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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Cancer de l’os Irontal. — Bull. Soc. anal., 1868, p. 376.

Cette pièce provenait d'un homme de 77 ans mort d’un cancer du foie. Elle formait une de ces tumeurs qu’on rangeait à tort h cette époque parmi les fongus de la dure-mère; elle avait pris manifestement naissance dans le diploé. Elle reposait sur la face externe de la dure-mère, à laquelle elle était adhérente, mais il n’exislait entre elles que des relations de voisinage. I.a tumeur formait dans la boîte crânienne une saillie du volume d’une noix. Le lobe frontal gauche était sensiblement déprimé; cependant on n’avait noté aucun trouble des fonctions cérébrales ; une compression même assez forte, opérée sur la tumeur, ne produisait pas de troubles nerveux.

La tumeur est composée d’une matière molle, rosée, très vasculaire, contenant de nombreux fragments osseux. Le tissu morbide proémine dans le sinus frontal gauche.

Le frontal a, en moyenne, 1 centimètre d’épaisseur, et il est des points où il ne présente pas moins de 12 millimètres.

Cette tumeur s’était développée sans douleur, sans provoquer le moindre accident. Le malade s’en était aperçu d’une façon fortuite, un mois à peine avant sa mort, amenée parla cachexie cancéreuse. Le foie, remarquablement volumineux (il ne pesait pas moins de 2145 grammes), était farci de noyaux blancs lardacés, donnant à la surface de l’organe un aspect bosselé.

L’examen microscopique a montré, dans la tumeur du crâne et dans les masses morbides du foie, une structure et une texture identiques.

Revue critique sur les altérations séniles du crâne. — Revue d'Anthrop., 1872, o. 93, 406.

Sur la sclérose des circonvolutions cérébrales chez les aliénés et en particulier sur une forme nouvelle (cirrhose atrophique granuleuse disséminée). — Bull. Soc. d'Anthrop., 1882, 2« série, t. V, p. 350-373, et l'Encéphale, 1883, p. 155.

Description détaillée d’un Cas jusqu’alors unique de cirrhose atrophique

cérébrale; il m’a paru que cette lésion n’était que le dernier terme de celle qui avait été décrite par Bourneville et Brissaud sous le nom de sclérose tubéreuse.

A l'époque où je publiai "ce mémoire, l’étude des lésions du cerveau dans les maladies mentales était encore de date toute récente. Cependant d’importants travaux avaient déjà été publiés sur ce point. L’idiotie, en particulier,

lignes, l’anatomie pathologique de cette affection. On l’attribuait, dans la grande majorité des cas, à un arrêt de développement de l’organe de la pensée, soit dans son ensemble, soit dans une de ses parties, soit seulement dans la structure intime du tissu dont il est formé.

Parmi les maladies intra-utérines infantiles, causes possibles do l’idiotie, se plaçaient l’hydrocéphalie si fréquemment observée, certaines méningoencéphalites, les cas rares d’hypertrophie cérébrale étudiés par Virchow, enfin la sclérose tubéreuse dont Bruekner faisait une hypertrophie cérébrale disséminée.

Les lésions des circonvolutions dans la folie étaient loin d’être aussi bien connues. C’est ce qui m’avait engagé à publier la description d’un cerveau présentant une lésion curieuse non encore décrite.

Au premier aspect, on était frappé par l’apparence de certains îlots de la substance corticale, sur les deux hémisphères. Tandis que la plupart des circonvolutions conservaient leur apparence et leur volume normaux, d’autres, amoindries, étaient comme ratatinées et présentaient, en outre, une surface inégale, granuleuse ou, pour mieux dire, piquetée, rappelant assez exactement l’apparence du bois vermoulu. Il y avait donc là, en même temps, atrophie évidente de certains départements de la surface cérébrale et une lésion qui, à l’œil nu, éveillait invinciblement l’idée d’une altération analogue à celle qui produit l’état granuleux du foie dans la cirrhose atrophique.

Les lésions sur les deux hémisphères présentaient des points symétriques et dos points dissemblables, ainsi qu’on peut facilement s’en rendre compte sur les deux figures ci-jointes (fig. 29 et 50).

Les points symétriquement altérés étaient la première circonvolution frontale, plus profondément altérée cependant à gauche; la deuxième circonvolution frontale, la majeure partie de la pariétale ascendante, le lobule pariétal supérieur, plus atteint à droite; le lobule ovalaire, dans sa portion supérieure.

La lésion se montrait isolément, à droite : sur le sommet du pli courbe et suf un pli de passage pariéto-occipital interne, atrophiés.et granuleux, et

Au point de vue de la correspondance entre les lésions et la topographie avec les phénomènes observés, on pouvait noter l’état normal de la troisième circonvolution frontale gauche, tandis que la droite était alleinle en partie de sclérose hypertrophique. Or, le malade ne paraissait pas avoir présenté de troubles de la parole.

