XV. Sur les affinités des Berbéridées et des Papavéracées
XVI. Sur le développement des feuilles de quelques Berbéri dées (Berberis, Jeffersonia).
xvn.
Sua IA PRÉFLORAISON DES ÉTAMINES.
(BuUelm de la Société botanique de France, I. II, p. 373.)
Les étamines sont des appendices de la fleur et peuvent avoir, tout comme ceux qui constituent le calice et la corolle, un mode particulier de préflo-
xvm.
Recuerciies sur les ovules des Evontmus cultivés a Paris. (BuKelin de la Société botanique de France, I. V, p. 266, 314.)
Toutes les espèces d'Bvonymtts qui fleurissent dans nos jardins ayant été passées en revue, il résulte de cet examen qu’elles n’ont pas toutes le même nombre d’ovules et que la direction de ces ovules est très-variable. On peut ainsi les diviser en cinq groupes ;
a. Deux ovules collatéraux franchement ascendants;
b. Deux ovules collatéraux franchement descendants ;
c. Deux ovules superposés horizontaux, ou à pou près; raphé supérieur transversal ;
d. Quatre ovules superposés, par paires collatérales, ascendants, k raphé intérieur,
c. Ovules disposés sur deux séries parallèles, horizontaux ; raphés tournés dos à dos ; de 2 à 5 ovules sur chaque rangée.
Cet exposé devait entraîner la discussion de la loi posée par R. Brown pour la direction des ovules, et il a été démontré qu'elle ne saurait être admise comme générale. Il n’en est. pas de même de la loi posée par M. Payer, et suivant laquelle la direction absolue de l’ovule n’est rien par
elle-même, si l’on ne tient compte du sens suivant lequel s’effectue son mouvement anatropique. Suivant cette dernière manière de voir, un ovule dressé avec raphé intérieur, par exemple, répond à un ovule suspendu avec raphé extérieur, et ainsi de suite. C’est sur cette grande loi qu’a fondé depuis M. Agardh la méthode adoptée dans son Systema planlarum. Depuis, M. Gudlard ayant considéré les Dilléniacées comme offrant une exception à cette loi, M. J. de Cordemoy a répondu en démontrant qu’au contraire « la règle de MM. Payer et Bâillon est confirmée, attendu » que, dans aucun cas, nous ne remarquons l’exception signalée dans les » Dilléniacées. » (Bull, de la Soc. bot., VI, p. itt.)
Sur les ovules des Beaufortia.
(Adammia, lit, 266.)
Les Beaufortia ont, en réalité, non pas un, mais trois ovules dans chacune de leurs loges ovariennes. Deux d’entre eux sont situés en haut et demeurent réduits au nucelle. L’ovule inférieur, placé vers la ligne médiane, poursuit son entier développement. Il est, en outre, en partie enveloppé de chaque côté par des lames d’originè placentaire, dont l’hypertrophie est tardive et ne commence qu’après l’apparition des trois ovules.
Organogénie florale du Triphasia trifoliata.
On n’avait pu jusqu’ici établir le mode de développement de la fleur des Aurantiacées sur un type simple. M. Payer n’avait eu lieu d’étudier que les Cürus qui constituent déjà un dérivé fort complexe. Une abondante floraison du Triphasia a permis à l’auteur d’en suivre entièrement l’o> ganogénie florale. 11 a pu dès lors y constater : l’évolution successive des trois sépales, l’apparition simultanée des pétales, celle des trois étamines
du verticille extérieur, puis des trois étatniues du verticille intérieur, les trois feuilles carpellaires se montrent en une seule fois au-dessus des divisions du calice, et chaque loge contient d’abord deux ovules collatéraux. Mais, ce qu’il était impossible dé prévoir avant l’étude du développement, un de ces ovules avorte de bonne heure. Ce n’est qu’exoeptionnellement qu’il subsiste pendant une plus longue période.
Les monstruosités qu’on observe dans les fruits de cette plante et dans lesquelles il y a six loges au lieu de trois, ne sontpasdues à laproduction des bourgeons axillaires des feuilles carpellaires, comme ou l’a pensé pour les Oranges. C’est un verticille carpellaire qui s’ajoute au verticille normal et dont les éléments alternent avec les siens.
