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III. Progression de la métamérie dans la tête

Dénombrement des segments.

J’ai' démontré l’identité du rythme de là segmentation dans là tête pour tous les éléments suivants : système’ nerveux central et périphérique, évaginations branchiales, masses musculaires primitives ou myélomes et troncs primitifs du système circulatoire. Le mélamère est donc une entité bien réelle et bien établie en fait.

Et maintenant, pour en faire le compte, il convient d’observer que leur nombre est variable aux divers moments de l’évolution d’un être : 1“ parce qu’ils apparaissent non pas simultanément, mais successivement; 2° parce que quelques-uns disparaissent partiellement ou complètement dans certaines régions, en raison des rôles spéciaux que prennent ces régions.

Je suis arrivé à établir pour l’ordre d’apparition des métamères de la tète le tableau suivant :

La première colonne indique la place des segments, la deuxième colonne donne les numéros d’ordre d’apparition dans le temps de ces divers segments : elle ne révèle aucune loi simple; la troisième colonne distribue les nombres en trois séries, faites chacune d’une section prise dans la précédente colonne et choisie de façon que les nombres croissent ou décroissen t sans discontinuité. Nous apprenons ainsi qu’il y a deux centres où se forment les métamères nouveaux : l’un au niveau de la bouche qui produit des segments dans les deux sens, l’autre derrière la région branchiale qui donne des segments en avant seulement.

Ce résultat très important révèle une similitude dans la progression de la métamérie entre les vertébrés et les aunélides, sans d'ailleurs que celle similitude doive impliquer descendance.

L’hétérochronie des segments montre d’abord qu’il faut se garder de refuser a priori la valeur segmentaire à des éléments tels que, par exemple, les racines nerveuses, sous le seul prétexte qu’ils apparaissent tardivement : et j’avais à ce propos réclamé des preuves plus formelles que les arguments classiques pour ranger hors des racines nerveuses dorsales le moteur oculaire externe, le moteur oculaire commun et le pathétique. Dolirn, depuis, a fourni la preuve pour deux de ces nerfs.

Il résulte aussi de là qu’il ne s’agit pas de compter les métamères à un moment quelconque de l’évolution embryonnaire, à plus forte raison qu’il ne suffit pas de les compter sur l’adulte, à supposer que cela soit possible; mais qu’il faut compter tout ce qui apparaît, jusqu’au moment où il n’apparaît plus rien et où il ne se produit plus que des phénomènes de différenciation, puis tenir compte dans le total de ce qui a pu régresser pendant la suite de l’évolution ontogénique.

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