BOTANIQUE RURALE
(N- I, 7, iO, 16, 20, 5‘>, 73. 74, 7G, 80, 88, 89, 93, 93, 103, 105, 106, 112.)
Matériaux pour la flore de France.
Au début de ses études botaniques, M. Cornu s’est occupé des plantes phanérogames, sous la direction de M, Chatin, dont il a suivi pendant plusieurs années les herborisations et les voyages botaniques. Secrétaire de la session extraordinaire tenue par la Société botanique de France à Pontarlier, il a rédigé des rapports sur les excursions dans les montagnes, notamment sur 1 herborisation à la Rôle et aux environs des Rousses, et fourni des listes de Cryptogames (7).
Les plantes phanérogames de la France sont maintenant tout à fait connues ; les travaux sur ce sujet deviennent de plus en plus rares, c’est ce que témoigne le Bulletin de la Société botanique de France. Cette Société, fondée en 1854, pour concentrer les efforts des botanistes français vers l’étude et l’achèvement d’une llore de France, a rempli une partie de son programme; pour la pbanérogamie le but est atteint. Il n’en est pas de même pour la cryptogamie, qui réclame les efforts de tous ses membres.
M. Cornu a dirigé ses travaux dans cette voie : il a fait part à la Société des récoltes qu’il faisait près ou loin de Paris; il s’est occupé à peu près de toutes les branches de la cryptogamie. Il a signalé des Algues rares ou nouvelles pour la flore de France (6, 20, 11), des Characées peu communes avec une méthode facile pour les récolter et les préparer (16, et Bull. Soc. bot., 1871, p. 157); il a découvert plusieurs espèces importantes et a notamment fait connaître des stations nombreuses de
[’lsoetes immsima (n" 1), curieuse Lycopodinée, qui n’était indiquée que dans une seule localité, oii elle est menacée de disparaître.
Il a fait de nombreuses excursions et des voyages spécialement affectés il la récolte et il l’étude des plantes cryptogames, soit seul, soit en compagnie de MM. RozeetQuélet, soit avec la Sociélé botanique; il y a rencontré bon nombre d’espèces intéressantes, quelques-unes ont été décrites par M. le D' Quélet (voy. Sesâoh Mycol. 1877); Omphalia Cornui, Helvella copucina; il a conservé le dessin des types les plus importants. Ces dessins, au nombre de plus de six cents, forment une collection assez notable, base d’un travail sur la flore cryptogamique de France (113); comme secrétaire des sessions mycologiques de 1876 à 1877, il a publié les listes des récoltes faites aux environs de Paris dans sept excursions ; il a donné en outre çà et là quelques indications sur les espèces qu’il a rencontrées, elles sont citées (52, 73, 74, 103, 105); d’autres n’ont fait l’objet dans le Bulletin que d’une courte mention et se retrouveraient en compulsant les volumes.
Parmi les cryptogames difficiles et d’un intérêt spécial auxquelles il s’est attaché, on peut citer les champignons hypogés (73, 80, 103) ; il- a pu recueillir plusieurs espèces de divers genres et notamment une espèce nouvelle pour la flore de France, \Hxjmenogaster mutkm, que M. Tulasne n’avait pas rencontrée.
Toutes ces indications sont peu susceptibles d’analyse.
l.a récolte et l’étude des plantes vivantes est certainement la seule méthode qui puisse conduire à la connaissance des végétaux inférieurs. Les collections sèches ne peuvent rendre de services réels que quand on est déjà très-familiarisé avec les espèces vivantes ; pour se préparer à l’étude des espèces exotiques, il n’est pas d’autre moyen.
Excursions publiques.
M. Cornu s’est efforcé de propager le goût de la récolte et de l’étude des plantes inférieures ; il a inauguré des herborisations qui ont été laites pendant trois années, et dont les élèves ont vivement regretté la suppression.
TECHNIQÜE DU MICROSCOPE
Amélioration des préparations microscopiques.
On sait combien il est nécessaire de pouvoir conserver les préparations microscopiques, base unique d’un grand nombre de recherches les plus importantes.
La glycérine, qui est le liquide le (ilus employé pour rendre transparentes les préparations et les conserver, possède le grave inconvénient de contracter les éléments cellulaires ; les sections des tissus un peu délicats sont perdues, ou du moins très-allérées quand on en fait usage.
L’auteur a trouvé que l’acide acétique cristallisable offre la propriété importante (n" 70), de permettre l’addition de la glycérine, qui alors ne détermine plus aucune contraction. Le contenu des cellules est détruit, mais la paroi subsiste sans déformation ; cette destruction est bien plus complète que par la potasse, elle ne donne Heu à aucun composé opaque et brun ; cette action et la précédente sont très-précieuses pour l’étude du point végétatif, des segmentations de la cellule terminale,etc., etc. ; car on peut garder la préparation dans la glycérine sans la déplacer.
L’acide acétique chasse l’air emprisonné dans les tissus, entre les ramifications et les spores des moisissures, et pour ces dernières il rend de véritables services, quand il précède une addition de glycérine.
Cet acide était cependant proscrit par Schacht dans son 7’mVé du
mkroscope. Il permet également l’emploi d’un liquide siccatif à base de gomme et de glycérine, donnant une sorte de vernis et assez utile pour la confection de cerlaines préparations (Id.).
Pour les préparations dans les liquides, M. Cornu a fait construire un instrument nouveau, à pinceau mobile, décrit dans un ouvrage spécial sur le sujet (n" 14), en collaboration avec MM. Groenland et Rivet. Cet instrument vulgairement nommé tournette, est d’un prix relativement modique et permet en outre de tailler les verres circulaires dont le prix est fort élevé d’ordinaire. On trouvera dans ce livre une méthode pour tailler des lames rigoureusement égales : ces indications ont pour but de rendre accessible à tous, en les rendant économiques, la confection des préparations microscopiques;les collaborateurs ont fourni d’utiles renseignements sur les autres points.
■ Le travail relatif à l’action des matières colorantes (109), permet un certain nombre d’applications ii l’étude du protoplasma et des tissus végé-
Photographie micrographique.
L’auteur s’est occupé depuis longtemps à reproduire photographiquement des préparations microscopiques pour eu conserver le souvenir ou le dessin; il a fait de nombreux efforts dans cette voie, en collaboration avec M. Alfred Cornu, son frère, au point de vue soit de la botanique soit de l’optique photographique.
Mais les résultats importants ne sont pas ceux qu’on serait tenté d’y chercher au premier abord ; la photographie doit rester en grande partie une méthode d’étude; elle fournit des matériaux qu’on utilise ensuite à loisir ; elle permet de comprendre et de comparer aisément les groupements cellulaires compliqués, l’agencement confus et embrouillé des faisceaux, que le dessin le plus patient fausse et ne rend qu’incomplètement : les recherches d’anatomie pure y trouvent un très-utile auxiliaire.
Quelques clichés ont été mis sous les yeux de l’Académie des sciences. (H3, v.p. 25).