Tous les coins de la zone motrice très largement et très profondément atteinte répondaient aux desordres de la motilité et aux crises épileptiformes qu’avait présentés le sujet; la cirrhose étendue des deux lobes fronlaux suffisait à expliquer l'affaiblissement des facultés intellectuelles,

Pour mieux faire ressortir ce que cette observation présentait do nouveau, je rappellerai que les formes de sclérose des circonvolutions pouvaient se ranger alors sous deux chefs principaux : une première catégorie de faits, oit l’aspect extérieur n’est pas sensiblement changé et où la lésion interne se traduit à l’extérieur par une certaine diminution de volume ou par une augmentation de la consistance; cette forme ne pouvant être que soupçonnée avant d’être démontrée par l’examen microscopique.

Dans le second ordre de faits, l’altération se traduit à l’extérieur par un changement d’aspect qui invite naturellement à sa recherche et permet ensuite de la diagnostiquer, meme en l’absence d’examen histologique. Une seule variété avait été décrite jusqu’alors : la variété tubéreuse. Mon observation en ajoutait une nouvelle : la sclérose ou cirrhose atrophique granuleuse.

Son histoire se réduisait à mon unique observation. L’étude à l’œil nu de la lésion permettait déjà d’affirmer qu’il s’agissait d’un processus tout à fait analogue à celui de la cirrhose atrophique du foie, dont elle reproduisait l’aspect. L’étude microscopique qu’avait bien voulu en faire mon regretté collègue et ami Brissaud confirmait pleinement cette manière de voir et légitimait cette dénomination. •

Mais cette lésion a-t-elle été d’emblée atrophique et granuleuse ou a-t-elle passé par un premier stade hypertrophique et tubèrem?

L’une et l’autre thèse peuvent se soutenir et chacune a également pour elle l’analogie de ce qui se passe dans le foie.

Toutefois il est encore possible qu’il n’y ait aucune relation directe entre les deux processus hypertrophiques et atrophiques et qu’il y ait là non deux étapes d’une même lésion mais deüx formes parfaitement distinctes : 1“ la cirrhose hypertrophique, encéphalite tubéreuse de Bourneville et Brissaud; la cirrhose granuleuse atrophique (sur la plupart des circonvolutions altérées du cerveau que j’ai décrit). En outre, comme on l’observe sur le foie, on peut voir, sur les circonvolutions, les deux formes de cirrhose

Rupture de l’artère fémorale par contusion de la cuisse, attri-

tion du bout supérieur, arrachement du bout inférieur. —

Bull. Soc. ami., 1868, p. 552.

Pièce curieuse par ce fait que la lésion de l’artère tenait à la fois du broiement et de l’arrachement. Il n’y avait pas eu d’hémorrhagie notable, mais gangrène du membre. Le bout supérieur de l’artère était terminé en massue et ressemblait à celui d’une artère sectionnée par une balle.

Broca pratiqua l’amputation de la cuisse au tiers supérieur. Le malade mourut huit jours après, d’accidenls pyohémiques ayant probablement pour origine une phlébite de la saphène interne qui était remplie de pus, ainsi qu'une de ses collatérales.

La dissection du membre amputé a montré que l’oblitération de l’artère était due à un mécanisme inattendu et singulier.

L’artère fémorale était complètement rompue. Entre les deux bouts, un peu au-dessus de l’anneau du troisième adducteur, existait un écartement d’environ 2 centimètres. Aucune hémorragie notable ne s’était produite; les deux tronçons artériels plongeaient bien dans un détritus sanguinolent assez abondant, mais il était manifestement produit par le broiement des parties molles et par un épanchement de sang trop peu abondant pour pouvoir être attribué à une autre source qu’à des vaisseaux de dernier ordre.

La section de l’artère offre une disposition remarquable.

Le bout supérieur est terminé en massue et ressemble à celui d’une artère sectionnée par une balle, par contusion en un mot. Il est obturé par un caillot fibrineux remontant à 3 centimètres jusqu’à une perforation siégeant directement sur la fémorale, dont le calibre est assez notable. Le bout inférieur est celui qui présente le plus grand intérêt. Il se termine par une extrémité très allongée comme celle d’un tube de verre effilé à la lampe, formée par l’allongement de la tunique externe; nn caillot fibrineux, très dense, le remplit dans une étendue de 4 centimètres environ. La grande anastomotique, qui naît à 1 centimètre au-dessous de la rupture, est oblitérée.

Cette disposition, est, comme on le sait, caractéristique de l’arrachement des arleres dû à un mécanisme bien connu sur lequel nous n’insisterons pas. Disons seulement que des expériences faites à cette occasion sur le cadavre nous ont montré que toujours, dans les véritables arrachements d artère, on retrouve sur les deux bouts le prolongement effilé formé par la tunique externe, prolongement qui n’existe ici que sur le bout inférieur.

Comment expliquer cette lésion singulière tenant à la fois du broiement et de l’arrachement?

Voici comment il nous a semblé qu’on pouvait s’en rendre compte :

Nous avons dit qu’à environ 1 centimètre au-dessous du point où l'artère a été rompue existait la naissance de la grande anastomotique.