ÉTUDES OHGANOGÉNIQUES SUR QUELQUES GENRES DE BuETTNÉRlACÉES.
« M. Bâillon expose, dans ce travail, ce qu’il a observé du développement floral des genres BuettHcria, Theobroma, Myrodia, Astrapæa, Hermannia, Melochia et Lasiopetalum ; il y ajoute quelques détails sur les genres Pbilippodendron et Yisenia, qu’il n’a pu étudier que sur le sec. Nous donnerons un abrégé de ses observations.
» 1. Le Buettneria gracilipes a cinq sépales dont les divisions, d’abord libres, sont soulevées plus tard par une base commune : cinq pétales dont la partie moyenne, trilobée, se forme longtemps après la partie terminale, lancéolée, qui en est le vrai limbe ; un androcée à dix étamines, dont cinq fertiles naissent à l’aisselle des pétales; un pistil dont les cinq carpelles sont superposés aux pétales, et s’élèvent pour former le style, tandis que les ovules se montrent en face d’eux, sur le réceptacle, au point qui formera l’angle interne do chaque loge.
» IL I.e Theobroma présente un androcée également à dix éléments, dont les cinq filets fertiles en représentent deux et portent quatre anthères disposés en croix : le gynécée a encore cinq carpelles, mais c’est sur leur bord libre et intérieur que se produisent les ovules.
» 111. Dansledfÿrodia, le tube Qommunqui réunit les anthères n’appa-
parait que poslérieurement à la naissance des étamines, lesquelles, primitivement en cinq faisceaux, se dédoublent plus tard latéralement et de haut en bas. Le pistil comprend deux ou trois carpelles, et les ovules collatéraux naissent à l’angle interne des loges. C’est avec raison, dit M. Bâillon, qu’on a placé les Myrodia près des Plagianthus dans l’ordre des Bombacées.
» IV. VÂairapœa, par le développement de son androcée et par son organogénie en général, se rapproche beaucoup des vraies Malvacées ; il n’en diffère que par la présence do doux loges complètes dans chaque anthère.
» V. Dans VHermannia, les loges ovariennes sont superposées aux sépales, ce qui- permet de le séparer des Malvacées. Les Makernia doivent, d’après l’auteur, être réunis aux Hermannia.
n Vl. Les Melochia ont encore cinq étamines fertiles superposées aux pétales, et cinq petites saillies alternes avec les pétales, saillies qui représentent des étamines stériles. Les carpelles sont opposées aux pétales.
» VIT. Le genre Lasiopetalum, étudié dans le Traité d’organogénie de Payer, offre une singulière déhiscence des anthères ; les sillons de ces organes, qui sont extrorscs, se prolongent en haut en contournant leur sommet, pour aller se terminer sur leur face intérieure, c’est là que se fait la déhiscence par une fente courte, mais non par un véritable pore.
» Le genre PhiUppodendron, dont le pistil porte un ovule unique suspendu au sommet de la loge, parait à l’auteur rappeler bien plus les Héliclérées qu’un type quelconque des Buettnériacées. Quant au Visenia, il conclut de ses observations que cette plante est une Lasiopétalée, et qu’elle se distingue de tous les genres de ce groupe par son port, son mode d’inflorescence et ses loges ovariennes uniovulées. »
{Extr. de la Rev. bibliographique de la Soc. bot. de Fr., IX, 183.)
— so —
xxn.
Recherches süb l’organisation, le développement et l’anatomie des Capripoliacées.
