II. Définitions de la tête
Par suite de la faible valeur reconnue au squelette pour la morphologie générale, en raison de son apparition tardive chez l’embryon, de son manque de constance dans le groupe des vertèbres, la théorie vertébrale du crâne s’est transformée en théorie métamérique de la tête, et l’on ne cherche plus seulement des vertèbres composantes, mais on essaie de
compter les métamères ou segments par les éléments musculaires, nerveux, sanguins et branchiaux.
A moins de supposer le problème résolu et de tenir le crîtne pour différent des vertèbres et le cerveau pour différent de la moelle, ce que justement nous cherchons à savoir, il est impossible de définir la tête.
Nous rejetons sans discuter la définition physiologique suivante : « C’est la partje du corps qui porte les organes des sens », puisque sur le corps sont répartis le sens du toucher et, chez les poissons, celui de la ligne latérale.
Dirons-nous simplement : cest la région antérieure du corps? Soit. Où fixer la limite postérieure de.cette région?
À la première branchie? Alors il n’y a aucune différence fondamentale (et chez les vertébrés supérieurs il n’y en a point du tout) entre la terminaison de la tête et le commencement du tronc.
A la dernière branchie? Le nombre de ces organes étant variable chez les divers vertébrés, la tête sera plus ou moins étendue en arrière suivant le cas. Le mot n’aura donc qu’un sens tout approximatif.
.Admettant dès maintenant la notion de métaméne, nous pouvons dire : si la quantité dès métamères qui constituent la tête est indéterminée, du moins leur qualité l’est-elle? Nous allons montrer, pour répondre à cette
1° Quê tons les éléments composants des métamères diffèrent par quelque propriété entre la tête et le tronc;
2" Que toutes ces différences de propriétés tiennent à la présence des fentes branchiales;
3° Enfin, que les fentes branchiales ne constituent pas un caractère fondamental, que par suite le mot de « tête » ne représente que diverses adaptations actuelles et qu’il n’est point à retenir dans la notion du vertébré primitif, homonome et sans régions distinctes.