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V. — NÉVROSES

Rapports de la chorée avec le rhumatisme et les maladies du cœur.

Pendant son internat à l’hôpital des Enfants, l’auteur découvrit un fait des plus étranges en apparence et qui s’est trouvé confirmé depuis quarante ans par tous les observateurs et par tous les médecins des hôpitaux d’enfants, par Trousseau, Roger, Bergeron, Simon, etc.

On considérait autrefois la chorée, ou danse de Saint-Guy, comme

un simple trouble des mouvements, comme une affection nerveuse sans gravité.

Or, en suivant attentivement cent vingt-huit enfants, de trois, à quinze ans, atteints de cette maladie, l’auteur, dans les trois cinquièmes des cas, constata le rhumatisme tantôt précédant, tantôt suivant le développement de la chorée, et cela souvent sous les formes les plus graves du rhumatisme articulaire.

Cette corrélation entre deux maladies si distinctes exigeait, pour être bien démontrée, une consécration formelle. Or Bouillaud avait établi cette loi : « Le rhumatisme articulaire aigu fébrile est suivi, en règle générale, d’une inflammation de la membrane interne ou externe du cœur, endocarde ou péricarde. » En poursuivant ses recherches dans ce sens, M. Sée trouva, chez presque tous les enfants choréiques, des lésions du cœur. Cette vérification dissipait tous les doutes, et elle permit à l’auteur de formuler ainsi le résultat de ses recherches : La chorée est une affection rhumatismale suivie, comme tous les rhumatismes, graves, d’une altération des membranes du cœur.

Cette coïncidence de la chorée avec le rhumatisme et les lésions cardiaques modifie entièrement le pronostic et le traitement de cette singulière névrose.

Épilepsie et bromure de potassium.

L’épilepsie, considérée dans l’antiquité comme une maladie sacrée, morbus sacer, était, il y a peu d’années encore, réputée incurable, inaccessible aux ressources de l’art. Une phase nouvelle est venue marquer l’histoire fatale de cette maladie, qui humiliait les malades, les familles et les médecins. La découverte de la médication parle bromure de potassium doit désormais faire rentrer l’épilepsie dans le cadre des affections curables. C’est un médecin anglais, Locok, qui, en 1853, tenta les premières recherches; mais il interpréta d’une manière erronée les effets du médicament. Depuis i858, M. Sée n’a cessé de poursuivre ses expériences sur ce sujet, et il a pu traiter par le bromure i5o malades, sur lesquels 90 ont pu être suivis pendant plusieurs années, condition indispensable pour juger une médication dirigée

prolongé, les retours les plus imprévus.

L’épilepsie n’est vraie qu’aux conditions suivantes : i° elle doi chronique; 2 ° elle doit être primordiale, essentielle, c’est-à-dire pendante de toute lésion organique, traumatique ou toxique; 3 doit se caractériser par des accès convulsifs ou des troubles ps moteurs, qui impliquent la perte passagère de l’intelligence; 4° i y avoir un rapport pathogénique de ces troubles fonctionnels soi l’exagération permanente du pouvoir réflexe de la moelle allon de son centre vaso-moteur, soit avec l’excitabilité de la substance cale du cerveau.

Or le bromure de potassium possède deux actions princip l’une se traduit par ses effets vaso-constricteurs,, il agit sur les seaux pour en provoquer le resserrement : il détermine parconsé une anémie circulatoire; l’autre est une action dépressive sur b voir réflexe en général et plus encore sur l’excitabilité de l’écor rébrale.

L’accès d’épilepsie commence par l’anémie, résultant de l’i tion des nerfs vaso-constricteurs, à laquelle succède rapidemer période de congestion provoquée par l’excitation des nerfs vasoteurs. Le bromure ne peut rien contre la première phase, mais i pose à la production de la seconde et, par conséquent, il arrête 1' tion de l’attaque. Mais il possède en outre un pouvoir énergiqu dépresseur, pour ainsi dire destructeur de l’excitabilité réflex de l’écorce cérébrale, soit du bulbe, et, à l’aide de cette propr

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