Discussion sur l'alcoolisation des vins
(Académie de médecine, 29 juillet 1886; Annales d'hygiène, 1886.)
Après avoir montré que le vin est un aliment, j'ai insisté sur ce fait que le vinage à 16’, tel qu’il était demandé, entraîne le mouillage, l’emploi des colorants, etc. J’ai montré que l’addition de deux degrés d’alcool semblait au contraire sans inconvénient.
5. — Commission extraparlementaire des alcools. — Rapport au nom de la commission technique et d'hygiène.
De la consommation de l'alcool dans ses rapports avec Fhygiène.
(Par P. Brouardel et Gabriel Pouchet, Comité consultatif d’hygiène , 1888 : Annales d’hygiène, 1888.)
Après avoir étudié le rôle des diverses impuretés dans l’alcool consommé, j’ai insisté sur l’accroissement des accidents dus à l’alcoolisme, sur les troubles intellectuels qui en sont la conséquence, sur la fréquence des suicides chez les alcooliques, sur la criminalité (plus des deux tiers des criminels sont des alcooliques); j’ajoutais :
« Qu'il nous soit permis, en terminant, d’appeler l'attention sur un autre ordre de considérations. L’alcoolique, nous nevoulons pas dire en ce moment celui qui est malade, mais bien celui qui fait un
usage un peu exagéré et journalier des liqueurs fermentées, est un être affaibli cérébralement. Il n’a aucune résistance devant une tentation même assez faible; il ne sait pas réfléchir ou prévoir. Chacun de nous a vu des individus excités par la boisson ; ce qui fait l’étrangeté parfois bouffonne de ces individus, c’est que l’acte suit immédiatement l’idée; la période de réflexion est supprimée : l’homme ivre voit un fossé, il n'en calcule pas la largeur, il saute, atteint le bord ou tombe au fond, peu lui importe. L'alcoolique procède de même ; une idée traverse son esprit, l’acte suit, honnête ou malhonnête suivant l’inspiration, l’instinct ou la sollicitation temporaire. C’est un affaibli cérébralement, ayant encore la puissance physique pour accomplir un acte, n’ayant plus la puissance mentale nécessaire pour en concevoir les conséquences. C’est au point de vue social un être dangereux ; au point de vue familial, c’est un être malfaisant. On calcule volontiers la somme que l'État encaisse par 1 impôt de l'alcool, il faudrait en déduire ce que coûte à la commune la famille de l’alcoolique ruinée, ses enfants dégénérés, infirmes, scrofuleux, épileptiques, voués à l’asile.
» Cette invasion de l'alcoolisme doit donc apparaître aux yeux de tous comme un danger public, et il est nécessaire d’essayer d’inculquer aux masses cette vérité que, dans le monde, l'avenir appar-
I). — Traitement par le sulfate de cuivre des vignes atteintes de la maladie du mildew.
(Conséquences de ce traitement pour la santé publique. Comité d’hygiène, 7 juin 1886.)
De l’enquête à laquelle je me suis livré, j'ai conclu :
Les documents et les analyses publiés jusqu’à ce jour n’autorisent pas à croire que le procédé préconisé par M. Millardet pour combattre le milieu) de la vigne (traitement de la vigne par un mélange de sulfate de cuivre et de chaux) présente un danger pour la santé publique. 11 n’y a donc pas lieu d’en interdire l’emploi.