« Dans un groupe naturel, l’organisation régulière et l’organisation irrégulière se trouvent d’ordinaire réunies, ce qui embarrasse beaucoup les classificateurs systématiques. On évite de violer des affinités ou de manquer à un principe en plaçant les genres de ces familles sur deux séries collatérales. La famille des Caprifoliacées, dit M. Bâillon, se prête peutêtre mieux que toute autre à ce mode d’étude, car ses genres peuvent être distribués de la manière suivante;
» L’auteur s’attache à justifier cette classification dans des considérations morphologiques qu’il présente sur les genres Leicesteria , Lonicern , Sambucus, Triosteum, Symphoricarpos et Linnœa. On conçoit que nous ne pouvons le suivre dans ces détails. Après avoir établi les six types précédents, l’auteur essaye d'y rattacher les autres genres classés dans les Caprifoliacées. D’après lui, le Xylosleum ne peut être distingué du Lonicera, surtout quand on considère certains types de passage, tels que le Nintooa et le Chamæcerasus. Les Diervilla ne sont que des Lonicera h pistil dicarpellé. L’Abelia devrait très-probablement constituer avec le Linnœa un seul genre à deux sections. Les Viburnum sont des Sambucus il une seule loge ovarienne fertile, à anthères introrses et à fruit drupàcé. Le genre Aheuosmia d’Allan Cunningham parait devoir être rejeté des Caprifoliacées. Les genres Tripetalus Lindl., Chlamydocarpus Jaub., Yalentiana Rafin., et Karpâlon Rafin., n’ont pu être étudiés par l’auteur.
» Dans la suite de son travail, M. Bâillon étudie les stipules des Caprifoliacées, leurs bourgeons axillaires et leurs affinités. Cette famille lui paraît si étroitement reliée à celle des Rubiacées, qu’il ne voit aucune ligne
de demaioalioii entre elles. L’auteur termine cette étude par quelques détails sur l’anatomie de la tige des Caprifoliacées, laquelle présente, sous la zone celluleuse superficielle, une couche de cellules tubuleuses, d’une épaisseur notable, représentant les couches corticales. >.
{Rev. bibliog., Soc.éot., VIM,481.)
xxm.
Organogénie florale des Cordiacées.
{Adansonittf III, 1,11.)
Les Cardia ont les fleurs disposées en cymes souvent scorpioïdes. Le périanthe et l’androcée se développent comme ceux des Borraginées. L’ovaire naît par deux feuilles carpellaires, d’abord indépendantes, puis tellement unies qu’on ne saurait les distinguer l’une de l'autre; après quoi elles se séparent de nouveau et forment quatre divisions stylaires. Chaque loge ovarienne est tardivement partagée en deux moitiés par une fausse cloison centripète. Tous ces caractères rendent les Cordiacées inséparables des Héliotropes et des Tourneforlia; et toutes ces plantes réunies forment un groupe particulier dé la grande famille des Borraginées.
Sur l’organogénie florale du Pleurandra.
{Aâmsonia, III, 129.)
La légitimité du genre Pleurandra ne pouvait guère être mise en doute parles botanistes qui en observèrent les premières espèces. En premier lieu, tandis que les Hibbertia ont des carpelles indépendants etoppositipélales,le Pleurandra présente un ovaire à deux loges et alternipétale. Mais l’étude organogénique démontre qu’il s’agit ici de deux carpelles primitivement oppositipétales, comme ceux des Hibbertia, et qui ne se rapprochent l’un de l’autre qu’à un âge avancé pour constituer un seul corps placé en face d’un sépale. L’androcée, qui est unilatéral, naît par un seul
mamelon légèrement excentrique, sur lequel l’apparition des étamines a lieu dans l’ordre centrifuge. Par ses caractères, le Pleurandra parait représenter une forme A’HMerlia, irrégulière quant aux organes sexuels seulement, et qui, parle gynécée, est auxDilléniacées penlagynes ce que sont aux Delphinium pourvus de cinq carpelles les espèces qui n’ont qu’un ou deux pistils.
Observations sur les ovules des Anémones et de quelques autres Renonculacées.
Les Anémones ont, dans chaque ovaire, non pas un ovule, comme on le croit généralement, mais bien cinq, dont un seul, l’inférieur, arrive à son entier développement. Les quatre autres demeurent à l’état de mamelons cellulaires stériles. Les Atragene sont dans le même cas ; ce qui confirme leur identité avec les Clématites. Les Adonis ont aussi primitivement cinq ovules ; ce qui les assimile aux Anémoues. Les ovules des Renonculacées n’ont pas tous deux enveloppes; il n’y en a qu’une dans l’ovule de certains Hellébores. Dans un même genre, tel que l’Adonis, on peut observer dés ovules ascendants et des ovules descendants.
