INSECTES
Recherches expérimentales sur la digestion des Insectes, et en particulier de la Blatte.
(Travaux originaux do Physiologie comparée, t. I". G. Baillière. — Comptes rendus, t. LXXXII, i8;li.)
Les phénomènes physiologiques dont l’appareil digestifdes Insectes est le siège étaient fort peu connus. On savait seulement, par l’analyse que M. Cbevreul avait faite d’un calcul trouvé par Audouin dans les tubes de Malpighi d’un Lucane, que ces organes étaient destinés à éliminer l’acide urique. Malgré cela, le nom d’organe biliaire continuait à leur être appliqué.
Plus tard, M. Sirodot, dans une excellente thèse, étudia les principales glandes des Insectes ; mais dans ce travail, entrepris surtout à un point de vue chimique, l’auteur ne descendit guère sur le terrain de la Physiologie.
Il était cependant très-désirable qu’on fût exactement renseigné sur la valeur des noms appliqués aux différentes parties de l'appareil digestif et sur les analogies que la digestion des Insectes peut offrir avec celle de l'homme. Il se présentait, il est vrai, une difficulté sertcuse. Les glandes annexées à l’appareil digestif sont, en général, si petites et si étroitement unies au tube digestif qu’on est réduit à employer, pourles recherches, les liquides complexes réunis dans ce dernier.
Après avoir examiné h ce point de vue les divers Insectes qu’on peut se procurer facilement, je fus assez heureux pour rencontrer chez la Blatte des conditions extrêmement favorables. Chez cet animal, en effet, les glandes salivaires sont très-développées et les cæcums glandulaires qui entourent l’estomac, au lieu d’étre très-nombreux et très-courts, comme dans la plupart des Insectes, sont peu nombreux et longs, de sorte qu’on peut recueillir leur produit de sécrétion dans le cæcum même, avant son arrivée à l’estomac. Les tubes de Malpighi sont également très-faciles à isoler. Il résulte de cette disposition spéciale que, chez
une véritable peptonisation. Déplus, ce même liquide émulsio tses et les rend absorbables. Enfin le rôle des tubes de Malp inaire et l’on ne découvre dans ces organes aucune des réaet!
ieux faire ressortir l’importance de ce travail qu’en citant du Rapport de M. Blanchard à l’Académie des Sciences....
is générales que celui de l’estomac des Vertébrés. Des rec inides, animaux si étroitement apparentés aux Insectes, sembl: e de cette opinion. Dn savant étranger, déjà connu par des travaux loir afflrmor cependant, à la suite d’une longue étude, que la digei iecles, carnivores ou phytophages, s’effectue dans d’autres condi
Recherches expérimentales sur les causes du bourdonnement chez les Insectes.
(Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 7 oct. 1878. - Journal La Nature, 14 déc. 1871. - Travaux originaux de Physiologie comparée, t. II. Paris, Germer-Baillière. )
La question du bourdonnement des Insectes, soulevée par Réaumur qui avait observé qu’une mouche privée d’ailes continue à émellre un son, était fort obscure, à cause des hypothèses contradictoires émises sur la nature et l’origine de ce son, les uns l'ayant attribue aux balanciers, les autres aux cuillerons, d’autres enfin à la sortie de l’air par les stigmates. C’est cette dernière opinion que les travaux de Landois ont contribué à faire généralement adopter.
J’ai commencé par montrer que, si l’on coupe les ailes et qu’on bouche les orifices sligmatiques avec soin, le bruit observé par Réaumur ne s’en produit pas moins, ce qui nous force à rejeter l’hypothèse de Landois.
J’ai établi ensuite qu’il fallait distinguer dans le bourdonnement deux sons bien différents, à l’octave l'un de l’autre, et que ces sons ne se produisent pas dans les mêmes conditions. Le son grave accompagne les grandes vibrations de l’aile pendant le vol; le son aigu ne se produit qu’au repos, que l’aile soitcoupée ou non. Cette distinction était indispensable pour la clarté des recherches, et pourtant elle n’avait pas été faite.
