Élude sur la submersion
(P. Brouardel et Ch. Vibert, Annales A'hyglène, 1880.)
Recherche des causes de la fluidité du sang chez les noyés.
Pénétration de l’eau dans le sang.
Nous avons établi expérimentalement que pendant la submer-
sion (forme prolongée) l’eau pénètre dans le sang. En comptant la richesse du sang en globules chez les animaux, avant et après la submersion, nous avons trouvé qué pendant celle-ci la richesse globulaire avait diminué d’un tiers ou d’un quart.
Exemple : Chien adulte, mort par submersion en vingt-cinq minutes.
Avant l’expérience, 6 300 00» globules par millim. cube.
Après l’expérience, 4 300 000 — —
Dans la submersion rapide, trois ou quatre minutes, cette diminution n’a pas le temps de se faire.
Par quelle voie pénètre l'eau ? Après ligature de l’œsophage nous avons établi que l’eau pénétrait principalement par la surface pulmonaire.
Nous avons noté la présence d'ecchymoses sous-pleurales décolorées, l’altération rapide des cellules de l’épithélium pulmonaire (dégénérescence granulo-graisseuse).
Nous avons trouvé dans ces expériences l’explication des lésions notées chez les noyés, la fluidité du sang, la rapidité de la transsudation de la matière colorante du sang dans tous les tissus chez ceux qui meurent par submersion lente, l’absence de ces caractères microscopiques chez ceux qui succombent brusquement.