Mémoire sur F iritis syphilitique
{Journal des connaissances médicales, décembre 1840, p. 65 et suivantes, janvier 1841,
p. 97 et suivantes.)
Ce sujet avait déjà été exposé d'une manière assez détaillée dans le Traité de tophthalmie, p. 426 et suivantes. Il a été complété icj par des considérations et des observations nouvelles. Finalement il a été soumis à une révision et à des modifications importantes, dans Y Iconographie ophtalmologique, p. 119 et suivantes, où il a été illustré par une planche entière (pi. XIII) et une figure (fig. 6) de la planche XI.
14. — Des amauroses chlorotique et asthémque et de leurs complications.
(Journal des connaissances médico-chirurgicales, 1840, p. 221 etsuiv.)
L'observation la plus intéressante de ce travail, relative à une amaurose rétinienne inflammatoire et exsudative, siégeant sur un individu épuisé par des hémorrhagies et arrivé au dernier degré d^asthénie, a été reproduite dans Y Iconographie ophthalmologique, p. 770, obs. 272, pi. LXXVIII* iig. 6. Ce fait confirme l'opinion émise depuis longtemps par l'auteur dans ses leçons cliniques : que les amauroses asthéniques sont infiniment plus rares que les amauroses hypersthéniques, congestives, inflammatoires, etc., et que les premières sont le plus souvent consécutives à ces dernières, et symptomatiques de la pression exercée par les vaisseaux distendus sur les centres nerveux et la rétine. L'ophthalmoseope aussi est venu prouver l'exactitude de ces idées.
15. — Mémoire sur le glaucome. Bruxelles, 18ft2, in-8° de 260 pages.
(Public d'abord dans les Annales <Toculistique % t. V à VIII, 1841 à 1842,)
Cette monographie très-complète du glaucome, basée sur son étude clinique et anatomique, embrasse et divise le sujet de la manière suivante:
Description de la maladie d'après ses caractères anatomiques et physiologiques (§§ II àX); sa marche et ses terminaisons, son traitement et son pronostic ($§ XI et XII) ; des causes du glaucome (§ XIII); de la cataracte glaucomateuse (appelée à tort cataracte verte) ; de l'inutilité et des suites fâcheuses de son opération (§ XIV) ; de la cataracte lenticulaire verte opérable (§ XV) ; diagnostic différentiel du glaucome (§ XVI) ; observations de plusieurs cas d'opérations de cataracte glaucomateuse, et d'une cataracte non glaucomateuse mais analogue à celle-ci par la désorganisation commençante de la choroïde (§XVII); quelques observations choisies de glaucomes de différentes espèces, à l'appui de ce qui a été dit dans le texte du mémoire (§ XVIII); anatomie pathologique du glaucome (XIX); application du résultat des dissections à l'explication de la teinte verte du fond de l'œil dans cette maladie (§ XX) ; observations choisies de dissections faites par différents auteurs et rapportées textuellement (§ XXI); observation et dissection, par l'auteur, de deux cataractes glaucomateuses offrant des altérations rares, mais qui confirment en général tout ce qui a été dit jusqu'ici (§XXII) ; observations de glaucomes sur des animaux (§ XXIII) ; recherches historiques et critiques sur le glaucome, d'après l'étude des auteurs qui en ont parlé depuis l'époque hippocratique jusqu'à nos jours (§§ XXIV et XXVII, qui, par une faute typographique, portent les numéros XXV et XXVIII) ; sur le sens du mot glauque (glaukos) chez les anciens, et sur la signification primitive du mot glaucoma en médecine oculaire (§§ XXVIII à XXX, réellement XXIX à XXXI); résumé et conclusions (§ XXXII).
