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TRANSFORMATIONS ALLOTROPIQUES

Par suite d’une collaboration incessante avec Mallard, à l’occasion de nos études sur le grisou, je me suis trouvé au jour le jour au courant des recherches que ce savant regretté poursuivait à la même époque sur le polymorphisme cristallin. J’ai été ainsi amené à étudier tantôt en commun avec lui, tantôt isolément, les differents changements physiques qui accompagnent les changements cristallins, c’est-à-dire l’ensemble des phénomènes qui caractérisent la transformation allotropique.

Je ne dirai rien de ma part de collaboration dans les cas où elle n’a été que secondaire et simplement mentionnée en passant par Mallard dans ses Mémoires, comme pour la boracite, le sulfate de potasse; je ne parlerai pas non plus des transformations allotropiques dont je n’ai fait que signaler l’existence, sans en avoir fait une étude spéciale, comme pour le silicate dicalcique, le carbonate de strontiane, le chlorure de baryum.

Transfor

de l’iodure d’argent, un avee Mallard.)

L’iodure d’argent hexagonal, à la température ordinaire, devient cubique dès qu’on le chauffe au voisinage de i5o° et cette transformation est immédiatement réversible par refroidissement.

Nous avons déterminé la température exacte de cette transformation (i46°), la chaleur latente absorbée, le changement de volume produit pendant cette transformation et les chaleurs spécifiques des deux variétés de l’iodure d’argent.

Enfin, nous appuyant sur l’équation thermodynamique des changements d’état, nous avons prévu, puis vérifié expérimentalement, que le passage de la variété hexagonale à la variété cubique pouvait être obtenu dès la température ordinaire par une compression suffisamment énergique. Le phénomène s’est produit sous une pression de . n5oo ke par centimètre carré.

Dans des recherches ultérieures, j’ai reconnu que la conductibilité électrique de la variété cubique était environ dix fois plus considérable que celle de la variété hexagonale. J’ai constaté, au moment de la transformation, le développement de forces électromotrices locales assez intenses qui peuvent avantageusement être utilisées pour reconnaître le moment oh se produit la transformation.

Transformation de l'aragonite en calcite.

Au cours d’expériences qui n’ont pas été achevées sur la variation avec la température de la dilatation et de la double réfraction de l’aragonite, j’ai reconnu que sa transformation en calcite se faisait exactement à la température de 33o°.

On admettait, depuis les expériences de Favre, que cette transformation était accompagnée d’un dégagement de chaleur relativement considérable, 4°“'pour i molécule (CaO, CO’ = ioo« r ). Ce résultat m’a semblé difficilement conciliable avec les expériences de Rose, d’après lesquelles la production artificielle de l’aragonite aurait lieu à une température plus élevée que celle de la calcite. J’avais, en effet, au cours de mes études sur les équilibres chimiques, établi, comme une conséquence rigoureuse des principes de l’Énergétique, que, de deux variétés d’un corps, celle qui est la plus stable aux températures les plus élevées et qui, parsuite, tend à se produire de préférence, est celle qui correspond au moindre dégagement de chaleur. En reprenant, par des méthodes plus précises, la chaleur de transformation des deux variétés du carbonate de chaux, j’ai reconnu qu’elle était de signe inverse à celle donnée par Favre, et environ dix fois moindre. La contradiction apparente signalée n’existe donc pas.

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