J’ai prouvé, en m’appuyant sur des tracés graphiques, que la nature du son grave n'est pas douteuse et qu’il est dû aux grandes vibrations de l’aile; si on la coupe, il est définitivement aboli.
La provenance du son aigu était plus difficile à déterminer; en observant la manière dont s’opère la mise en mouvement de l’aile, j’ai constaté que, sous l’influence des muscles thoraciques, qui sont remarquablement puissants chez les Insectes bourdonnants, le thorax subissait des déformations très-rapides, et que ces déformations constituaient autant de vibrations qui mettaient en mouvement l’air ambiant, à la manière des branches d’un diapason. Je n’hésitai pas à attribuer à celle cause la production du son aigu, et j’en acquis bientôt la certitude quand j’eus fait inscrire par un cylindre enregistreur les frémissements transmis à la pointe de l’aile par cette vibration thoracique. J’inscrivis ensuite ces vibrations
directement au moyen d’un style, et j’obtins ainsi un nombre correspondant sensiblement à la hauteur du son perçu.
L’existence d’un son thoracique étant bien démontrée, j’ai établi les relations qui existent entre ce son et le son alaire et j’ai exposé les diverses manières dont ces deux sons se combinent, se renforçant quelquefois l’un l’autre pour donner au vol des Insectes bourdonnants l’éclatante sonorité qu’on lui connaît, et dans d'autres cas se produisant isolément.
Si tous les Insectes ne bourdonnent pas, cela tient à ce que chez beaucoup d’entre eux le thorax est trop résistant pour se déformer en entier sous l’action des muscles, comme cela a lieu chez les Diptères et les Hyménoptères. Il n’y a dans ce cas que la pièce même qui supporte l’aile qui vibre, et son étendue n’est pas assez considérable pour donner lieu à un son perceptible.
le suis donc parvenu à élucider d’une manière complète le phénomène du bourdonnement et à en donner une explication rationnelle et basée sur l’expérience.
cas : leur abdomen étant peu mobile et leurs pattes postérieures relativement courtes ('), l’animal n’a pas la facilité de déplacer suffisamment son centre de gravité; alors c’est le centre de sustenlion qui se déplacé, ce qui revient au
C’est à produire ce déplacement que sertie balancier. S’opposant légèrement à la course de l'aile en arrière, modérant par ses chocs répétés sur l’aileron interne l’amplitude de vibration de celle-ci, il fait avancer ou reculer parce mécanisme la position du centre de sustention. Si celui-ci se porte eu avant du centre de gravité, l’arrière du corps s’abaisse et le vol devient ascendant. Si le balancier est supprimé, l’Insecte n'a plus le moyen de reporter son centre de sustention en avant en diminuant l’amplitude de vibration de l’aile en arrière. Le centre de gravité, qui sé trouve placé en avant, fait incliner la tête ; l’Insecte plonge et le vol devient fatalement descendant.
Ces considérations sur les causes de la-direction du vol et le rôle du balancier se trouvent entièrement confirmées par une expérience décisive. Après avoir coupé les balanciers à un Diptère et l’avoir réduit au vol descendant, j’ai montré qu’on peut lui redonner la faculté de prendre les allures du vol normal, non en lui restituant artificiellement ses balanciers, ce qui serait impossible, mais simplement en déplaçant légèrement le centre de gravité et en le reportant en arrière au moyen d’un poids additionnel placé à l’extrémité du corps. L’obscurité qui planait sur les fonctions dé cet organe a donc été entièrement dissipée par ces recherches.
elles nous ramènent à l’assertion de Réaumur.
