PHYSIOLOGIE
Rôle du cerveau sur la motilité. - Bull. Soc. d'Anthrop., 1882, p. 101,
L'expression des émotions chez l’homme et les animaux, par
Ch. Darwin, trad. en collaboration avec le D r René Benoît, 1 vol. in-8“ de 404 pages, Reinwald, 1874; 2« édit., 1877.
Conditions anatomiques qui régissent la station bipède de l’homme. — Bull. Soc. d'Anthrop., 1884, p. 806, 807, 810.
Tracé sphygmographique pris en ballon à une hauteur de 2500 mètres. — C. R. Soc. de Biol., Paris, 1885, p. 106.
Cette observation, qui montre les effets d’une brusque décompression sur le tracé sphygmographique, est la première de ce genre qui ait été recueillie et publiée.
Voici les principales particularités de ce tracé :
Ascension très brusque; léger plateau; descente assez rapide, marquée par un dicrotisme très accusé.
Ces particularités sont en rapport avec l’abaissement de la pression artérielle due à la décompression rapide dans les couches supérieures de l’atmosphère. Elles pouvaient être prévues a priori , et constituent la contre-partie des intéressantes expériences de Vivenot avec l’air comprimé. Ici, comme dans une expérience de laboratoire, il n’y a eu aucune influence perturbatrice de ce facteur unique, la décompression rapide. C’est ce qui donne à cette observation une valeur bien differente de celle qu ont les tracés pris sur le sommet d’une montagne. Le travail musculaire exagéré
Mes recherches me firent trouver plusieurs cas dans lesquels l’ablation de polypes naso-pharyngiens envoyant des prolongements dans le crâne avait été suivie de mort rapide, sans qu’il y eût eu une perte de sang notable pendant l’opération.
Mes expériences, faites en ouvrant la carotide et la fémorale de divers animaux, m’ont démontré que la mort élait plus rapide dans le premier cas que dans le second. J’ai donc pensé que l’hémorrhagie par la carotide, en soustrayant dans le champ qu’elle alimente une quantité de sang même minime, pouvait déterminer par cette saignée bulbo-cérébrale une syncope mortelle.
En résumé, la syncope, accident fréquent dans les opérations de polype naso-pharyngien en l’absence de toute hémorrhagie, sérieuse peut être attribuée aux causes suivantes : 1“ le rétrécissement de la cavité crânienne par la destruction plus ou moins avancée de la base du crâne, circonstance dont le diagnostic est le plus souvent impossible; 2" la brusque soustraction d'une certaine quantité de sang aux organes encéphaliques, et en particulier au bulbe. Suivant que ces causes agiront avec plus ou moins d’intensité, la syncope sera passagère ou mortelle.
A ce propos, j’attirais l’attention des chirurgiens sur la gravité si spéciale des hémorrhagies carotidiennes, qui peut, sans doute, se manifester en d’autres circonstances et produire seule des accidents hors de proportion avec la quantité de sang répandu.
J’établissais par une série d’expériences sur les animaux qu’il y a quelque chose de spécial dans l’hémorrhagie que provoque une opération faite dans le territoire vasculaire de la carotide, qui lui donne une importance qualitative autant que quantitative et une gravité relative très particulière. Ainsi une section de la carotide tue les chiens et les lapins beaucoup plus rapidement et avec une perte de sang beaucoup moindre qu’une section de la fémorale.
Le pronostic des opérations pratiquées pour les polypes naso-pharyngiens doit être plus réservé qu’on ne le pense généralement. Une mort rapide peut les terminer, alors même que le sujet paraissait être dans d’excellentes conditions et n’avait présenté aucun trouble cérébral antérieur.
Fonctionnement du rein après la néphrectomie. — In Blessures de
l'uretère au cours de la laparotomie : Congrès français de Chirurgie, 1891, p. 606.
Dès 1891, je me suis préoccupé d’établir la valeur séparée de la sécrétion de chaque rein, préalablement à la néphrectomie.
leucocytes dans les dépôts toujours peu abondants. Cellules épithéliales. Urates. . .
