‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 6 sur 27 · Leçons cliniques sur les maladies des yeux · texte numérisé non relu

Leçons cliniques sur les maladies des yeux

(Gazette des hôpitaux, 1836, n° 131, 132, 135.)

Le sujet de ces leçons est Yophthalmie arthritique goutteuse ou veineuse, ayant pour base anatomique la choroïdite ou phlegmasie de la choroïde.

Ce sujet a été repris, en détail et avec des modifications importantes, dans le Traité de l'ophthalmie, etc., p. 297, et dans Y Iconographie ophthalmologique, p. 100. (Voyez ci-dessous n 08 11 et 86.)

Les leçons cliniques sur les maladies des yeux que M. Sichel a professées publiquement de 1832 à 1836, ont d'ailleurs été publiées par deux de ses élèves les plus distingués, d'abord dans la Gazette médicale en 1836, par M. Al. Grand-Boulogne (n° 20, p. 310, et n° 34, p. 554), plus tard et avec plus de détail, par M. Delmas-Débia, sous le titre suivant : Considérations nouvelles sur V ophthalmologie ou sur le traitement des maladies des yeux; Paris et Montpellier, 1837, in-8.

En 18$7 l'auteur les a lui-même publiées dans tout leur développement, et accompagnées de nombreuses observations à l'appui, mais sous une autre forme, dans son Traité de Tophthalmie, etc. (Voyez ci-dessous, n°ll,p.8.)

Finalement il en a donné le résun\é, accompagné de figures, notablement modifié et mis au courant de l'état actuel de la science, dans son Iconographie ophthalmologique. (Voyez ci-dessous, n° 86.)

9. — Mémoire sur la chordidite ou inflammation ae la choroïde.

{Journal hebdomadaire de médecine, décembre 1836.)

Première monographie qui a paru en France de la phlegmasie de la choroïde. Après avoir rapporté exactement ce qui a été écrit avant lui Sur cette maladie, Fauteur en complète la description, d'après sa propre expérience, et par des observations à l'appui que lui ont fournies sa clinique et sa pratique.

Cette monographie a été réimprimée, avec des additions et des modifications, dans le Traité de l' ophthalmie, etc., p. 113 à 156. (Voyez ci-dessous, n° 11, p. 8.)

10. — Revue trimestrielle de la clinique ophthctlmologique de M. Sichel (octobre, novembre et décembre 1836), mars 1837, in-8. (Publiée d'abord dans la Gazette médicale de Paris.)

Dans cet opuscule de 76 pages, l'auteur a surtout voulu rendre compte des résultats scientifiques et pratiques obtenus par son enseignement de clinique oculaire. C'est un des premiers rapports qui aient été publiés à Paris sur les faits observés dans une clinique spéciale des maladies des yeux. Il contient les paragraphes suivants :

a. — Notes statistiques sur la fréquence des maladies oculaires dans les différentes professions (p. 7 à 15). Ces recherches n'ont pas eu d'autre prétention que d'attirer l'attention sur l'importance de la statistique ophtalmologique, et de provoquer des études semblables plus suivies et plus approfondies.

A. — Première série de faits cliniques, envisagés à des points de vue en partie nouveaux (p. 16 à 39). Lésions Iraumatiques (p. 16), blépharite glandulaire ou ciliaire (p, 19), conjonctivite catarrhale (p. 19), ophthalmie scrofuleuse (p. 25), cristalloïdite et iritis (p. 28), chôroïdile, ophthalmie arthritique et glaucome (p. 32).

c. — Deuxième série des principaux faits cliniques (p. 39 à 51). Amauroses et autres affections de l'appareil nerveux de l'organe visuel fp. 89), surtout paralysies des nerfs moteurs oculaires (p. 45).

d. — Troisième série de faits cliniques (p. 51 à 64). Cataractes et leur opération, avec des considérations sur le choix de celle-ci (p. 51) ; pupilles artificielles, avec des remarques sur les différentes méthodes de celte opération et leurs indications (p. 64); enfin, maladies mixtes (p. 69), parmi lesquelles il y a, par exemple, plusieurs cas d'exophthalmos (proéminence du globe par suite de tumeurs dans l'orbite) et d'exophthalmie (proéminence de cet organe par suite de la phlegmasie et de l'intumescence de toutes ses parties constitutives).

