II - COPULATION DES CELLULES MALE ET FEMELLE
Avant mes observations, les auteurs étaient unanimes pour admettre que la fécondation est un phénomène exclusivement nucléaire. On n’avait pas vu que, dans le tube pollinique, la cellule mâle possède deux sphères directrices dans un protoplasme qui lui est propre. D’autre part, ia structure de l’anthérozo'ide des Ciyptogames vasculaires, que nous savons être représenté, presque en totalité, par un noyau métamorphosé, avait fait croire que le protoplasme n’intervient pas ou n’intervient que d’une façon tout à fait secondaire dans le phénomène, comme support en quelque sorte des noyaux sexuels ou comme réserve nutritive dans l’œuf. La découverte des sphères directrices, qui sont de nature protoplasmique, et la façon dont elles se comportent dans l’acte de la fécondation, doivent faire abandonner cette manière de voir et restituer au protoplasme un rôle important.
J’ai montré que, dès la pénétration de la cellule mâle dans la cellule femelle, le contact s’établit d’abord entre leurs sphères directrices, qui sont au nombre de deux au contact de chaque noyau. Elles s’accouplent deux à deux ; puis les deux paires, constituées chacune par deux éléments d’origine différente, s’écartent l’une de l’autre pendant que les noyaux s’unissent à leur tour (Fig. I à5, p. 53).
Dans chaque couple, les sphères se fusionnent en une masse unique, où les deux centrosomes primitifs se confondent en un seul. Les deux nouvelles sphères seront l’origine des pôles du premier fuseau de division de l’œuf après la fécondation.
Pendant ce temps, le noyau mâle, fortement contracté, grossit au contact du noyau femelle; il n’y a pas fusion en un tout homogène des éléments chromatiques de ces noyaux; seules, les substances nucléaires solubles se mélangent
s’efface, durant la copulation nucléaire, entre les masses chromatiques du noyau mâle at du noyau femelle.
Le phénomène de la fécondation consiste donc essentiellement, non seulement dans la copulation de deux noyaux spécialisés, d’origine sexuelle différente, mais aussi dans la fusion de deux protoplasmes également d’origine différente, représentés essentiellement par les sphères directrices de la cellule mâle et de la cellule femelle.
H. Fol a constaté, presque en même temps, chez un Oursin, des phénomènes qui sont essentiellement les mêmes.