Cette analyse montre qu’après l’ablation du rein droit, le rein gauche fonctionne durant les jours qui suivent immédiatement l’opération à peu près comme avant; puis on voit le chiffre de son débit s’élever progressivement, atteindre la normale et même la dépasser pendant quelques jours.
I.a teneur de l’urine en matières solides présente des variations analogues; faible d’abord, elle devient rapidement normale. Les chlorures surtout et l’acide phosphorique sont remarquables par la régularité presque mathématique avec laquelle leur proportion croît dans le liquide examiné.
Le chiffre de l’urée a présenté quelques variations. 11 est notablement inférieur à la normale. Cette diminution trouve une explication naturelle dans le repos absolu et dans le régime encore insuffisamment azoté de la malade.
En résumé, voici ce que ces analyses diverses de l'urine ont montré :
1° Avant la néphrectomie, le rein droit, comparé au rein gauche, émettait un volume moindre d’un liquide plus pauvre. De plus, le rapport entre le débit des deux reins et la composition centésimale des deux urines était sensiblement le même (environ 80 à 90 pour 100).
2“ Après la néphrectomie, le rein gauche émet un plus grand volume d’urine. En même temps, le chiffre des éléments devient très rapidement celui de l’urine normale. Il y a donc eu, de la part de cet organe, une suppléance parfaite.
Nouvelles expériences de sutures des vaisseaux, de transplantation des organes et de greifes des membres du D 1 Alexis Carrel. — Presse médicale, 6 juin 1909.
Les belles expériences de notre compatriote M. A. Carrel, qui, après avoir travaillé successivement à Lyon et à Chicago, est actuellement un des directeurs de l’Institut Rockfeller, à New-York, ont eu en France un légitime retentissement.
La nouveauté de ces travaux, les applications importantes que la chirurgie peut en espérer, m’avaient engagé à présenter à l’Académie de Médecine un très bref exposé de ses résultats les plus récents qu’il avait bien voulu me faire constater de visu lors d’un voyage scientifique aux États-Unis.
J’ai rappelé d’abord que le point de départ de ces expériences, celui qui
M. Carrel essaya alors de délerminer les conditions qui permettraient cette vie permanente des tissus en dehors de l’organisme. I/idéal aurait été do donner aux cultures une circulation artificielle capable d’assurer en même temps la nutrition du tissu et l’élimination de ses produits de désassimilation. Mais des 'difficultés techniques très grandes firent employer une méthode à la fois plus indirecte et plus simple. Il était, en effet, probable que des tissus placés dans un certain état de vie interrompue ou alternante pourraient vivre de façon permanente en l’absence de toute circulation. Cette vie interrompue fut obtenue en mettant alternativement les cultures en deux états différents : un état de vie manifestée, pendant lequel le tissu se développe, épuise son milieu nutritif et s’entoure des produits de son catabolisme, et un état de vie latente, pendant et après lequel il est débarrassé de ces substances étrangères et reçoit un milieu neuf.
Les expériences de M. Carrel montrent que du tissu conjonctif en état de vie alternante peut vivre et se développer activement en dehors de l’organisme pendant plus de cinquante jours, et que, au bout de ce temps, la rapidité de la croissance n’est nullement diminuée.
J’ai voulu préciser en insistant sur ce fait : il ne s’agit pas ici de simple conservation de tissus vivants à l’état staliqxte, si j’ose dire, mais do leur conservation à l’état dynamique, ce que M. Carrel, après Cl. Bernard, distingue sous les noms de vie latente et de vie manifestée-, et ce n’est pas au milieu d’un organisme que vivent ou plutôt survivent ces tissus isolés, c’est in vitro. Rien qui ressemble à une greffe, soit réelle et définitive, soit apparente et temporaire, comme les faits dits de tolérance aseptique. Le fragment d’organisme supérieur, isolé de cet organisme, vit et s’accroît à la manière d’un fragment d’organisme inférieur, d’une parcelle réséquée d’un zoophyte, d’une hydre d’eau douce.
Notons-le : cette vie individuelle et active, pour ainsi dire, d’un fragment du corps humain a pu déjà être prolongée pendant près de deux mois. Voici l’originalité incontestable de ces expériences et leur haute portée physiologique.