FÉCONDATIONS CROISÉES
Des mouvements dans les organes sexuels des végétaux ET dans les produits de CES ORGANES.
(Paris, 1856.)
Le jury du Concours pour l’agrégation des Facultés de médecine, présidé parM. Dumas, ayant proposé cette question, des expériences furent entreprises pour étudier les singuliers mouvements dits par aspiration, qu’on remarque dans la Vanille, alors qu’on présente le pollen au stigmate, et que celui-ci est attiré comme l’est une parcelle de fer par un barreau aimanté. De plus, il fallait déterminer si les mouvements des étamines étaient modifiés par l’action des anesthésiques. Celles des5parmannio ont été soumises dans ce but à l’influence du chloroforme, et il a été constaté qu’elles y perdaient toute excitabilité, mais seulement d’une manière momentanée ; car elles pouvaient de nouveau être mises en mouvement quand on les avait plongées pendant quelque temps dans l’air pur.
Dans la suite de ce travail (p. 63), l’auteur a cherché à distinguer et à classer les différentes espèces de mouvements que présentent les organes sexuels des végétaux.
Sur le mode de' fécondation du Catasetum luridum.
(SuUetin de la Société botaniqae de France, 1.1, p. 285.)
Le petit appareil pollinique de ce Catasetum est soumis à une sorte de projection, dont la direction se trouve à peu près déterminée par l’organisation du gynostème, et ce phénomène pourrait avoir quelque influence sur le mode de fécondation de la fleur.
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De quelques particulaeités que présentent les orbanes de la fécondation.
{Bulletin de la SocUU botanique de France, I. IV, p. 19.)
Beaucoup de plantes qui passent pour dioïques se montrent aeoidenfellement monoïques. Beaucoup de fleurs normalement dielines deviennent quelquefois hermaphrodites. Aux plantes pour lesquelles le fait a été démontré, l’auteur a joint les Rieins, les Croton, les Mercuriales, et il a montré des pieds mâles de ces dernières chargés de fruits bien développés.
La seconde partie de ce travail a rapport à la description, dans plusieurs familles naturelles,' de ce chapeau de tissu cellulaire qui part du placenta pour venir coiffer le micropyle de l’ovule et qui joue un rôle important dans la fécondation. L’auteur a proposé de donner à cet organe le nom A'obturateur.
De L’HERMAPaaODlTISME ACCIDENTEL CHEZ LES EüPHORBIACÉES.
{Bulletin de la Société botanique de France, L IV, p. 692.)
La monoecie accidentelle une fois établie chez les plantes dioïques, il fallait réunir les cas d’hermaphroditisme anormal que présentent les fleurs dielines. Des exemples sont donnés pour un assez grand nombre de genres, soit monoïques, soit dioïques. Tels les Crozophora, les Breynia, les Cicca, les Rkinus, les AparUthmium, les Silvæa, les BottUra, etc. L’auteur conclut de ces observations que les faits de parthénogenèse ne .doivent être acceptés qu’avec la plus grande réserve ; il est même porté à penser que le Cœhbogyne, qu’on a toujours invoqué à ce propos, doit être mieux étudié que cela n’a été et n’a pu être fait jusqu’à ce jour ; car il n’est pas rationnel d’admettre que cette plante soit féconde sans pollen, alors qu il est bien certain qu’aucune autre de celles qu’on a regardées comme telles ne peut produire de bonnes graines sans avoir été fécondée.
Considérations sur la Parthénogenèse dans le Règne végétal.
11 n’y a aucun fait qui démontre d’une manière incontestable que les plantes puissent être parthénogènes, c’est-à-dire fécondes sans fécondation. On n’a jamais cru à la parthénogenèse que dans des plantes à fleurs diclines de très-petites dimensions, tes Euphorbiacées, Graminées, ürticées, Amentaoées, Zanlhoxylées, etc. Toutes tes fois qu’on a pu examiner à temps les fleurs femelles fécondes dans les plantes dioïques, on a trouvé, à la base de leur pistil, un ou plusieurs oi^anes mâles fertiles. Ou bien, il existait, non loin des pieds femelles, des pieds mâles dont le pollen peut être transporté, non pas en général à d’énormes distances, mais à une distance assez considérable pour assurer la fécondation d’individus femelles qu’on avait pu croire sufiisamment isolés. Le pollen des Conifères se reconnaît à sa forme singulière sur des stigmates de plantes d'organisation même très-différente où l’ont transporté, à une assez grande distance, les courants d’air. Les Mercuriales, les Epinards, les Bixacées, les Cœlebogyne mêmè ont, comme plusieurs observateurs l’ont constaté, des fleurs accidentellement monoïques ou hermaphrodites. La culture et plusieurs autres causes mal connues favorisent la production de ces accideilts. Quant aux Cucurbitacées, telles que les Bryones, il sulfit de dire que c’est dans leur fleur femelle qu’on étudie le mieux l’apparition des organes mâles.
Sur un cas apparent de Parthénogenèse.
11 s’agit ici d’une Bixacée qu'on peut rendre, à volonté, parthénogène, en apparence du moins, quand le pied mâle de cette plante dioïque est fleuri en même temps que le pied femelle. Les Bixacées ne peuvent
fournir que de mauvais exemples de parthénogenèse, parce que, dans leurs fleurs femelles, de petite dimension, il est facile qu’un organe mâle, anormalement développé, passe tout à fait inaperçu. 11 y a des saisons et des années ou, sans qu’on en sache la raison, les hermaphroditismes et les exemples de monœoie accidentels se multiplient singulièrement. Ou ,ne pourrait affirmer la parthénogenèse que dans des fleurs femelles de grande taille et faciles à examiner dans toutes leurs parties.
Sur l’émission des tubes polliniqoes des Helunihemom.
{Adansonia^ II, 56.) »
On s’accorde à considérer comme cause unique de la production du tube pollinique, « l’action de l’eau ou de l’humidité du stigmate ». Il faut, suivant A. de Jussieu, pour que ce tube se forme, que le grain de pollen « ait été jeté sur le stigmate ». Ici, pour un certain nombre detgrains, te phénomène se produit d’une manière toute différente. Des grains de pollen, demeurés dans l’anthère ouverte et peu éloignée du stigmate, s’allongent en un tube qui marche horizontalement vers te gynécée, s’enfonce dans son intérieur et va rejoindre 1 ovule par son extrémité libre. Un même tube peut ainsi se suivre de l’ovule fécondé jusqu’à l’anthère où s’est formé le grain de pollen, qui n’a pas bougé un instant. On en conclut qu’il est des cas où « le pollen trouve en lui-même, ou dans les portions do l’organe mâle qui l’environnent, les conditions nécessaires à la formation de ces filaments ».
XLffl.
Etudes sur le développement, l’anatomie, la physiologie et le