Les étamines de certaines Renonculacées présentent, sous l’anthère, deux renllemenls latéraux du filet ; renflements qui se retrouvent et se prononcent davantage dans certaines Berbéridées.
Mémoire sur le développement do fruit des Morées.
IComples rendus,y janvier 1861. — L'Institut, 9 janvier 1861.-.l<ionsonM, I, 214,1. Vlll.)
« Dans ce travail, l’auteur s’est proposé d’étudier l’évolution des fleurs dans les genres Monts, Droussonnetia et Dorslenia. 11 commence par énumérer les diverses opinions émises par les auteurs les plus estimés sur la nature du fruit des Monts, et rappelle qu’Aug. de Saint-Hilaire et
M. Spach sont les seuls qui aient considéré les nucules gélatineux que présentent les fruits de ce genre comme formés, au moins en partie, par le péricarpe. Mais tous les auteurs.en ont regardé l’inflorescence comme simple et indéfinie. Il résulte au contraire des observations de M. Bâillon que les fleurs de première générafion qui paraissent sur l’axe floral du Jlfonisdeviennentle centre d’aufant de petites cyraes ou glomérules dont les fleurs latérales s’élèvent plus lard au même niveau que la fleui- centrale. L’auteur insiste ensuite sur la présence de fleurs hermaphrodites dans les Morus, surtout dans le Itlorus nigra, et au moins dans le jeune âge. Quant à l’ovaire, il est biloculaife, l’une des deux loges avortant presque constamment. Enfin il n’y a dans le fruit aucune soudure, ni des sépales entre eux, ni des sépales avec le péricarpe ; ce fruit est une simple ' drupe, produite par les modifications survenues dans le péricarpe après la fécondation. — Le Broussonneiia se rapproche beaucoup des Morus par son mode d’inflorescence et par la constitution de son fruit, avec celte différence que la côuche pulpeuse de ce fruit est plus mince sur les bords qui se rompent vers la maturité, et donnent issue, vers le sommet, à un noyau qui n’est aussi qu’une portion du péricarpe et renferme une ou deux graines. A l’égard du Dorslenia, M. Bâillon confirme les observations faites par M. Trécul sur le développement centrifuge de l’inflorescence de ce genre, développement qui est aussi celui de l’inflorescence des Ficus. Il (Bev. bibliogr.,Soc. bot., VIIl, 315,)
XXVH.
Sua i ORGANlSATlON nU FRUIT DE I.’ArBRE A PAIN.
(Adansmia, IV, 79, t. V.)
On considère généralement le fruit de l'Artocarpus comme formé par la soudure d’un très-grand noihbre de petits fruits groupés sur un réceptacle eu tête et fortement rapprochés les uns des autres après la floraison, ce qui détermine leur réunion. Cette interprétation ne parait guère acceptable, même à priori, parce qu’elle suppose la soudure tardive de plusieurs fleurs voisines les unes des autres, et que les exemples authenti-
ques de soudure réelle entre les organes arrivés à un certain âge, sont « peut-être plus que très-rares ». L’étude organogénique démontre au contraire que les fleurs femelles de l’Arbre à pain, sont à la surface d’un réceptacle en tête d’abord peu volumineuse, mais qu’après la floraison, ce réceptacle s'accroît graduellement dans l’Intervalle des jeunes frnits et que ceuï-ci se trouvent alors fixés au fond de fosses ou de puits dont la profondeur augmente tous les jours. Bientôt cette profondeur est si considérable qu’on ne voit plus rien des fruits eux-mêmes, sinon quelquefois les styles dont le sommet sort par' l’ouverture de la margelle. Cette ouverture s’épaissit elle-même par les bprds qui arrivent à se tpuchar et à se froncer. Mais l’occlusioii n’est pas réelle; elle n’est qu’apparente. Avec quelque attention on retrouve l’orifice sous forme d’un point foncé. Le style des Àrtocarpus tend à devenir gynobasique. Le sommet du placenta est libre et dressé dans l’intérieur de l’ovaire ; il supporte, non-seulement un ovule. descendant, mais encore, au-dessus de lui, un obturateur trèsrdéveloppé.