III. — Les deux zoïsites et l’épidote
Après avoir isolé et décrit [64] la zoïsite |3 et montré ses rapports avec la zamle j’ai été ramené à l’étude de ces silicates par la découverte d’une, association géométrique de zoïsite a et d’épidote [80]. Cette association se. rencontre dans une roche à prehnite, épidote et Zoïsite du fond du Queyras, récoltée par M. Kilian; elle résout d’une façon complète et définitive le problème, jusque-là controversé et resté obsotir, des rapports de là zôïsite et de l’épidôte.
Dans cette association, les deux ellipsoïdes de polarisation, celui de l’épidote, et celui de la zoïsite a, placent (à quelques degrés près) en coïncidence les trièdres trirectangles de leurs axes principaux,
«y (zoïsite a) étant à peu près parallèle à (épidote)
D’autre part, la loi des groupements de zoïsite a et de zoïsite ft est la suing (zoïsite a) parallèle à n s (zoïsite (3)
Rapprochant ces faits nouveaux
savions déjà sur la
zoïsite etl’épidote, j’ai montré que tout s’explique aisément par lé trimorphisme du silicate mixte H 2 Ca’(Al 2 , Fe 2 )*Si°0*“; les trois formes ayantà peu près le même réseau et, parsuite, à égalité de composition chimique, la même densité.
La première forme est la forme épidote. Rare dans les variétés peu ferreuses, elle devient la plus stable dès que la teneur en Fe 2 O s dépasse ^
La molécule semble être exactement binaire, et le réseau est presque exactement orthorhombique»
La deuxième forme est la forme zoïsite a. De même que la troisième, forme, elle est stable dans les variétés peu ferreuses, et se fait très rare dès que la teneur en Fe 2 0 J dépasse La molécule est triclinique, mais pseudo-rhombique, et même pseudo-quadratique. Le réseau n’est pas; rigoureusement le même que dans la première forme, mais la différence est assez petite pour que les deux réseaux puissent coexister dans le même édifice cristallin. L’ellipsoïde de polarisation est très différent.
La troisième forme est la forme zoïsite (3. Stable dans les mêmes conditions* de composition chimique que la deuxième forme, elle est moins fréquente. Le réseau semble être rigoureusement identique à celui de la zoïsite a. La molécule, certainement triclinique, est encore pseudo-rhombique, et même pseudo-quadratique. L’ellipsoïde depolarisation est très différent des deux
Ainsi, deux réseaux identiques (ceux des deux zoïsites), et un troisième réseau (celui de l’épidote) très peu différent; trois ellipsoïdes de polarisa-, tion nettement dissemblables, mais orientant cependant, à quelques degrés. près, suivant les trois mêmes directions, leurs axes principaux : tel est, en résumé, ce trimorphisme, qui mérite, par sa netteté, de devenir classique.
Je crois que, si nous savions reproduire le .silicate alumineux pur, è.t le silicate ferreux pur, nous constaterions leur isotrimorphisme. Jusqu’ici, nous ne connaissons, dans la nature, que le mélange A^F 5 (en appelant A le silicate alumineux et F le silicate ferreux), mélanges qui présentent les formes zoïsites lorsque q est très petit par rapport à p, et la forme épidote dans tous les autres cas.
Les formes zoïsites, qui sonten réalité tricliniques et plus dissymétriques que la forme épidote, corrigent, par des macles multipliées, leur dissymétrie et se présentent à nous sous une apparence orthorhombique. La forme épidote se présente à nous sous une apparence clinorhombique; en réalité, elle est très sensiblement orthorhombique.