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MOLLUSQUES

Recherches expérimentales sur les ionctions du foie chez les Mollusques céphalopodes.

Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 10 février 1879: — Travaux originaux de Physiologie

Ces recherches, faites sur le Poulpe, ont démontré que la glande appelée foie 11’est autre chose qu’une glande digestive èt que son produit de sécrétion n’a aucun des caractères de la bile.

Il y a quelques difficultés h s’cn procurer le liquide pur, parce que les canaux excréteurs sont tapissés d’un épithélium glandulaire ; on y parvient par un artifice.

Les caractères principaux de ce liquide consistent dans son acidité et sa richesse en albumine.

J’ai étudié expérimentalement l’action de ce liquide sur les divers aliments.

i° Substances albuminoïdes. — Je suis parvenu à obtenir des digestions artificielles de fragments de muscles en les laissant séjourner quarante-huit heures dans ce produit de sécrétion, à la température de 16°. Le liquide du foie possède donc une action digestive sur les matières albuminoïdes. J’ai constaté que cette action s’exerce aussi sur l’albumine coagulée et la fibrine du sérum.

2 0 Aliments amylacés. — Le produit de sécrétion du foie ne m’a pas semblé avoir d’action réelle sur ces matières. Je n’ai pas trouvé non plus de sucre dans le foie des Poulpes que j’ai étudiés, bien que le fait ait été signalé par d’autres physiologistes. Il est probable qu’il n’y en a qu’à certaines périodes de leur existence.

3° Matières grasses. — Ces matières ne sont ni émulsionnées, ni acidifiées par ce liquide.

Il est donc bien certain que nous avons affaire ici à une glande digestive destinée à agir uniquement sur les matières albuminoïdes dont ces animaux font leur aliment habituel.

Recherches sur les fonctions des glandes salivaires et l'ensemhle de la digestion chez les Mollusques céphalopodes.

(Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 3 mars 1879. - Travaux originaux de Physiologie comparée, t. II. Paris, Oermer-Baillière. )

Les glandes salivaires du Poulpe présentent un caractère remarquable: c’est de n’avoir aucune action sur les matières amylacées ni les matières grasses. J’ai trouvé néanmoins qu’elles jouaient un rôle préparatoire assez important dans la digestion des albuminoïdes, en attaquant le tissu conjonctif qui unit les faisceaux musculaires et en livrant ainsi cette fibre sans défense à l’action du suc digestif

Il est assez difficile d’apprécier l’action des glandes oesophagiennes et des follicules de l’appareil spiral, car on est obligé d’avoir recours aux liquides mixtes recueillis dans les différentes parties du tube digestif. Mais je n’ai trouvé à ces liquides que des caractères négatifs.

Après de nombreux essais, et en opérant tantôt sur des animaux il jeun, tantôt sur des animaux en digestion, j’ai acquis la conviction qu’aucun des liquides fournis par les annexes glandulaires n’est doué de la propriété d'émulsionner les graisses et de transformer la fécule en glucose.

Les Céphalopodes sont donc des animaux qui ne possèdent d’aptitudes digestives que pour les matières albuminoïdes et conjonctives, etle fait est d’autant plus remarquable que quelques-uns de leurs propres organes, le foieparexemple, renferment une forte proportion de matières grasses. Si l’on n’admet pas que l’absorption de ces matières puisse se faire autrement que par émulsion ou acidification, il fauten conclure que ces animaux fabriquent de toutes pièces leurs corps gras, ce qui vient à l’appui des théories émises par MM. Milne Edwards, Dumas et Cl. Bernard sur la formation des graisses dans l'organisme.

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