‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 20 sur 41 · HYGIÈNE INTERNATIONALE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE INTERNATIONALE

Conférence sanitaire internationale de Rome.

(Mai 1885.)

Conférence sanitaire internationale de Venise.

(Annales d’hygiène, 1892).

Le 20 juin 1892, j’ai résumé ainsi devant l’Académie des sciences les bases de notre système de protection contre le choléra.

« Jusqu’à ce jour, le système adopté pour préserver l’Europe contre l’invasion des maladies pestilentielles, notamment contre le choléra, a été celui des quarantaines, inauguré à Venise au xv" siècle. On isole les passagers provenant des régions contaminées dans des espaces clos appelés lazarets, et l’on désinfecte les hardes et les objets suspects par l’aération prolongée ou par des vapeurs considérées comme douées de propriétés désinfectantes.

» Ce système apporte de grandes entraves au commerce et soumet les voyageurs à une séquestration incommode et parfois prolongée. Dès que la navigation est devenue plus rapide, et surtout dès que le tonnage des navires a augmenté, les difficultés d’application se sont multipliées. On peut retenir dans un lazaret trente ou quarante passagers débarquant d’un bateau à voiles ; il est presque impossible d’être organisé pour isoler mille ou douze

cents personnes, pour les surveiller, les nourrir dans des conditions acceptables.

» Des récriminations de plus en plus violentes se sont élevées contre le système quarantenaire. Des Conférences sanitaires successives se sont réunies pour l'améliorer : à. Paris, en 1851 ; à Constantinople, en 1866; à Vienne, en 1874; à Rome, en 1885. Toutes ont échoué. Celle de Venise, réunie en janvier 1892, a réussi. Depuis dix jours la convention est revêtue de la signature de tous les ministres plénipotentiaires des puissances européennes. Il ne manque plus que la ratification définitive.

» C’est le système préconisé par les délégués français : MM. Barrère, ministre plénipotentiaire, Proust, Catelan et moi, qui a été adopté à Venise. Avec M. Rochard, nous en avions déjà défendu à Rome, en 1885, les parties principales.

» Je désire résumer devant l’Académie les principales conditions de l’accord intervenu, car la convention a pour base les récentes conquêtes de l’hygiène.

» 11 est établi que les germes du choléra sont contenus dans les déjections des malades, dans les linges souillés ; que ces germes ' y conservent une vitalité très longue, qui parfois a dépassé

» Au lieu d’attendre que le temps, l’air, le .soleil les aient fait périr, nous voulons que ces germes soient rapidement et effectivement détruits, avant de pénétrer, en Europe. Nous possédons, pour opérer cette destruction, des étuves à désinfection par la vapeur sous pression, dont l’efficacité a été expérimentalement démontrée par le Comité d’hygiène, et pratiquement, il y a deux ans, lors de l’épidémie de choléra en Espagne. Nous avons à cette époque, à la frontière des Pyrénées, désinfecté le linge des voyageurs, retenu dans des maisons d’isolement les cholériques et les suspects : le choléra n’a pas pénétré en France.

» Depuis six ans, M. Proust et moi, assistés par M. Nicolas, directeur au ministère du commerce, puis par M. Monod, directeur au ministère de l’intérieur, avons demandé que les navires aient à bord un médecin et une étuve à désinfection, de façon que

tous les objets susceptibles d’être souillés soient désinfectés pendant la traversée, avant l’arrivée au port.

» C’est ce système qui a triomphé à Venise. »

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