Ce n'est pas sans intention que nous avons indiqué avec autant de détail le contenu de cette volumineuse monographie. Le glaucome joue aujourd'hui un très-grand rôle en ophthalmologie, à cause de sa curabilité par l'irideetomie; mais quand on parle de guérisons de cette maladie par une opération, il ne s'agit plus du glaucome arrivé au plus haut degré de son
développement et offrant les caractères anatomiques tracés dans le mémoire cité et surtout dans ses paragraphes IH % à VI et XVIII. Le glaucome dont on obtient aujourd'hui la guérison par une opération, non toujours mais du moins dans un certain nombre de cas, est tantôt une tout autre maladie, tantôt la même maladie observée seulement dans ses premières périodes où, en place f des profondes altérations organiques décrites dans ce mémoire, elle n'offre encore que des caractères fonctionnels et des modifications anatomiques beaucoup moins graves, accompagnés du phénomène de Y excavation de lapapille optique, phénomène dont on fait aujourd'hui le caractère pathognomonique du glaucome, mais qui ne lui appartient pas exclusivement et se présente aussi dans des maladies oculaires d'une nature différente
16. — Noie sur le chémosis séreux comme symptôme des tumeurs furonculaires des paupières.
(Journal des connaissances médicales pratiques, 1843, et Annales doculis tique y 1843, t. IX,
p. 217 et suivantes.)
Par un singulier hasard, il avait échappé à l'attention des praticiens et des auteurs sur les maladies des yeux, que l'orgeolet et les tumeurs furonculaires palpébrales sont très-fréquemment accompagnés d'un gonflement œdémateux des paupières, qui s'étend à la conjonctive oculaire sous forme de chémosis séreux ou œdème aigu, et y masque la tumeur primitive, qui alors est fréquemment méconnue. L'auteur- met en lumière celte complication qu'il a souvent observée, indique le traitement qu'elle exige, et apporte à l'appui une observation détaillée.
17. — Leçons cliniques sur les lunettes et les états pathologiques consécutifs à leur usage irrationnel. Première et deuxième parties. {Presbytie et myopie.) Bruxelles, 1848, 142 pages iii-8\
(Publiées d'abord dans les Annales (foculistiquc, t. XIII à XVI II, 1845 i 4847. )
Traduction anglaise par le \f Henry W. Williams. Boston , 1850, 202 pages in-8\ L'étude des affections de la réfraction et de l'accommodation de l'œil
humain, ainsi que l'emploi des lunettes ef les règles qui en régissent le choix, avait été de tout temps abandonnée, par les médecins, par les chirurgiens et même les oculistes, aux opticiens qui procédaient d'après une routine irrationnelle et arbitraire. Il en résultait un grand dommage pour les malades, dont les lunettes, prises au hasard, souvent trop tôt et presque toujours d'un numéro trop fort, fatiguaient et affaiblissaient de bonne heure la vision. Les échelles de la graduation des lunettes convexes et concaves, dans les ouvrages sur les maladies des yeux antérieurs a 1845, partaient d'un numéro trop élevé, c'est-à-dire trop puissant. Pour les verres convexes, par exemple, elles débutaient par le numéro 48, d'où elles descendaient immédiatement au numéro 24. Dans l'ouvrage ci-dessus indiqué, M. Sichel a essayé de fixer les principes rationnels d'après lesquels on doit choisir les lunettes.
Après avoir démontré, par des raisonnements physiologiques et pathologiques, la réalité, encore en partie contestée alors, de l'existence du pouvoir d'accommodation de la vue aux différentes distances, il part d'un principe physiologique et pathologique, résultant de l'expérience de tous les jours, ipais méconnu et négligé jusqu'alors et même encore aujourd'hui, à savoir: que le pouvoir accommodatif doit être exercé constamment et alternativement dans ses deux sens opposés, de loin et de près, sous peine de s'altérer et, finalement, de se perdre. Or, les lunettes faibles laissent encore subsister à un certain degré ce pouvoir; les verres trop puissants, au contraire, l'entravent, l'affaiblissent et finissent même par l'anéantir.