11. — Traité de Fophthalmie, de la cataracte et de famaurose ; Paris, 1837, xi et 752 pages in-8, avec quatre planches coloriées, représentant les oph thaï mies spéciales et les différentes espèces de cataracte. — Traduction allemande, 1838. — Traduction espagnole : Tratado de la Oftalmia, etc., por D. José ZuritayD. José Bartorelo. 2 vol., Cadix, 1839, in-8.

Ce livre, traduit en deux langues étrangères et depuis longtemps épuisé, contient, au milieu d'un traité complet des trois maladies oculaires les plus fréquentes, la description de plusieurs maladies inconnues ou peu connues auparavant, ainsi que des points de doctrine et des méthodes thérapeutiques pour la première fois mis en avant par l'auteur. Ce que ce traité a apporté de nouveau alors, est depuis longtemps passé dans le domaine commun de la science, résultat dont l'auteur n'a qu'à se réjouir.

Parmi ces points de pathologie et de thérapeutique oculaires, alors nouveaux en France et en partie décrits pour la première fois, on peut citer les suivants :

La kératite ponctuée (pointillée, plastique, interstitielle, primitive ou non vasculaire), forme non décrite antérieurement (p. 61).

Le traitement rationnel des ophthalmies exsudatims (kératite, iritis, etc.) par les antiplastiques et surtout les mercuriaux, moyens qui jusqu'alors n'avaient été que très-peu employés en France et seulement d'une manière empirique (p. 29-48).

Le diagnostic des ophthalmies spéciales^ d'après leurs caractères analogiques et surtout l'injection vasculaire propre à chacune d'elles. Sous ce rapport, Béer et Jùngken avaient déjà beaucoup fait; mais l'auteur croit avoir avancé et simplifié la question, en la dégageant des idées trop' théoriques, en supprimant, pour la grande majorité des cas, la notion de la spécificité, et en ramenant les différences des injections spéciales a des considérations d'anatomie. Aujourd'hui Ton veut, à la vérité, faire encore une fois table rase de ces idées, mais en se montrant souverainement inconséquent, puisque, après avoir nié l'iritis syphilitique, reconnaissais à l'œil nu par des caractères anatomiques faciles à saisir, on établit une choroïdite syphilitique, dont les symptômes spécifiques exigent l'investigation ophthalmoscopique. Ce n'est pas ici le lieu d'exposer les contradictions de cette manière de faire et les fâcheux effets qu'elle exerce sur la thérapeutique. . La kératite vasculaire produite par des granulations de la conjonctive palpébrale supérieure (p. 230) n'était presque pas connue avant Fauteur» Il en a éclairé l'étiologie, exposé les symptômes et solidement établi la thérapeutique. Avec le professeur Fischer (de Prague), il a le premier appliqué à cette maladie, ainsi qu'à l'ophlhalmie granulaire, la cautérisation avec le crayon de sulfate de cuivre, moyen d'une action si sûre et si rapide, dont l'usage est aujourd'hui généralement répandu, et qui triomphe même trèssouvent du pannus invétéré et rebelle aux autres traitements.

Les différentes espèces de cataracte ont été soigneusement exposées (p. Ù75 à 640), avec leur diagnostic différentiel, auquel l'auteur fait correspondre une thérapeutique différentielle, c'est-à-dire des indications précises pour chaque méthode et chaque procédé opératoires, indications puisées dans des conditions intrinsèques, à savoir dans la nature analomique des différentes espèces, dans leur siège et leur consistance, et non dans des circonstances extérieures et fortuites.

La cataracte verte opérable, non glaucomateuse (p. 501), et les cataractes déhiscentes (p. 509) sont décrites ici pour la première fois.

Dans l'important chapitre de Yamaurose (p. 6/il à 731), les différentes espèces de cette maladie, qui n'avaient pas encore été classées dUme manière méthodique, claire et satisfaisante, ont été groupées d'après une nouvelle dis-

position rationnelle et anatomique, pour base de laquelle l'auteur a pris la localisation dans le point des centres nerveux où réside primitivement, dans chaque cas, la lésion anatomique qui cause le trouble de la vision. Ainsi Fauteur a divisé l'amaurose, d'après son siège, en rétinienne, oculaire ou ophthalmique, optique ou siégeant dans le nerf optique, tri faciale ou siégeant dans le nerf de la cinquième paire, cérébrale, | spinale et ganglionnaire. Quant à Vamaurose trifaciale, l'auteur la rejette, comme basée sur des données physiologiques erronées, la cinquième paire présidant à la sensibilité et à la nutrition de l'œil, mais n'ayant aucune part réelle dans la fonction visuelle.

