BRACHIOPODES
Une de mes premières études a eu pour objet la classification des Terebratulidae et des Waldheimiidae (n» 33) qui, comme on le sait, jouent un rôle important dans les faunes des terrains secondaires. J’ai cherché à tenir compte à la fois des caractères internes et de la forme extérieure et j’ai montré que celle-ci avait une importance toute partunlicrc. Ces coquilles sont généralement biplissées, les deux plis pouvant se réunir sur la ligne médiane par suite de l’atténuation, puis de la disparition de la dépression qui les sépare. Les plis sont tantôt normaux, c’est-à-dire saillants du côté de la valve dorsale (biplicatae), tantôt inverses lorsque leur convexité est dirigée du côté de la valve ventrale (antiplicatae) ; on peut caractériser ainsi deux groupes tout-à-faif distincts et séparés aussi bien dans les Térébratules que dans les Waldheimies, et on peut même se demander s’ils dérivent réellement d’une même souche.
L’étude des jeunes Waldkeimia m’a montré que les apophyses internes subissaient des modifications assez considérables pendant le développement de l’animal. Dans les formes les plus jeunes, l’appareil interne rappelle celui des Magas, il se rapproche ensuite de celui des Terebratella et ce n’est que dans l’adulte que les branches descendantes se séparent franchement du septum. Il en résulte que les genres Magas, Terebratella, Waldheimia correspondent en réalité au développement plus ou moins avancé d’un même type.
A un autre point de vue, celui de la forme extérieure, on voit également que les Glossothyris dérivent des Dictyothyris par la réunion des deux plis en un seul, et il est facile de faire* dériver de ce genre les curieuses térébratules trouées (Pjygope), qui, dans le jeune âge, présentent exactement la forme des Glossothyris. La plupart des genres nouveaux proposés ou définis pour la première fois, Plesiothyris, Zellleria (Bayle), Aulacothyris, Cænothyris, Liothyris (changé pour cause de double emploi en Liothyrim), Dictyothyris. Glossothyris ont été généralement adoptés. Enfin j’ai fait voir que la présence ou l’absence de cloisons rostrales consLuuaii un caractère important.
Glypeaster il atteint son développement maximum comme taille et comme épaisseur et devient en même temps fortement gibbeux au centre. L’évolution de ce rameau issu des Discoidea est extrêmement intéressante.
Une modification plus importante caractérise la tribu des Lampadiformes -, le péristome est encore central mais il n’a plus de mâchoires {atelostomes) ; dans les formes les plus anciennes, Galeropygus^ le périprocte est encore en contact avec les oeellaires 5 et mais il s’en sépare bientôt et se rapproche plus ou moins du bord postérieur ; les ambulacres restent droits et les pores de chaque paire rapprochés, dans les Hyboclypeidés et les Pyrinidés, qui par les Bchinoneus se prolongent jusqu’à l’époque actuelle.
Au contraire, ils se spécialisent dans les Cassidulidés, où ils deviennent subpétalôides; ici encore, comme dans les Clypéastroidés, les tentacules de la partie supérieure deviennent lamelleux et jouent le rôle de branchies. Dans les Clypem, les deux plaquettes oeellaires postérieures (n“ 5 et j) s’allongent beaucoup et peuvent ainsi rester encore en contact avec le périprocte. Dans les Pygnras, Echinanthns et Echinolampas, le périprocte s’éloigne définitivement de l’apex et devient marginal ou inframarginal.
Dans la tribu des Spatiformes, les formes primitives présentent une disposition bien curieuse, conséquence de cette sorte de lien que nous avons vu exister entre la rosette apicale et le périprocte ; on dirait que celui-ci, en s’éloignant en arrière, opère une traction sur l’apex ; c’est ainsi que nous venons de voir les oeellaires postérieures s’allonger dans les Clypem; ici, dans Collyrites, l’effet produit est bleu plus singulier : il sépare l’apex en deux parties ; les deux oeellaires postérieures restent d’abord sur le bord du périprocte (C. 'ringens) et sont largement séparées de toute la partie antérieure de la rosette apicale comprenant les 4 génitales, n»> 2 , 4 > 8 et lo, et les 3 oeellaires, n»» i, 3 et 9 ; mais cette partie antérieure elle-même est allongée et les 2 oeellaires 3 et 9 viennent se rejoindre et séparent complètement les génitales antérieures 2 et 10 des génitales postérieures 4 et 8 . Un degré de plus se trouve franchi dans le C. ellipticus du Gallovien; le périprocte se porte encore un peu en arrière et abandonne les 2 oeellaires postérienres ; la séparation entre ces dernières et le périprocte n’a été que retardée, elle n’en finit pas moins par se réaliser. Mais, à partir de ce moment, un mouvement inverse va se produire et nous allons assister au retour progressif vers la forme condensée habituelle de la rosette apicale ; en voici les différentes étapes :