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TRAVAUX SUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA STRUCTURE DE LA GRAINE

45. — Sur la structure et le développement du tégument séminal chez les Crucifères

{Bulletin de la Sociéié Botanique de France, 9 décembre 1892).

46. — Sur l'origine et la structure du tégument séminal chez des Capparidées, Résédacées, Hypéricacées, Balsaminées, Linacées {Bulletin de la Sociéié Botanique de franœ, 27 janvier 1805).

47. ~ Recherches aur le développement de la graine et en particulier du tégument séminal {Journal de Botanique, 1893, n« 1. 2, 4, 0, 8, 11, 13, 13, 10, avec 158 figures).

La constitution de la graine mûre avait été l’objet de nombreuses observations histologiques ; mais il n’en était pas de même pour l’origine de ses diverses parties, et en particulier de son enveloppe. Cette dernière est d’autant plus intéressante que sa diversité de structure, à la maturité, contraste singulièrement avec l’uniformité relative du tégument, simple ou double, de l’ovule avant la fécondation. L’enveloppe séminale provient-elle exclusivement de l’unique tégument ovulaire que possèdent la plupart des Gamopétales, ou bien des deux téguments chez les Dialypétales? N’y a-t-il pas aussi d’autres tissus de l’ovule qui concourent à sa formation?

La réponse à ces questions n’avait été donnée que pour un petit nombre de cas. Le dernier travail en date, dû à M. Brandza, semblait au premier abord, par l’ensemble des familles observées, fournir une contribution importante ;i

cette étude. Malheureusement, l’inexactitude de certaines conclusions, l’invraisemblance de plusieurs autres, étaient manifestes.

Ces raisons, ainsi que diverses remarques faites au cours de mes recherches embrj'Ogemques antérieures, m’ont amené à reprendre cette étude. J’ai choisi de préférence, parmi les Dialypétales et Gamopétales, des familles dont la graine est dite exalbuminée, ou pourvue seulement d’un albumen très réduit, parce que ce sont celles où les transformations des tissus tégurnentaires de . l’ovule, pendant son développement en graine, sont les plus profondes et les plus variées. L’origine des tissus a été suivie et exposée en détail, à partir de l’ovule non fécondé jusqu’à la maturité de la graine, dans les principaux genres des familles suivantes ; Crmifères, Capparidées, Résédacées, Hypéricaeées, Balsaminées, Imées, Malvacees, Borragmées, Labiées, Composées, Valérianées. Puis, mettant à profit, après les avoir vérifiées, les observalions faites antérieurement soit par d’autres auteurs, soit par moi-même sur d’autres groupes, i’ai formulé des conclusions générales, dontles principales sont les. suivantes :

1° Chez les Dialypétales dont l’ovule possède deux téguments, l’origine des diverses parties du tégument de la graine peut varier non seulement d une famille à l’autre, mais encore dans une même famille. Le tégument ovulaire interne est celui qui subit les modifications les plus profondes.

11 peut être entièrement écrasé, et l’assise scléreuse spéciale qui protège la graine dérive du tégument ovulaire externe (la plupart des Crûtes Balsaminées, etc.). 11 rsister en partie, et alors scléreuse provient de son externe (Capparidées, Résé¬

dacées, Hypéricacées, Linées, Malvacées, etc.). ,

2° Chez les Gamopétales dont l’ovule n’a qu’un seul tégument, la résorption

de cette enveloppe varie également d’une famille à l’autre et dans une même famille. Dans ce dernier cas, le degré de résorption caractérise parfois les tribus, comme par exemple chez les Borraglnées, les Labiées, etc.

3“ Un fait général, resté à peu près complètement inaperçu dans les travaux antérieurs, consiste en ce que, chez les familles dont la graine a été considérée jusqu’ici comme exalbuminée, il y a persistance, à la maturité, d'une assise au moins d’albumen à la face interne du tégument séminal. Celte assise, rapportée à tort au tégument ovulaire, n’est autre que l'assise périphérique de l'albumen. Toutefois, elle manque dans quelques familles ; mais, en suivant le développement de l’albumen, on remarque alors, ou bien que celui-ci ne s’organise jamais à l’état de tissu cellulaire, ou bien que ce dernier subit un arrêt précoce dans son évolution.

Cette assise intéressante se fait remarquer, au point de vue morphologique, par le contenu protéique très abondant de ses cellules, d’où le nom de « couche à aleurone » qu’on lui avait donné depuis longtemps, sans en connaître la véritable origine.

Au total, le choix des familles étudiées dans ces Mémoires, à partir du jeune âge de Tovule jusqu’à la maturité de la graine, montre à la fois la diversité d’origine du tégument séminal et ses nombreuses variations de structure, non seulement d’une famille à l’autre, mais dans les limites d’une même famille, ainsi que la persistance générale d’une partie plus ou moins réduite du tissu de l’albumen, formant la couche interne du tégument. Il est à présumer que les divers cas qui fourniront le sujet de nouvelles observations rentreront dans l’un de ceux qui ont été examinés dans ce travail.

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