Les espèces de l'amaurose ayant ainsi été fondées sur le siège de la maladie, les sous-espèces de chacune d'elles sont établies sur la nature de l'affection (congestive, inflammatoire, nerveuse, paralytique ou organique) ou sur ses causes (traumatique, rhumatismale, syphilitique, par commotion ou insolation de la rétine, par l'abus des alcooliques ou du tabac, saturnine, etc.). Un des premiers, l'auteur a insisté sur la nécessité d'abandonner le mot trop vague A'amaurose, et d'y substi tuer, dans chaque espèce, le nom de la lésion anatomique qui produit le trouble ou l'abolition de la vision. Voilà pourquoi il a établi une espèce à part sous le nom ftamaurose oculaire ou ophthalmique (p. 69ft), dans laquelle il a relégué toutes les amauroses qui ne sont que le symptôme ou la conséquence de phlegmasies de la choroïde et de la rétine , d'altérations anatomiques de ces membranes, d'épanchements qui y siègent, etc. Sur ce point, l'ophthalmoscope est venu lui donner raison dans ces derniers temps : pour beaucoup de maladies, classées autrefois parmi les amauroses, l'ophlhalmologie moderne ne parle plus que de rétinites, de choroïdites, d'hémorrhagies rétiniennes, etc.

Ce traité de l'amaurose, ainsi que la classification de cette maladie que nouô venons de rappeler, et qui a été généralement regardée comme rationnelle, claire et simple, a valu à son auleur le jugement suivant d'un des hommes les plus compétents, M. Chelius, le célèbre professeur de chirurgie et d'ophthalmologie de la faculté de Heidelberg {Manuel dopkthalmologie % Stuttgart, 1843, t. I, p. 289) : « De même que Béer a d'abord établi une

symptomatologie plus exacte des différentes formes de l'amaurose, de même Sichel et de Walther ont contribué le plus à jeter les bases scientifiques de la doctrine de l'amaurose. »

12. — - De la paralysie du nerf de la troisième paire ou nerf moteur

oculaire.

(Recueil des travaux de la Société médicale du département d'Indre-et-boire, 1838, pp. 56 à 64,

C'est la première monographie de cette maladie qui ait été publiée en France. Insérée dans le recueil des travaux d'une société médicale d'un de nos départements, elle n'a eu qu'un public limité et a presque passé inaperçue. Les opinions qui y sont développées, ont passé des leçons cliniques de l'auteur dans plusieurs travaux publiés par ses auditeurs, comme,, par exemple, dans les recherches de M. I.-E. Pétrequin, sur quelques paralysies de F œil et de ses annexes, insérées dans le premier volume des Annales (foculistique (1838, p. 4), ainsi que dans le mémoire de M. Stansky sur la paralysie du nerf de la troisième paire {Archives générales de médecine, 1843 (1).) Ces médecins, qui ne connaissaient pas le mémoire en question de M. Sichel, n'en ont pu citer une partie d'un intérêt tout particulier, celle qui traite de la paralysie du nerf de la troisième paire causée pair le poison des boudins, espèce qui, inconnue avant la monographie de l'auteur, l'est restée également depuis lors, et mérite ici une mention spéciale.

L'auteur établit d'abord une classification rationnelle de la paralysie du nerf moteur oculaire commun, classification qu'il a depuis lors modifiée et complétée dans ses leçons cliniques.

C'est dans la paralysie des origines cérébrales du nerf moteur oculaire commun qu'il classe l'espèce qui se manifeste à la suite de l'empoisonnement par les boudins gâtés, empoisonnement assez fréquemment observé dans le midi de l'Allemagne et particulièrement dans le Wurtemberg, rare dans les autres parties de l'Allemagne, et qui ne semble avoir jamais été observé en France.

(1 ) Date approximative que l'auteur ne peut vérifier en ce moment.

Depuis la publication de l'auteur, il n'a plus été question de la paralysie du nerf oculaire commun comme conséquence de l'empoisonnement par les boudins. Avant Fauteur, tous les observateurs ont interprété les symptômesoculaires comme appartenant à une espèce particulière d'amaurose, sans songer à une affection du nerf de . la troisième paire. Ce travail de M. Siebel n'a d'ailleurs pas été tiré à part, et est resté à peu près inconnu du public médical.

Page 1