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VI. — SULFATE DE SPARTÉINE

L’iodure de potassium supprime l’oppression et les accès d’étoufifement; le Comaüana relève l’énergie des pulsations du coeur et, par ses effets diurétiques, dissipe l’œdème et l’hydropisie; mais ni l'un ni l’autre de ces médicaments ne régularise absolument les battements cardiaques. 11 restait à trouver une substance qui, tout en tonifiant le cœur, lui rendît en même temps son rythme et sa régularité. Le sulfate de spartéine paraît appelé à produire ce double effet.

La spartéine est l’alcaloïde liquide et volatil qu’on retire du genêt, Spartium scoparium. Elle forme, avec l’acide sulfurique, un sel parfaitement soluble dans l’eau et cristallisable. C’est ce sel que M. Laborde a employé dans ses expériences physiologiques.

Après avoir cherché chez les animaux la dose active non toxique, M. Sée arriva à la formule thérapeutique applicable aux malades atteints de maladies du cœur. Une solution aqueuse de o« r , 10 de sulfate de spartéine produisit des effets remarquables sur le cœur, sans troubler en rien ni la digestion, ni le système nerveux.

Ces effets sont au nombre de trois : le premier et le plus important, c'est le relèvement du cœur et du pouls, l’augmentation d’énergie de l'impulsion cardiaque. Cet effet, la spartéine le partage avec la digitale et la convallamarine, mais il est dans ce cas infiniment plus marqué et plus prompt.

Le deuxième effet, c’est la régularisation immédiate du rythme cardiaque troublé; à cet égard, aucun autre médicament ne saurait être comparé à la spartéine.

Le troisième effet, contraire celui-ci à l’action de la digitale et du muguet, est souvent une accélération des battements du cœur.

Tous ces phénomènes apparaissent très rapidement, au bout d'une

heure ou de quelques heures au plus, succédant parfois presque immédiatement si l’absorption du médicament, et se maintiennent deux à . trois jours après la suppression du remède.

Le sulfate de spartéine semble donc indiqué chaque fois que l’énergie du muscle cardiaque a fléchi, soit parce que le tissu même est altéré, soit parce que le muscle est devenu insuffisant pour compenser les obstacles opposés à la circulation. Lorsque le pouls est irrégulier, intermittent, arythmique, le sulfate de spartéine rétablit rapidement le type normal. Quand, enfin, la circulation est ralentie, le médicament paraît immédiatement obvier à ce trouble.fonctionnel, en accélérant les battements du cœur, tout en maintenant ou en augmentant la force acquise du muscle.

Applications pratiques des médications nouvelles au traitement des maladies du cœur et des maladies pulmonaires.

Parmi les médicaments cardiaques et respiratoires que l’auteur a introduits dans la thérapeutique, la plupart, antérieurement à ses recherches, avaient pour ainsi dire une existence empirique. L’iodure de potassium entrait dans la composition d’un certain nombre de remèdes secrets, dits antiasthmatiques; les fleurs de genêt étaient recommandées comme diurétiques ; le muguet avait, chez les paysans russes, la réputation de guérir l’hydropisie; enfin la combustion des papiers nitrés ou des feuilles de certains végétaux est d’un emploi vulgaire et ■ banal contre les accès d’asthme. L’auteur, qui s’est toujours montré un adversaire résolu de l’empirisme, semble donc, par une bizarre contradiction, s’être attaché à lui faire une sorte de justification scientifique. C’est qu’en effet l’application aveugle des données de l’empirisme est indigne d’un véritable médecin; mais il appartient, par contre, à la Médecine aidée de la Physiologie experimentale et de la Chimie de chercher à dégager des remèdes populaires la part de bien qu’ils peuvent contenir, et de donner par la découverte du principe actif de ces remèdes une base scientifique à leur emploi. C’est ainsi que l’expérimentation a relevé le mode d’action remarquable des alcaloïdes du muguet et du genêt sur le muscle cardiaque; que, parmi les divers produits de la combustion des papiers ou des végétaux, elle a pu séparer

elle des effets si frappants de l’iode sur les muqueuses bt : et sur le centre respiratoire bulbaire.

î trouve posséder ainsi des médicaments dont l’emploi ne s ré au hasard ou au caprice du praticien, mais que chacun poi en toute connaissance de cause avec justesse et précision,

; besoins du malade et les indications de la maladie, les affections du cœur, les symptômes principaux sont 1 n continue ou par accès, les irrégularités et la précipitation ents, l’hydropisie et la suppréssion des. urines. Contre cha phénomènes morbides, nous avons un remède propre que n s employer isolément ou en combinaison- avec d’autres !

te l’oppression, l’iodure de potassium est le remède souverai pas seulement sur le pseudo-asthme qu’on appelle asthme : mais c’est un modificateur puissant du muscle cardiaqut temps que des vaisseaux dont il augmente l’énergie contraci te la respiration d’une manière immédiate et la tonicité du c nanière permanente. Mais il faut en continuer l’usage pem is, à la dose de î» 1 ' à 2^ par jour.

s accès d’oppression s’exagèrent, s’ils surviennent sous fo ixysme, l’inhalation de la pyridine viendra en aide à l’actio

,re l’hydropisie, la diminution des urines, l’accélération des

leur rythme, c’est à la spartéine qu’il faut demander leur régularisa-

Ces exemples suffisent pour justifier les idées thérapeutiques de l’auteur. Le traitement de l’asthme et des catarrhes bronchiques nous offre le même ordre de considérations. Les symptômes dominants de ces affections sont la dyspnée, les accès de suffocation, l’hypersécrétion bronchique avec expectoration purulente.

Contre la dyspnée de l’asthme aucun médicament n’est supérieur à l’iodure de potassium, aidé ou non de l’iodure d’éthyle; l’auteur a fixé à cet égard les doses nécessaires et formulé les règles de l’ioduration, dont on n’avait soupçonné avant lui ni l’importance, ni même l’utilité. Contre l’accès de suffocation même, c’est la pyridine en inhalation qu’il faut employer; elle est bien supérieure à l’injection de morphine; son action est plus durable et bien plus inoffensive. De plus, lorsque l’iodure est mal toléré, la pyridine peut être continuée régulièrement comme un moyen certain d’empêcher le retour des accès.

Lorsque la sécrétion des bronches est considérablement augmentée, que le catarrhe se traduit par une expectoration incessante de mucosités purulentes, bien qu’ici encore l’iodure et les pyridines puissent, dans une certaine mesure, modifier les caractères de ces sécrétions, il"est préférable d’administrer la terpine sous forme de pilules, de capsules; ou en solution alcoolique. Il faut la faire prendre à assez fortes doses, i er à i« r ,5o par jour. Dans ces conditions, la terpine tarit les sécrétions, dessèche en quelque sorte la muqueuse et supprime l’expectoration si fatigante des catarrheux.

Ainsi, dans le traitement des affections respiratoires, comme dans le traitement des maladies du cœur, c’est dans l’application physiologique des moyens empruntés à l’empirisme que l’auteur a trouvé les meilleurs procédés de soulagement et de guérison.

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