SI
ptoniaïnes avait une relation avec le développement de certains gaz de la putréfaction ; en particulier qu'ils étaient plus abondants dès que l’oxygène disparaissait des tissus.
Enfin j’avais établi que dans certaines maladies, plus particulièrement dans les affections septiques, il peut se former pendant la vie des alcaloïdes analogues aux ptomaïnes.
■ J’avais rapproché ce fait de celui que j’avais établi en 1870 (Société médicale des hôpitaux). Dans certaines maladies, notamment dans la variole hémorrhagique, le pouvoir absorbant des globules sanguins pour l’oxygène diminue du tiers, parfois de moitié.
8. — Accusation d'intoxication par la colchicine. —Affaire R...
Acquittement. — Relation médico-légale.
Mwf'Vulpian, Schützenberger, Ogierlt Pouchet, ’lnnales d'hygiène, 1886.)
La question que nous avons eu à résoudre, celle de l’intoxication par la colchicine, était peu connue au point de vue des symptômes, des lésions, de l’analyse chimique. Sous ce rapport nous nous sommes heurtés, à la difficulté suivante :
Parmi les alcaloïdes connus, aucun ne présente les deux ou trois . réactions colorées que nous révèle l’analyse, mais comme il y a un grand nombre d’alcaloïdes inconnus dans leur existence elle-même, comme on sait qu’il s'en forme quelques-uns mal déterminés pendant la putréfaction, est-ce que ces réactions ne peuvent pas être communes à l'alcaloïde recherché et à cet alcaloïde inconnu ?
X... était accusé d’avoir empoisonné sa femme à l’aide de la colchicine.'Le juge d’instruction nous chargea, MM. Ougier, Pouchet et moi, de l’enquête médico-légale. Nous avions conclu :
« Les données fournies par l’observation des symptômes, par l’autopsie, par l’analyse chimique, sont en concordance avec l’hypothèse que la mort de madame X... a été causée par une intoxication résultant de l’ingestion d’une certaine quantité de colchicine ; mais nous ne pouvons affirmer scientifiquement, avec entière certitude, que cette hypothèse soit exacte. »
Le juge d’instruction nous commit de nouveau en nous adjoignant MM. Vulpian et Schtttzenberger. Nous avions conservé, depuis la première expertise, des débris d’un cadavre pris à la Morgue et nous servant de comparaison dans nos recherches, et avec MM. Vulpian et Schützenberger nous avons conclu ainsi :
« La réserve théorique formulée par MM. Brouardel, Pouchet et Ogier se trouve justifiée par l’une les expériences que nous avons faites pour servir de contre-épreuve. Dans cette expérience, en effet, avec des extraits provenant d’un cadavre qui ne renfermait pas de colchicine, les réactifs ont fourni des colorations, moins intenses il est vrai, mais analogues cependant à celles qui ont été observées sur les extraits du cadavre de madame X..., etc.