le Polype finit par recouvrir complètement la coquille, qui se résorbe plus ou moins ; de sorte qu’il abrite complètement le Ver, s’accroît avec ce dernier et lui ménage à son intérieur une cavité tubulaire de plus en plus grande. Cette cavité se dirige dans le même sens que celle de la coquille, c’est-à-dire en hélice ; elle communique avec l’extérieur, à travers le polypier, par une série régulière de perforations qui amènent au Ver le courant d’eau respiratoire. J’ai constaté que la même espèce d’Aspidosiphon peut vivre en commensalisme avec les deux Polypes, et inversement que la même espèce de Polypes peut s’associer avec les deux espèces d'Aspidosiphon. Un troisième hôte vient s’associer aux deux précédents et profiter du voiturage; c’est un petit Mollusque lamellibranche qui se loge entre l’Aspidosiphon et les parois de son tube.

Mollusques. — Dans le groupe des Mollusques, j’ai étudié sur le vivant, avec P. Fischer, le mécanisme de la respiration chez une Ampullaire dextre, 1 ’Ampullaria insularum et sur le Lanistes Solteniana, qui est un Ampullaridé sénestre. Nous avons vérifié les observations de M. Bavay sur le rôle du long siphon gauche (lig. 38, I), quand l’animal se sert de son

de la respiration pulmonaire quand l’animal est sur le sol et celui de la respiration branchiale. Tandis que les espèces dextres n’utilisent leur siphon que pour la respiration aérienne (fig. 38, I et III), les Ampullaridés sénestres (fig. 38, II) s’en servent indifféremment pour introduire de l’air ou de l’eau dans leur chambre palléale. Ils sont donc moins amphibies que les premiers, ce que montre d’ailleurs le faible développement de leur siphon (Nt‘ 44,46)-

sur les talus verticaux plus compacts ; ce n’est point par incapacité, car l’animal sait fort bien, chaque soir, fermer son nid du dedans , mais les parois des talus étant verticales, il ne pourrait, sans grand travail, y refouler le sable du dehors comme son voisin de la dune, et dès lors, il s’abstient de cette besogne. Le Philanthe sait, en d'autres termes, conformer ses habitudes aux conditions physiques du milieu où il oit (N« 164).

Une Guêpe prédatrice qui s’attaque aux mouches, le Bembex rostratus, m’a montré d’autre part que la faculté de retour au nid, pour étonnante qu’elle soit chez les Insectes, nest nullemeni due a un sens mvsieneux, mais résulte simplement d'une mémoire des lieux très puissante. Ayant répété et étendu les expériences de M. Fabre, j’ai constaté, avec cet auteur, que

à une surface de quelques décimètres carrés, la mémoire topographique de l’animal se trouve en défaut et la guêpe fouille çà et là, de longues heures, sans retrouver son gîte. On peut encore dépister l’Insecte en laissant quelques jours un objet très apparent au voisinage immédiat de l’orifice du terrier, et en déplaçant ensuite cet objet d’un ou deux empans; le Bembex se guide ordinairement sur ce point de repère très visible et, en conséquence, cherche l’entrée de son nid où elle ne se trouve pas (N° i65). Des observations faites récemment au laboratoire d’entomologie m’ont permis de constater des erreurs analogues chez une Abeille du Mexique, la Melipona fulvipes (N» 167).

Dans un mémoire récent (N« 166), j’ai repris tout au long l’histoire éthologique des Bembex en y faisant rentrer celle des diverses espèces étudiées à ce point de vue et des Bembécides américains du genre Monedula. Ge travail critique et comparatif pourra servir de guide à ceux que passionnent les mœurs des Insectes. Je l’ai traité avec la même méthode

rations originales sur l’évolution de l’instinct chez les Guêpes^ Il a paru intéressant à M. Binet, qui l’a publié dans son Année psychologique.

EXPOSÉ ANALYTIQUE f

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