‹ Notice sur les travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 2 sur 38 · Myélite aiguë apoplectiforme · texte numérisé non relu

Myélite aiguë apoplectiforme

(Comptes rendus de la Société de biologie, p. 2i6; 1814.)

2. Note sur deux cas de myélite aiguë centrale et diffuse, avec 2 planches.

(Àrch. de pliys. normale et pathologique, p. 603 ; 1874.)

Cette maladie est caractérisée anatomiquement par plusieurs lésions inflammatoires :

1" Une méningite diffuse d’intensité variable, pouvant échapper facilement lorsqu’elle n’est pas très-accentuée ; '

2“ Des altérations diffuses de la substance blanche;

3” Un nombre plus ou moins grand de foyers rubanés dans les divers faisceaux de la moelle;

4“ Une inflammation diffuse de la substance grise qui constitue la lésion anatomique essentielle et fondamentale.

Cette lésion, habituellement primitive, c’est-à-dire née d’emblée dans la substance grise, peut être la conséquence d’une inflammation d’abord limitée en un point quelconque des méninges, des racines ou de la moelle elle-même.

Au point de vue de l’anatomie pathologique générale, celte variété de myélite constitue un bel exemple d’inflammation hyperplastique ou néoplastique. Rien n’y manque : troubles circulatoires, exsudais, néoplasie cellulaire, dégénérescence de divers éléments. La néoplasie se fait aux dépens du tissu interstitiel, tandis que les dégénérescences envahissent les éléments propres, parenchymateux.

Parmi les altérations do ces éléments, j’ai étudié particulièrement le gonflement des cylindres d’axe, déjà signalé dans diverses formes de myélite par Engelken, Frommann, M. Charcot, Millier, M. Joffroy. Cette modification qui existe assez fréquemment dans les lésions médullaires est extrêmement accusée dans la myélite aiguë ; elle doit être considérée comme le premier stade d’une dégénérescence destructive.

Il faut en rapprocher la tuméfaction des cellules nerveuses considérée avec raison par M. Charcot comme de nature irritative.

Le plus souvent, surtout lorsque la myélite n’a pas été trè.s-rapidement

mortelle, les cellules nerveuses sont dégénérées, et les dégénérescences comprennent trois types distincts : 1" dégénérescence pigmentaire; 2" dégénérescence vitreuse (colloïde) ; 3° dégénérescence vésiculeuse ou vilro-vésiculeuse.

La maladie dite myélite centrale aiguë diffuse n’a pas de caractère anatomique spécial. L est par la multiplicité, l’étendue considérable, la marche rapidement envahissante des lésions, qu’elle se distingue des autres inflammations médullaires. Comme M. Charcot l’a montré, en altérant surtout les parties centrales de la moelle, elle détermine rapidement des troubles trophiques considérables, particulièrement dans les muscles et dans les reins. Dans une de mes observations les reins contenaient des abcès miliaires analogues à ceux du « rein chirurgical » des Anglais, et au centre de chacun des petits abcès existait une colonie de bactéries. La myélite paraissait dans ce cas avoir agi en facilitant la fermentation putride de l’urine et par suite la formation d’abcès d’origine probablement bactérienne.

La symptomatologie de cette forme de myélite est décrite en détail, et, de l’analyse des symptômes, découle ce fait, que la sensibilité peut persister ou n’être que faiblement atteinte malgré des lésions trèskendues de la substance grise.

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