Il s’ensuit qu’immédiatement au-dessous du point où a agi la violence, l’artère était assez solidement fixée par cette collatérale importante. La distension qu’elle a subie a donc été localisée à une très petite portion de sa longueur; cette portion était énergiquement distendue par la pression oblique de la roue qui chassait devant elle les tissus, un arrachement s’est produit. Mais tandis qu’un des bouts de l’artère ainsi rompue se rétractait librement dans sa gaine en vertu de son élasticité, l’autre bout, le supérieur, restait fixé contre le fémur par la pression qui le broyait.

Ile là, la terminaison en pointe effilée du premier bout et en extrémité mousse et arrondie du second.

La pièce a été déposée au Musée Dupuylren.

Double anévrysme du ventricule gauche. — Bull. Soc. anal., 1869,

Lé cœur est très volumineux et remplit la plus grande partie de la poitrine. Les faces adjacentes des poumons lui sont unies par des adhérences anciennes que l’on parvient toutefois à rompre sans grand peine. Il n’en est pas de même de celles qui soudent étroitement le péricarde tout entier à la surface du cœur ; si bien qu’à première vue on pourrait croire que cette membrane fait défaut. Le cœur, dégagé des poumons, présente une forme insolite ; sa partie inférieure est plus large que son sommet, il est donc piriforme, mais à pointe dirigée en haut. A la palpation on découvre qu’il renferme une tumeur.

Les cavités étant ouvertes, voici ce qu’on trouve :

1“ Rien de notable dans les oreillettes, si ce n’est une certaine augmentation de leur capacité ;

2° Le ventricule droit est tout à fait refoulé en arrière et en haut ; sa cavité n’est pas augmentée; elle paraît même diminuée, vu le contraste qu’elle offre avec celle du ventricule gauche. Les parois n’en sont pas hypertrophiées ;

3° Le ventricule gauche présente deux étages, deux loges pour ainsi, dire, communiquant par une boutonnière de 14 centimètres de circonférence. La

surajoutées (lig. 51) et que la pai formée par la paroi postérieure du

premier anévrysme

Hernie diaphragmatique gauche, congénitale, sans sac (Hernie comprenant le lobe gauche du foie, l'estomac, la rate, le pancréas, l'intestin grêle et le gros intestin jusqu’au colon descendant. Atrophie du poumon gauche. Déplacement du cœur & droite). — Bull. Soc. anal., 1872, p. 90.

Sous ce titre, j’ai relaté la très curieuse autopsie que j’ai eu l’occasion

de faire d’un enfant apporté à l’École pratique sans aucun renseignement.

i l’ouverture de la cavité thoracique on constatait que la cavité pleurale gauche était doublée d’étendue par suite du refoulement à droite des médiastins. Elle était occupée par des anses intestinales nombreuses de couleur rosée et par une notable portion du foie.

Poumons. — Le poumon gauche apparaît derrière la première pièce du sternum,, sous l’aspect d’une petite masse rouge et compacte, à côté du cæcum (fig. 52), qui est immédiatement au-dessous de la clavicule gauche.

La cavité pleurale droite est très rétrécie par suite du déjettement à droite du cœur, dont une portion du foie a pris la place.

Le thymus est situé au-dessus du cœur sous la clavicule droite. Le poumon droit est profondément caché par la gouttière costo-vertébrale; il est réduit à une simple languette longitudinale.

Foie. — La portion abdominale du foie, qui est la plus volumineuse, est séparée de la portion thoracique par une scissure profonde qui embrasse la portion droite du croissant diaphragmatique. Cette scissure est manifestement creusée sur le lobe gauche, et elle forme la partie antérieure d’un pont de substance hépatique qui réunit la portion thoracique h la portion abdominale.

Lorsque, après avoir détaché le lobe thoracique, le lobe abdominal et l’insertion du petit épiploon, on opère une traction sur la partie moyenne du foie, de manière à le ramener dans le ventre, on voit le lobe de Spiegel, qui jusque-là n’était pas visible, sortir brusquement d’une ouverture oh il était engagé. Cette ouverture circulaire, d’un centimètre de diamètre, est limitée postérieurement par la colonne vertébrale, à gauche par la base du lobe de Spiegel, à droite par le pylore et antérieurement par le petit épiploon, contenant à ce niveau l’artère coronaire stomachique, qui n’a pu atteindre la petite courbure de l’estomac rejeté en haut. C’est l’ouverture de l’hiatus de Winslow, et on pénètre par elle dans l’arrière-cavité des épiploons situés dans le thorax.

Intestins. — La partie qui est enfermée dans l’abdomen se compose des deux tiers du gros intestin ; elle est de couleur verdâtre et distendue par du méconium qui s’échappe de l’anus, si on la presse entre les doigts. La partie terminale qui correspond à l’S iliaque et au rectum est particulièrement distendue et présente un calibre qui est plus du double de l'ordinaire, remplissant complètement l’espace pelvien en arrière de la vessie.

Le repli péritonéal qui correspond au mésocôlon transverse s’insère depuis la symphyse sacro-iliaque jusqu’à l’extrémité du rein gauche, suivant une ligne oblique de haut en bas et de dedans en dehors.

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