CH»- CH*-C - CH*- CH*- CH
et les dérivés subséquents sont actifs, ainsi queM. Würtz l’a reconnu. Cette expérience, qui exigeait une grande quantité d’ibdure actif pur, n’aurait pu être faite sans le procédé de préparation de l’alcool actif que j’avais trouvé {Rulktin. de la Société chimique, t. XXV, p. 545).
SÉRIE ÉTHYLÉNIQUE.
GÉNÉRALITÉS
Dans mon Mémoire de 1874 je me suis borné à indiquer que l’absence de pouvoir rotatoire dans l’éthylène, si elle était confirmée par l’expérience, devait amener à considérer sa forme comme plane ; de plus, puisque les atomes d’hydrogène ont la même valeur chimique, cette forme ne pouvait être que le rectangle. Je pensais qu’il pouvait exister en outre des corps actifs tels que le styrolène, dérivant d’un éthylène en forme de tétraèdre de symétrie orthorhombique dont les sommets éganx seraient occupés par les quatre atomes d’hydrogène; alors le dérivé bisubstituéC'H'XY pouvait être actif, ainsi qu’on peut
Plus tard, en i88a, partant de la formule plane et rectangulaire, je donnai l’explication de la transformation des acides fumarique et maléique, l’un en acideracémique, l’autre enacide tartrique indédoublable.
Il restait un fait controversé, c’est le cas du styrolène actif. Dès l’instant où ce corps posséderait la constitution d’un éthylène dont un atome d’hydrogène est remplacé par du phényle, il ne pourrait être qu’inactif. M. Van t’Hoff avait montré que le pouvoir rotatoire du styrolène naturel est variable; de plus, en distillant avec précaution ce
carbure partiellement résinifié de façon que la partie polymérisée reste dans la cornue, il a observé que le pouvoir rotatoire do la partie distillée augmente de plus en plus. Il attribuait ce pouvoir à une substance oxygénée qui s’accumulait dans la partie distillée. En réponse, M. Berthelot a démontré que le styrolène actif était absolument dépourm d'oxygène; l’interprétation de M. Van t’Hoff ne pouvait donc être maintenue, mais le fait du pouvoir rotatoire variable du styrolène naturel et de l’accumulation de la substance active dans la partie non polymérisable restait debout. Il avait été établi seulement que le styrolène naturel du styrax renferme deux substances ; l’une inactive et polymérisable, l’autre active qui passe dans les produits de distillation : la première était évidemment identique avec le styrolène synthétique, c’est-à-dire le phényléthylène ; je pensais que l’autre était un homologue supérieur actif du styrolène ayant la formule C'ffXY {fig. 6). Cette manière de voir peut se soutenir encore aujourd’hui, attendu qu’on n’a ni isolé, ni étudié la substance active du styrolène naturel, et que sa formule est inconnue.
VÉRinCATIONS EXFÉRIMEUTALCS FERSONNEUES.
Ne pouvant, à cause de la rareté du styrolène naturel, entreprendre son étude, je résolus d’aborder la question d’un autre côté. Les termes élevés d’une série ayant en général plus de chance de présenter le pouvoir rotatoire, j’ai choisi comme exemples les dérivés trisubstitués de l’éthylène, à savoir les acides citraconique et mésaconique dont les formules sont
l’examen de ces deux acides paraissait donc très propre à éclaircir la question. Des essais préalables indiquaient, après la culture, l’apparition d’un pouvoir rotatoire très sensible, mais les sels de l’acide actif étaient incristallisables. Afin d’obtenir assez de matière pour faire la distillation fractionnée des éthers, j’ai fait moisir a'*® d’acide citraconique; les acides qui avaient échappé à l’action du microbe furent convertis en éthers métbyliques, et l’on put alors séparer par distilla-
tion deux fractions : le produit peu actif, qui passe le premier, était du citraconate de méthyle provenant de l’acide non moisi ; les parties supérieures où se trouve concentré le pouvoir rotatoire avaient la composition d’un éther de l’acide méthylmalique. Cet acide méthylmalique s’était formé par hydratation de l’acide citraconique : c’est un corps saturé qui dévait son pouvoir au carbone asymétrique, comme tous les autres corps actifs.
Cette expérience a donc prouvé que l’action des moisissures, même très prolongée, ne donne pas de pouvoir rotatoire à l’acide citraconique lui-méme.
Jusqu’à présent tous les corps bien connus dérivant de l’éthylène paraissent avoir des molécules planes et la seule formule stéréochimique de l’éthylène reste le rectangle