‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 2 sur 4 · LE TBA1TEMENT DE LA PHTHISIE PULMONAIUE · texte numérisé non relu

LE TBA1TEMENT DE LA PHTHISIE PULMONAIUE

La Cure sulfureuse crée chez le tuberculeux pulmonaire un tempérament nouveau, sorte de tempérament sanguin, qui s’oppose à la marche envahissante de la maladie.

Elle réveille certaines manifestations diathésiques plus Ou moins eteintes — migraines, hémorrhoïdes, asthme — dont la réapparition retarde l’évolution tuberculeuse.

Ses effets curateurs se manifestent plus ou moins tardivement.

Incubation médicamenteuse. — Dans les maladies chroni-

ques et constitutionnelles, on comprend très-bien qu’un temps d’incubation plus ou moins long soit nécessaire pour que le médicament employé produise tous ses effets. Comme] de ce médicament doit être profonde et durable, il faut qu’il imprègne l’économie tout entière, et qu’il produise, dans la nutrition et l’innervation spéciales de l'organe plus particulièrement lésé, des modifications telles que la guérison puisse être obtenue. Tout médicament, avant d’agir, ne subit-il pas, au sein de l’organisme, cette incubation dont je parle ? D'après la nature du médicament lui même, et aussi d’après la nature de la maladie que l’on traite, la durée de l’incubation est variable sans doute ; mais pour tous les médicaments qui vont loin dans l’économie et s’adressent S une diathèse, celte incubation est la règle.

L'effet salutaire d’un antispasmodique ne se fait pas attendre, il est vrai ; mais si l’éther soulage ou guérit vite, c’est qu’il s’adresse à un symptôme éphémère, sans grandes racines dans l’organisme; aussi, son action est-elle éphémère comme le mal lui-même, et ne prévient-elle pas le retour d’accidents semblables. Au contraire, les médicaments qui vont plus loin, qui s’adressent au fond même de l’organisme vivant, qui vont toucher à la trame même des différents organes, à ce tissu cellulo-Js vasculaire qui, selon M. Andral, empruntant une expression de Bichat, «est le canevas commun où doivent venir également se >• déposer et les matériaux ordinaires des nutritions et des « sécrétions normales, et les éléments morbides des nutritions « et des sécrétions anormales », ces médicaments ont besoin de séjourner quelque temps au sein de l’organisme, d’y dormir . en quelque sorte, et d’y attendre l’heure propice à laquelle l’économie, consentant à se les approprier, réagit contre la maladie et fait taire les manifestations morbides. N'est-ce pas là le mode d’action de l’arsenic, du mercure, de l’iodure de potassium, ces grands modificateurs de la dartre et de la syphilis ? L’incubation de ces médicaments, au sein de l’organisme, n’est-elle

eaux minérales appropriées sont cependant les plus puissants modificateurs des états morbides constitutionnels, qui tiennent

sous leur dépendance les diverses maladies que je viens de citer. Mais tout le monde sait aussi que, pour modifier avantageuse¬

ment ces états morbides généraux, il faut choisir les moments de repos dont parle Bordeu, et que le médecin hydrologue doit

minérales de la station, avec l'aménagement des Établissements et leur technique instrumentale.

o. Les Bronchitiques goutteux aux Eaux-Bonnes

/■Annales de la Société d’hydrologie.

Discussion sur le traitement de la goutte articulaire par les Eaux minérales.

Je résume ce travail, qui s’appuie sur un certain nombre d’observations, de la façon suivante :

Les affections des voies respiratoires, chez le goutteux articulaire, — bronchite, asthme., phtisie, — sont tributaires des Eaux-Bonnes, lorsqu’elles revêtent la forme catarrhale.

Les caractères de la bronchite, de l’asthme et de la phtisie, — la durée, la périodicité, les localisations, l’étendue et la profondeur des lésions, l’élément catarrhal primant l’élément congestif et spasmodique, etc., —fournissent, au point de vue du choix de la cure thermale, des indications plus précises et moins trompeuses que les caractères toujours incertains, tirés de l’état général du malade.

Les Eaux-Bonnes n’ont eu aucune influence fâcheuse sur la marche de la goutte articulaire.

D’une façon générale, je me refuse à admettre que le traitement de la goutte incombe à une seule classe d’Eaux minérales ; qu’il n’y ait que les Eaux à minéralisation forte, et à base sodique, qui soient susceptibles de redresser la nutrition déviée, et qu’elles soient les seules, dont l’action soit profonde et constitutionnelle.

Je l’ai déjà dit, et je le répète : Yunicité du traitement me parait étrange, quand il s’agit d’une maladie aussi générale, aussi changeante, aussi protéique que la goutte. La genèse de là maladie ne nous est pas connue ; ses origines sont à coup sûr multiples, ses déterminations organiques aussi soudaines et

aussi nombreuses que variées ; sa thérapeutique!

: saurait être

uniforme.

Je laisse à d’autres le soin de dire et de montrer si, en dehors des Eaux à alcalinité forte, il n’en existe pas qui puissent modifier la nutrition générale de telle sorte qu’elles deviennent, à leur tour, de puissantes modificatrices de la dyscrasie goutteuse. Mais ce-qui me paraît hors de doute, c'est que, suivant son âge et sa forme, suivant l’appareil ou le viscère qu’elle touche, la goutte est tributaire des médications les plus diverses. Les variétés de la modalité clinique entraînent nécessairement la diversité des méthodes thérapeutiques.

Je ne réclame pas pour les Eaux sulfureuses sodiques le traitement de la goutte articulaire ; je crois qu’elles n’ont rien à faire pour prévenir ou guérir la goutte franche et régulière : mais je réclame pour elles certaines affections, qui frappent les hronches et les poumons du goutteux. Plus ces affections seront profondes et tenaces, plus elles revêtiront la forme catarrhale, plus elles entraveront la marche régulière de la goutte, le retour ’ périodique de ses accès articulaires, plus elles seront localisées et fixées sur un point du parenchyme bronchique ou pulmonaire, plus l’indication des sources sulfureuses devient précise et formelle, plus la médication sulfureuse est suivie de résultats heureux et durables.

6. De la bronchite sèche et de son traitement par les Eaux minérales

Annales d’hydrologie, 1899.

La bronchite sèche chronique n’est pas une entité déliuie. Elle est ce que sa cause veut qu’elle soit.

Auto-infectieuse chez les arthritiques, elle se présente sous deux formes : la forme congestive catarrhale, et la forme congestive nerveuse.

Infectieuse spécifique chez les tuberculeux, elle est fonction

de divers états organo-pathiques : adénopathies péritrachéobronchiques, pleurites et congestions pulmonaires pré-bacil-

Les indications thérapeutiques de la cure hydrominérale se tirent exclusivement du malade : car c’est lui seul qui fait et conclut sa bronchite.

S’il n’est qu’un susceptible , s;il n’est pas encore un altéré, et s’il juge ses rhumes par coction, les Eaux sulfureuses sont indiquées; elles seront à la fois préventives et curatives.

S’il est plus nerveux que catarrheux, s’il fait et termine sa bronchite à l’état de crudité , il ira demander sa guérison aux Eaux bicarbonatées arsenicales.

A plus forte raison, demandera-t-il secours à Royat ou au Mont-Dore, s’il est emphysémateux ou asthmatique.

Quant aux bronchitiques secs, qui sont des adénopathiques , ils sont essentiellement tributaires de la médication sulfureuse, de celle des Eaux-Bonnes en particulier.

Page 1