Prenant pour objet principal de son étude la Libellule déprimée, M. Jousset de Bellesme suit l’Insecte dégagé de l’enveloppe de nymphe ; alors, il voit le corps se gonfler, puis la tète grossir, les yeux s’arrondir, les ailes recoquillées s'étendre d’une manière uniforme. Un instant, par suite de l’extrême distension, le volume du corps surpasse celui qu’il conservera. Tant que s’accomplissent ces phénomènes, peu d’air pénètre dans les organes respiratoires; pourtant, une simple piqûre faite à l’abdomen suffit pour amener un dégonflement instantané. En disséquant sous l’eau les Insectes gonflés, l’observateur trouva toujours le tube digestif rempli d’air et prodigieusement distendu. Dès que la Libellule a dégagé sa tête de l’enveloppe de nymphe, elle absorbe de l'air par la bouche, comme le pensait Réaumur, et peu à peu elle emmagasine une quantité considérable dans l’œsophage, l’estomac et l’intestin. En se dilatant, le tube digestif refoule vigoureusement le liquide sanguin sur les côtés du corps, vers la tête, vers les appendices : ainsi s’étendent les ailes en quelques minutes. Bientôt après, le canal intestinal se vide, le corps s’aplatit et acquiert, avec sa coloration, sa forme définitive ; les mouvements respiratoires s’établissent. Pour ne laisser aucune prise au doute, relativement au rôle de l’air introduit par la bouche, une expérience très-simple devait suffire : il s’agissait d’arrêter, par un artifice, à un moment donné, l’introduction de l’air dans le tube digestif, ou d’en amener la sortie à l’aide d’une piqûre ; l'expérience a été plusieurs fois répétée par M. Jousset de Bellesme. Dans tous les cas, l’auteur a vu les ailes ne pas se déplisser ou cesser de s’étendre lorsqu’on empêche la dilatation du tube digestif de devenir suffisante pour refouler le liquide sanguin jusqu’aux extrémités des appendices. Un intéres-
Recherches sur les effets et le principe actif du Pyrèthre.
a< jàoo Biologie,. 1.8^5^)
Mes recherches sur l’action du pyrèthre remontent à l’époque où la question des substances insecticides fut portée à l’Académie des Sciences à l’occasion du Phylloxéra. Cette substance avait été préconisée ; je crus utile d’en étudier l’acti'dti Subies Invertébrés, et en particulier sur les Insectes.
Des Insectes que l’on saupoudre de pyrfethre finement pulvérisé éprouvent bientôt des phénomènes convulsifs très-caractéristiques qui persistent plus ou moins longtemps et se terminent généralement par la mort. Certaines espèces résistent mieux que d’autres.
Pour montrer qùè cette action n’est pas due simplement à l’obstruction des orifices respiratoires par une matière pulvérulente, j’ai traité par l’alcool de la poudrede pyrèthre, qui, desséchée et employée en insufflations, n’a point produit lès mênies phénomènes toxiques. Par contre, l’extrait obtenu, injecté directement |! eh'qüèiilfté'très-itiihime dans la cavité viscérale des Insectes, reproduisait les mêmes convulsions que l’insufflation de poudre fraîche. Craignant que l’action de l'alcool n’apportât quelque obscurité dans les symptômes observés, j’eus recours â 1 des infusions àquèttses de pyrèthre, qui donnèrent les mêmes résultats.
Il résulté dé ces expériences que le pyrèthre renféème réellement une substance toxique qui agit avec énergie sur les Animaux invertébrés. <1
Là r'éèhérché de ce principe acfif-a'été l’objetj de ma part, de soins très-assidus. Ayant supposé, â cause de l’odeur très-aromatique de ce produit, que le, principe actif M’était autre que les huiles essentielles contenues dans la plante, j’ai retiré des sommités de pyrèthre trois huiles essentielles différant par leur point d’ébullitiéfî ét leur "odeûr. Des Insectes plongés et laisses plusieurs jours dans ces vapeurs ii’ôn't pas éprouvé de phénomènes d’intoxication. L’injectjon d’eau tenant en émulsion ces différentes huiles s’èst montrée aussi inoffensive. J’ai extrait ensuite plusieurs acides végétaux qui, essayés, n’ont pas donné de résultats. Enfin une dernière substance, que je crois pouvoir rapporter au groupe des alcaloïdes et à laquelle j’ai donné le nom de pyréthrine, s’est montrée douée à un’hâut degré de la propriété toxique observée dans la plante. L’action dominante de cette substance est une action sur le système nerveux.
