‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 3 sur 6 · ARACHNIDES · texte numérisé non relu

ARACHNIDES

Dans ce Mémoire, j’ai donné snr les mœurs et les habitudes du Scorpion, sur la nature et la quantité de son venin, les conditions de son inoculation, et enfin sur son action, des détails nouveaux et très-précis.

Les recherches faites jusqu’à ce jour n’avaient pas fourni de résultats concluants. En étudiant du venin pris sur des Scorpions vivants, j’ai découvert le mécanisme très-curieux qui détermine la mort chez les Animaux vertébrés. C’est une action sur les globules rouges du sang.

Quand un Scorpion enfonce son aiguillon dans le tissu cellulaire d’un animal et fait jaillir une gouttelette de venin, cette gouttelette passe dans les vaisseaux capillaires et se trouve en contact avec un nombre de globules du sang proportionné à son volume.

Tous les globules qui sont touchés en ce moment par ce venin sont instantanément altérés, deviennent poisseux et s’agglutinent soit entre eux, soit aux autres globules demeurés sains. Ces globules ainsi altérés sont dispersés dans le sang par le torrent circulatoire et deviennent le centre d’autant de petites embolies qui s’en vont obstruer les vaisseaux capillaires. On comprend donc que plus l’animal a inoculé de venin, plus les effets seront étendus et les accidents consécutifs graves. Il peut arriver, et cela s’observe très-bien dans les membranes interdigitales et la langue de la Grenouille, que la circulation soit supprimée dans la plus grande partie de l’économie. L’animal paraît entièrement mort et est en rigidité; le cœur bal encore et fait de vains efforts pour lancer du sang dans les petits vaisseaux obstrués et encombrés de globules qui ne peuvent plus y passer.

L’iujection de ce venin dans un membre réalise une expérience physiologique intéressante; l’afflux du sang artériel dans les capillaires qui entourent les faisceaux musculaires n’a plus lieu et ce membre entre en rigidité. On obtient ainsi un véritable cas de rigidité cadavérique sur le vivant.

Le mécanisme de la mort que fai décrit dans ce Mémoire est spécial aux animaux dont le sang est pourvu de globules rouges. Sur les Invertébrés une pareille action ne saurait s’exercer; le venin du Scorpion agit chez eux avec une rapidité foudroyante. L’animal sait les piquer dans le voisinage des ganglions thoraciques et le venin provoque l’abolition rapide des fonctions du système nerveux.

Chez les Vertébrés, la même action sè produirait probablement si le venin pouvait être porté jusqu’aux éléments nerveux; mais.à cause de l’action que je viens de décrire sur les globules, il épuise son énergie sur place et ne parvient pas aux autres éléments. Comme tous les venins, il perd ses propriétés aussitôt qu’il est

De l'amputation spontanée des pattes chez les Crustacés.

On a observé depuis fort longtemps que les Crabes et autres Crustacés à qui on mutile l’extrémité d’un membre se le retranchent eux-mêmes près de sa base. On sait encore que ce n’est pas dans une articulation que se fait cette amputation, mais au milieu d’un article, dans un véritable lieu d’élection indiqué sur le revêtement calcaire de l’animal par une ligne plus claire. La régénération du membre n’est possible qu’en ce lieu.

l’ai cherché à déterminer quelles sont, du côté des téguments, les causes qui lui permettent ainsi de se fracturer, alors que la partie molle voisine, l’articulation, reste intacte ; et en second lieu à quel mécanisme musculaire l’animal avait recours dans ce cas pour déterminer ainsi par un simple effort la rupture de sa propre patte.

Je suis parvenu à reproduire artificiellement ce phénomène sur l’animal mort.

Je mentionne ici seulement ce travail qui paraîtra dans mon second Volume des Travaux originaux de Physiologie comparée. Je n’ai pu encore le présenter à l’Académie des Sciences, les planches importantes qui accompagnent le texte n’étant pas encore terminées.

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