Paralysie ascendante aiguë
(Gaz. (tes Mtitam. 1867, p, i05.)
Landry a décrit sous le nom de paralysie ascendante aiguë une maladie qui ressemble beaucoup à la myélite aiguë centrale et diffuse, mais qui, chose singulière, ne s’accompagne d’aucune lésion de la moelle.
Dans cette observation, la moelle examinée au microscope d’abord à l’état frais, puis après durcissement dans l’acide chromique, a été trouvée aussi exempte d’altérations que dans les observations antérieures.
Cette affection très-grave et à marche progressive ne paraît donc pas siéger dans la moelle, bien qu’elle produise rapidement des troubles dans la nutrition des muscles. II y avait, en effet, dans ce cas des lésions musculaires analogues à celles que détermine la myélite aiguë centrale.
Dans un cas de paralysie ascendante aiguë, analogue, M. Déjerine a trouvé récemment des altérations des racines spinales ; l’examen de la moelle ne lui a fourni également que des résultats négatifs.
4. Observations pour servir à l'histoire des tubereules de la moelle épinière.
Urchaes de phys. normale et pattiol., p. 431 ; 1873.)
On vient de voir que la myélite aiguë était parfois consécutive à une lésion limitée de la moelle. En voici un exemple :
Cette inflammation secondaire n’a pas revêtu la forme diffuse généralisée, elle est restée circonscrite à un segment de l’organe.
L’étude histologique a fait voir les particularités suivantes. Autour du tubercule : ramollissement inflammatoire dans une zone de deux ou trois millimètres d’épaisseur, et comprenant en hauteur tout le segment correspondant dans l’étendue de '1 centimètre 1/2 au moins. De ce foyer de myélite comme centre, irradiations inflammatoires dans l’étendue d’environ 3 centimètres, et dégénération secondaire, siégeant comme d’ordinaire, par en haut, dans les faisceaux postérieurs, par en bas, dans les faisceaux latéraux.
Tandis que tes tubercules du cerveau acquièrent souvent un grand volume sans déterminer aucun symptôme, ceux de la moelle ne peuvent, on le conçoit, acquérir un certain développement sans se révéler par des phénomènes importants.
Dans une première période (période de compression), la maladie a été caractérisée par une paralysie incomplète progressive, puis dans une seconde (période de myélite), par la paralysie complète de la motilité et de la sensibilité, la paralysie de la vessie, les troubles trophiques du côté des reins, des membres inférieurs, de l’intestin, de la peau.
Les muscles des membres inférieurs et des parois abdominales étaient très-altérés, mais la coïncidence de la tuberculose miliaire aiguë et de la myélite a rendu l’interprétation de ces lésions un peu obscure, la tuberculose miliaire, ainsi que nous l’avons montré ailleurs, pouvant être la cause de troubles trophiques musculaires au même titre que les grandes pyrexies infectieuses. Contrairement à la loi de Louis, ce tubercule de la moelle a été la première manifestation de la tuberculose. On sait aujourd’hui que cette exception constitue la règle en ce qui touche les tubercules des centres nerveux.