Du rôle protecteur du cocon.
(Association pour l'avancement des Sciences. Congrès de Paris, 1878.)
La majeure partie des Insectes échappe au froid rigoureux de l’hiver en se retirant sous terre ou en cherchant un abri dans des fissures ; mais il en est un certain nombre qui restent en plein air, après s’être entourés d’une enveloppe soyeuse appelée cocon.
Ces cocons sont en général très-serrés, et, comme la soie est mauvaise conductrice de la chaleur, on est porté à penser que les nymphes renfermées dans des cocons sont très-bien abritées contre le froid.
l’avais observé, pendant les hivers rigoureux de 1870 et 1871, que des cocons du Bombyx de l’Aylante, suspendus aux arbres du palais abbatial de Saint-Germain-des-Prés, étaient testés exposés à des températures descendant jusqu’à — ao 0 . Quelques-uns de ces cocons, recueillis au prinlemps suivant, firent leur éclosion comme d’habitude.
Désirant être fixé sur la question de savoir si une résistance aussi extraordinaire au froid était due à l’influence protectrice du cocon qui enveloppait l’animal et établissait une barrière entre la température de l’air extérieur et celle de la petite chambre oü il se trouvait renfermé, j’instituai des expériences, rapportées dans ce Mémoire, qui prouvent qu’aucune protection n’existe de ce côté, que la température de l’intérieur du cocon se met très-rapidement en équilibre avec la température extérieure, et que, par conséquent, la cause de la résistance à la congélation doit être cherchée dans une production réelle de chaleur de la part de la nymphe, fait assez remarquable si l’on considère l’état d’immobilité où se trouve l’Insecte pendant cette période de son existence.
Observation sur la phosphoresc
du Lampyre commun.
.... Ayant recueilli deux femelles de Lampyre qui venaient de s’accoupler et les ayant laissées dans un tube de verre,,.elles pondirent sur les parois du tube une soixantaine d’œufs dont la. coque était mince et très-fragile et le micropylc très-apparent. Étant entré par hasard la npjt (Jans la pièce où ces œufs se trouvaient, je fus très-surppis de les voir briller dans l'obscurité comme de petites perles lumineuses. Non-seulement ces œufs sont phosphorescents immédiatementaprès la ponte, mqis ils, restent phosphorescents. Ceux que j’ai recueillis ont présenté ce phénomène, sans diminution (l’intensité pendant sept jours, au bout, desquels ils se,pont jaltérés ; je n’ai pu trouver des conditions convenables pour une plus longue c.o.nserya'tion.
Si l’on écrase ces œufs d,ans l’pbsçpnté,,Op i remarque que |p liquide qui s’étale reste phosphorescent jusqu’à ce qu’il soit entièrement desséché,
Ces faits ,ne sont pjis favpraWes | ^ r|iy l ppt()èse,qpj.'y 1 erpoU,iJai)s,la,phosphorescence un phénomène électrique. ...
J’ai constaté, depuis la présentation de cette Note, que l’acide carbonique et l’hydrogène fpisajent cesser cç,s pjiépomjipes, de pho.spjiopescenee.
l'absorption, il fallait bien, en procédant par voie d’exclusion, arriver dmettre que la poudré' toxique est introduite dans les trachées par l’a espiratoire, ce qui explique la rapidité de son action. D’ailleurs,' si la poui st seulement grossièrement concassée, elle n’agit pas. Dh peut placer des ectcs impunément dans de la poudre triée à la loupe, de telle sorte que le < îètre des grains soit supérieur à la dimension des stigmates'. Si ces grains s 'un diamètre inférieur, l'empoisonnement se manifeste. Ces premières recherc nt été faites sur la Blatte.
J’eus l’occasion plus tard d’avoir à riia disjpoSition un grand ho'mtrede gran aulerelles vertes [Locusta viridis) sur lesquelles j’étudiai l’innervation des m ements respiratoires.
En rénéinnt diverses exnériences sur la section des connectifs de la cha