Recherches expérimentales sur la mort par submersion
(l>ar P. Brouardel et P. Loye, Archives de physiologie, 1889.)
Nous avons pu, par un dispositif spécial, distinguer cinq phases dans la submersion brusque :
l r ® phase de surprise.
2 e — de résistance à la respiration et d’agitation. 3 e — des grandes respirations avec arrêt des
10 secondes.
L’arrêt de la respiration (2 e phase) n’est pas dû à l’occlusion glottique : elle est la même après trachéotomie; elle est due h l’immobilisation des parois thoraciques. Cette résistance est mise en jeu par l’action du liquide ambiant sur les nerfs sensibles de la peau, des muqueuses naso-pharyngienne et trachéo-laryngo-bronchique. La mort dite par syncope chez les noyés est due à la prolongation de l’action inhibitoire consécutive à l’excitation des nerfs cutanés nasaux et laryngés.
Nous avons établi par expérience que l’eau peut pénétrer au premier moment dans une inspiration de surprise, mais qu’elle pénètre tout a coup en grande quantité des que la période de résistance cesse.
Les expériences faites sur la circulation et l’état du sang confirment celles du mémoire que nous avions publié avec M. Vibert.
b. — Recherches sur tempoisonnement par l’hydrogène sulfuré.
Nous distinguons deux formés dans cet empoisonnement : 1” forme foudroyante (plomb des vidangeurs), elle semble due à une action sur les centres nerveux ; 2° forme lente : aux accidents nerveux se joignent des phénomènes que nous croyons pouvoir rapporter à l’asphyxie.
C’est la proportion d’hydrogène sulfuré dans l’air inhalé qui règle la marche de l'empoisonnement. Un chien est tué en deux minutes après avoir respiré cinq litres d’un mélange à 2 p. 100; un autre chien succombe en 3/4 d’heure après avoir inhalé 100 litres d’un mélange à 0,5 p. 100. C'est donemoins de la quantité absolue que de la tension dans l’air qu’il faut tenir compte dans cet empoisonnement.
6. — Le laboratoire de toxicologie. — Méthodes d? expertises toxicologiques. — Travaux du laboratoire.
(Par P. Brouardel et J. Ogier. Paris, 1891, 1 vol. in-8, 224 p. avec 30 figures.)
Ce volume contient l’exposé des différentes méthodes suivies au
laboratoire pour la recherche des poisons et donne l’analyse des travaux faits dans le laboratoire par quelques-uns des élèves qui y ont été admis.
Des ptomaïnes. — Réactif propre à les distinguer des alcaloïdes végétaux.
(Par P. Brouardel et E. Boutmy, Annales d'hygiène, 1880.)
Conditions du développement des ptomaïnes.
(Par Brouardel et E. Boutmy, Acad, de méd., 14 juin 1881 ; Annales d'/tygienc, 188I) J
M. Armand Gautier avait, en 1873, indiqué en quelques mots que la putréfaction donnait lieu à la formation d’alcaloïdes, fixes ou volatils, ce que nous ignorions alors. Selmi avait plus explicitement signalé l’importance de ces alcaloïdes au point de vue médico-légal, ! Nous avions été charges de faire une expertise dans le cas suivant. Douze personnes avaient mangé d'une oie farcie : toutes avaient été malades, une était morte ; elle avait une maladie des reins. Nous avions trouvé dans l’oie et dans le cadavre de cette femme le même alcaloïde.
Nous avions conclu qu’il se forme au cours de la décomposition cadavérique certains alcaloïdes nommés ptomaïnes ; — qu’il existe plusieurs ptomaïnes différentes. Que, bien que ces alcaloïdes soient très instables, ils, peuvent avoir dans certains cas une fixité remarquable. Que ces ptomaïnes sont souvent très vénéneuses. Qu’elles peuvent se former, dans un temps très court, notamment dans certaines viandes (charcuterie, pâtés, etc.).
Dans la dernière note, nous avons montré que ia formation de ceS