C'est en se basant sur ce raisonnement, appuyé d'une longue expérience, que l'auteur a établi une échelle ou graduation nouvelle des lunettes, qui prend son point de départ de numéros beaucoup plus élevés, c'est-à-dire plus faibles, en commençant, par exemple, dans les verres convexes, par le numéro 96, tandis qu'avant luf on débutait tout de suite par les numéros 48, 36 ou 30.
En même temps, en partant toujours du principe de la nécessité d'exercer constamment le pouvoir accommodatif dans ses deux sens opposés (ou, comme on dirait aujourd'hui, d'alterner fréquemment son exercice, c'està-dire la vision de près, avec son repos, c'est-à-dire la vision de loin), l'auteur indique les préceptes d'hygiène d'après lesquels il convient de
gouverner la vue, particulièrement pendant les occupations que notre civilisation impose à tout le monde, et surtout aux personnes adonnées à une vie sédentaire et au travail assidu sur de petits objets. II expose en outre les différents états de la réfraction oculaire :
1° La presbytie ; sa complication avec la conjonctivite ; son développement brusque; l'amblyopie presbytique (presbamblyopie, asthénopie, fatigue de l'accommodation chez les presbytes), ses variétés, ses complications et son traitement ; la presbytie comme cause de névralgies oculaires , la myiodopsie (vision de mouches volantes) produite par la presbytie ; les effets nuisibles des verres trop forts et l'amblyopie qu'ils produisent, ainsi que le traitement de celle-ci ; l'amblyopie presbytique congéniale (symptomatique de l'état de réfraction qu'on appelle aujourd'hui hyperpresbyopie ou hypéropie), son traitement et ses variétés.
2° La myopie, autant acquise que congéniale ; l'amblyopie qui accompagne celle-là ; les règles d'hygiène oculaire à employer dans celle-ci, et le choix des lunettes; la myopie symptomatique de maladies oculaires; la myopie progressive et son plus haut degré, l'amblyopie et l'amaurose myopiques; la myiodopsie amenée par la myopie et parles lunettes concaves trop fortes ; la copiopie (fatigue de l'accommodation chez les myopes) ; les complications delà myopie; l'action des verres concaves dans cette affection;
Dans aucun ouvrage sur ce sujet, même des plus récents, l'hygiène oculaire et la conservation delà faculté d'accommodation n'ont été autant prises en considération. On est même aujourd'hui en général revenu à l'usage des lunettes trop forles, d'où résulte un notable dommage pour l'organe de la vue. Nous nous réservons de traiter ailleurs celte question avec plus de détails.
18 à 25. — De la spinthèropie ou synchysis étincelant.
Ce n'est que de 1845 que date la connaissance exacte de cette curieuse maladie, dont le phénomène pathognomonique est l'apparition, dans le fond de l'œil vivant, d'un scintillement qu'on a d'abord attribué à un état particulier des cellules hyaloïdiennes , et dont M. Siebel a de
prime abord cherché la cause dans l'existence de paillettes matérielles, espèfce de petits miroirs flottant dans le corps vitré. II a été plus tard prouvé que ces paillettes sont de véritables cristaux de choïestérine, mobiles dans ce corps. De nombreuses observations publiées depuis lors par lui et par d'autres, M. Sichel a tiré la conséquence, qu'un état pathologique particulier donne lieu à cette sécrétion de cholestérine, et que celle-ci est toujours précédée ou accompagnée de congestion ou de phlegmasie des membranes oculaires internes, de cataracte traumatique ou opérée, d'amblyopie, d'amaurose, etc. Du moins les cas de spinthéropie, sans autre affection oculaire antérieure ou concomitante, sont-elles extrêmement rares.
Le nom de spinthéropie {scintillement de la vue, de spinther, étincelle, et ops, vision) a été imposé à la maladie par l'auteur, qui a consacré à cette affection les articles suivants :
18. — Recherches sur la formation de paillettes mobiles et luisantes
dans le corps vitré.
{Journal de chirurgie, par Malgaigne, décembre, 1845, p. 356, et Annales cToculis tique,
t. XV, 1846, p. 167.)