‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 3 sur 6 · A - CULTURE · texte numérisé non relu

A - CULTURE

Les travaux de cette nature présentent de l'intérêt à plus d'un point de vue : surtout si on les combine, ainsi que je l'ai fait, avec des recherches anatomiques, physiologiques et taxinomiques.

Il s'agissait d'abord d'examiner le côté mécanique de l'influence du milieu, voir par quel moyen direct ou détourné l'intensité de l'éclairage, l'humidité relative de l'air, etc., agissent sur la forme et sur la structure de la feuille et de la tige. Toutes ces actions, quelque singulier que cela puisse paraître, peuvent être ramenées en dernière analyse à l'activité de la transpiration. La transpiration étant faible ou nulle, les entre-nœuds de la tige s'allongent, les feuilles restent petites, leurs parenchymes sont peu différenciés, les vaisseaux peu nombreux, les fibres ligneuses et libériennes rares ou nulles. Ce résultat est très important pour le maraîcher, parce qu'il lui enseigne le moyen de produire des légumes tendres,

c*est-à-dire autant que possible dépourvus des parties dures et filandreuses dont la présence abaisse considérablement la qualité de ses produits. Nous verrons un peu plus loin par quel procédé il pourra éviter le trop faible développement des parenchymes.

Il m'a été impossible de faire apparaître dans une plante, et par l'influence du milieu, un organe qu'elle ne possède pas naturellement, par exemple un seul poil sur une plante naturellement glabre ; malgré son caractère négatif, cette observation est d'une portée très grande pour l'appréciation de la valeur spécifique des caractères anatomiques. On voit, en effet, clairement quele degré de développement d'un organe ne saurait être invoqué comme caractère d'espèce, tandis que sa présence ou son absence déterminent nettement l'espèce, car il ne saurait y avoir d'intermédiaire entre ces deux cas.

Qu'il nous soit permis, enfin, d'appeler l'attention sur une série d'expériences qui a pour but de dévoiler les causes de la carnosité des plantes. En dehors de l'intérêt scientifique de cette question, il peut devenir utile d'exagérer autant que possible le développement des parenchymes et la quantité d'eau retenue dans les tissus. Ce but peut être atteint de deux manières différentes, par réchauffement du sol et par l'alternance des solutions faibles et concentrées dans lesquelles plongent les racines. Plus les solutions qui baignent alternativement les racines sont différentes quant à leur concentration, plus les plantes absorbent et retiennent d'eau, et plus leur floraison est tardive, circonstance dont le jardinier pourra tir.er parti et qui explique l'habitude des maraîchers de préférer pour les arrosages l'eau de pluie à l'eau de toute autre provenance.

Est-il besoin de dire que ces modifications recherchées dans la culture maraîchère peuvent devenir des défauts dans d'autres cas, par exemple dans la culture des plantes de serre? En même temps que j'indique les moyens de provoquer ces changements de structure, je désigne naturellement ceux qu'il faudra employer pour les éluder.

En résumé, j'ai pu déduire de ces recherches la règle suivante :

L'adaptation des végétaux au milieu ambiant n'est autre chose que la fixation, par la sélection, des caractères acquis par l'influence du milieu.

Les résultats de ces recherches ont été exposés dans trois mémoiresj dont deux ont déjà paru :

1. Des causes et des limites de la variation de structure des végétaux (Annales agronomiques^ t. IX, p. 4^1-510).

2. De V influence du milieu sur la structure des végétaux (En coUaboralion avec M. Viel.) (Annales de l'Institut national agronomique^ 3* année, 13 pages).

Un troisième mémoire, beaucoup plus étendu et accompagné de nombreuses figures, est prêt à l'impression.

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