‹ Notice sur les travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 4 sur 38 · Des hémorrhagies intrarachidiennes · texte numérisé non relu

Des hémorrhagies intrarachidiennes

(Thèse de concours, 1872.)

Cette monographie dans laquelle on a cherché à réunir toutes les observations éparses dans la science comprend deux parties distinctes:

r hémorrhagies méningées : '2” hémorrhagie de la moelle ou hématorayélie.

En groupant la plupart des faits publiés, et en faisant leur analyse détaillée, on a pu tracer une description nouvelle des différentes affections comprises sous cetle double dénomination.

C'est tout d’abord l’élude do l’héraatoraohis qui comprend des cas d’hémorrhagie spontanée ou protopathique, et des faits d’hémorrhagies secondaires liées à des affections très-diverses, telles que ruptures vasculaires, traumatismes, maladies des centres nerveux, maladies de l’abdomen, maladies générales, empoisonnements, etc.

L’épanchement de sang se fait, soit en dehors des méninges (hémorrhagie extra-méningée), soit entre la dure-mère et l’arachnoïde (intraméningée), soit sous l’arachnoïde (sous-arachnoïdienne). Dans la plupart des cas ces lésions ne se révèlent par aucun symptôme particulier, et elles constituent de simples trouvailles d’autopsie. Vingt fois seulement, .sur cinquante-cinq cas, on a observé des symptômes spinaux qui sont décrits en détail au cours de cette étude, etquiconsistentparliculièrementen des troubles variables de la motilité et de la sensibilité survenant tantôt d’une manière .soudaine, tantôt d’une façon lente et progressive. Le plus souvent ces symptômes ne sont pas assez caractéristiques pour que le diagnostic de la lésion soit possible, et la lecture des observations montre que les convulsions et les contractures auxquelles on a généralement accordé une certaine importance ne se montrent que dans un nombre très-limité de cas. Lorsque l’affaiblissement des membres, les convulsions partielles, la contracture, les douleurs rachidiennes avec irradiations dans les membres peuvent faire soupçonner une hémorrhagie méningée spinale, il faut encore distinguer cette lésion des diverses affections de la moelle, ce qui jusqu’à présent peut être considéré comme à peu près impossible. Le début subit des accidents et, d’autre part, la marche et l’enchaînement des symptômes ne constituent pas des caractères différentiels suffisants pour qu’on puisse à coup sûr distinguer des hémorrhagies méningées, diverses formes de myélite diffuse ou de méuiugo-myélite.

Al’hématorachis proprement dit est rattachée l’histoire encore fort courte de la pachyméningite hémorrhagique spinale, laquelle est interne lorsque les néo-membranes sont étalées à la surface interne de la dure-mère, externe, lorsque les produits inflammatoires siègent entre les parois osseuses et la face externe de la dure-mère.

Ces lésioüs, dontla symptomatologie est encore presque inconnue, sont analogues à celles de la pachyméningite cérébrale et liées, comme elles, à la paralysie générale, à l’aliénation mentale, à l’alcoolisme chronique.

A l’occasion de cette étude j’ai cherché à établir, à l’aide des observations cliniques et d’expériences sur les animaux, la pathogénie des hémorrhagies méningées. Celte partie du travail est une sorte d’étude sur le processus hémorrhagique en général.

Dans les expériences faites avec le concours de M. Carville, on a déterminéchez des chiens des hémorrhagies des méninges en traversant les enveloppes de la moelle à l’aide d'une aiguille. On a montré ainsi que la déchirure de la. dure-mère, au niveau d’une veine intra-rachidienne, peut produire à la fois les trois variétés anatomiques dos hémorrhagies méningées, particularité que l’on retrouve dans plusieurs observations. Le sang épanché dans les méninges spinales peut se porter jusque dans la cavité crânienne, et ce fait, connu déjà par Morgagni, est également noté dans quelques observations cliniques.

— Dans la seconde partie de ce mémoire, on fait un examen c tique de tous les easpubliéscommeexemplesd’hémorrhagie médullaire, et l’on montre que dans tous l’extravasation sanguine est liée à un travail phlegmasique aigu ou chronique. En dehors de ces lésions hémorrhagiques, il n’existe jusqu’à présent aucun fait démontrant l’existence d’une hémorrhagie médullaire primitive, correspondant à la maladie connue sous le nom d’hémorrhagie cérébrale. M. Liouville est le seul auteur qui ait trouvé dans la moelle des anévrysmes miliaires, et cela dans un cas où l’épanchement sanguin s’est opéré néanmoins au sein d’un tissu modifié par une inflammation évidente. L’infiltration sanguine siège presque toujours dans l’axe gris et forme des foyers habituellement diffus, souvent multiples, à côté desquels on rencontre parfois des foyers de myélite non infiltrés de sang.

Les affections de la moelle qui se compliquent le plus souvent d’hémorrhagie sont la myélite centrale aiguë ou subaiguë, la myélite partielle ou à foyer limité, la myélite diffuse périépendymaire ou atrophique.

Les symptômes varient nécessairement suivant que l’hémorrhagie est liée à l’une ou à l’autre de ces affections, et à cet égard il faut distinguer au moins deux formes d’hématomyélie : 1” la forme aiguë ou subaiguë ; 2“ la forme lente ou chronique. La première rappelle complètement la

myélite centrale aiguë; quant à l’autre, ses caractères sont nécessairement très-variables.

On voit par là avec quelles réserves on doit accepter les observations publiées sous le nom ri’apoplexie delà moelle lorsqu’elles ne sont pas suivies d’un examen nécroscopique. L’histoire de la myélite aiguë centrale ( 11 ° 2) nous a appris que le début apoplectiforino n’était pas une preuve de la présence du sang dans le tissu enflammé de ta moelle.

7. Arthrite cervicale. Compression de la moelle. Mort subite par compression du bulbe.

(Bultetim de la Soc. anatomique, p. 126; 1865.)

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