UTÉRUS
TRAITEMENT DES MÉTR1TES ET CCRETTAGE
Des métrites. — Médecine moderne, 1890, p. 645.
Je me suis efforcé de donner une description plus méthodique et plus en rapport avec les données actuelles de la science que celles qui avaient été faites jusqu’à ce' jour. Pour la classification je me suis placé exclusivement au point de vue clinique, et j’ai pris pour notion directrice le caractère dominateur, qu’il soit tiré de la marche, ou qu’il résulte de la prédominance marquée d’un ordre de symptômes. J’ai établi ainsi les formes sui-
1° Métrite inflammatoire aiguë.
2° — hémorrhagique.
3° — catarrhale.
4° — douloureuse chronique.
Pour l'anatomie pathologique, j’ai décrit pour la première fois avec soin dans notre pays les altérations du col, ulcérations, déchirures, dégénérescence scléro-kystique. J’ai également exposé d’une façon toute nouvelle la pathogénie en me rattachant franchement à la théorie microbienne; j’ai divisé l’infection en hétéro-infection, infection mixte, auto-infection.
A propos de l 'étiologie des métriles, le rôle de la déchirure du col, si exagéré en Amérique, et si injustement méconnu en France, est ramené à ses véritables proportions.
L’étude des symptômes m’a paru être considérablement simplifiée par les considérations que j’ai formulées sur le syndrome utérin appliqué ou fonds commun qu’on retrouve partout dans les maladies des organes génitaux internes, mais qui se manifeste d’une façon typique dans la métrite.
Le traitement est exposé d’une façon complète. Sans négliger le traitement médical, je donne la préférence dans presque tous les cas à l’intervention chirurgicale. Je suis le premier qui ai réintroduit en France le curettage, de Récamier, au moment où Doléris faisait également une campagne énergique en faveur du traitement intra-utérin par l’écouvillonnage. J’ai aussi le premier relevé l’amputation du col dans les métrites du discrédit où l’avaient fait tomber chez nous les excès de Lisfranc. J’ai décrit minutieusement les procédés opératoires qu’on doit aujourd’hui préférer.
le sommeil hypnotique prolongé chez une iemme hystérique.
— Gaz. méd. de Paru, 1887, p. 181-322.
La suggestion hypnotique a été pratiquée par M. Louis Guinon, alors mon interne, et l’opération a été faite sans aucune douleur. Cette conduite exceptionnelle ne saurait être généralisée.
de zinc dans les métrites. — Bull, et Mém. Soc. de Cbir., 8 octobre 1890,
Observation d’une malade qui, à la suite de la cautérisation par le bâton de chlorure de zinc, eut la cavité utérine oblitérée. La menstruation étant suspendue (il n’y avait pas d'hcmato-salpinx) et la malade souffrant atrocement à chaque époque menstruelle, je pratiquai la castration double. La malade a rapidement guéri et a été débarrassée de ses douleurs.
MÉTRITES CERVICALES
Sur le traitement de la métrite cervicale (Discussion). — C. R. Soc. Obst., Gyn. et Péi., 1901, p. 266, 267, 269.
Sur un cas de métrite cervicale (Discussion). —
- C. fl. Soc. Obst., Gyn. et Péi.,
minutieuses de technique que je crois indispensables et dont j’ai essayé de donner rapidement un aperçu.
STÉNOSE DO COL ET STÉRILITÉ. - STOMATOPLASTIE
Nouvelle opération applicable à la sténose congénitale du col de l’utérus. — Bull, et Mém. Soc. de Chir. de Parie, 1893, p. 93, et Ann. de Gynéc., 1893, p. 407.
Traitement chirurgical de certaines causes de stérilité.— Communication au XP Congrès des Sciences médicales de Borne et Ann. de Gynéc., 1894, p. 589.
Traitement de la sténose du col de l’utérus. — Chabrv, Rev. de Gyn. et de Chir. abdom., t. II, 1898, p. 587, et Thèse de Paris, 1898.
On the Surgical treatment of a most frequent cause of dysmenorrhea and sterility in Women.— Communication à l’Amer, gyn. Society,
Traitement chirurgical d’une cause très fréquente de dysménorrhée et de stérilité. — Bull, de l'Acad. de Médecine, 9 novembre 1909.
Je ne saurais avoir l’intention de passer ici en revue toute l’étiologie et toute la thérapeutique de la dysménorrhée et de la stérilité. Elles peuvent avoir des causes très multiples, d’ordre général ou d’ordre local. Je m’attacherai seulement à celle qui est sans contredit la plus fréquente et qui, jusqu’à ces dernières années, m’avait paru d’un traitement très incertain.
Je veux parler d’une condition anatomique qui semble être le résultat d’un certain vice de développement et qui consiste dans la forme conique du col, l’étroitesse de son orifice et une exagération de l’antécourbure normale de l’utérus. Celte condition particulière se rencontre parfois chez des femmes de constitution débile, avec d’autres indices de dégénérescence, et peut s’accompagner d’une petitesse anormalede l’utérus ; mais on l’observe le plus souvent chez des femmes très bien développées, et elle constitue alors une malformation tout à fait locale sans aucune atrophie de l’organe. Il y a là un type infantile plutôt qu’un état infantile ou qu’un arrêt de développement (fig. 79).
La dysménorrhée, en pareil cas, est la règle ; elle paraît dès l’établisse-
chaque mois pour avoir un effet durable. L’amélioration de la dysménorrhée consécutive à la dilatation ne peut donc jamais être de longue durée; quant à la stérilité, elle ne saurait non plus compter sur un moyen aussi infidèle pour la guérir. (J’ai toutefois conservé la dilatation progressive comme un complément utile dans certains cas déterminés, mais après la réfection opératoire de l’orifice,)
J’ai ainsi été amené à une opération ayant un effet permanent et mettant à l’abri de toute cause d’infection ; c’est celle que j’ai décrite sommairement il y a plusieurs années déjà (1905) et que j’ai appelée slomaloplaslie par évidement c ommissural. Depuis que j’ai commencé à la pratiquer, j’ai obtenu des succès si encourageants que je crois bon de la recommander clans les cas de sténose et do stérilité.
Technique opébatoire. — a) Dilatation préliminaire et curettage. — Le
balle, et l’on pratique de chaque côté du col un débrideinent d’environ 1 à 2 centimètres, suivant sa longueur. Il est important de pratiquer cette section avant de commencer la dilatation, sans quoi on s’exposerait à voir éclater l’orifice externe trop étroit (fig. 80).
Le col étant ainsi séparé en deux lèvres superposées, on saisit chacune d’elles avec une pince tire-balle et Ton procède à la dilatation avec des bougies de Hegar, après s’être assuré avec Thystéromètre de la direction exacte de la cavité utérine. On passe les bougies avec précaution en exerçant une certaine traction sur les lèvres postérieures, afin de diminuer Tanléflexion. J’ai l’habitude d’aller jusqu’aux numéros 30 ou 32. Ensuite, je pratique le curettage; il n’a parfois qu’une valeur exploratrice, mais souvent on trouve la muqueuse ramollie et quelquefois fongueuse par suite de la métrite cervicale ou corporelle qui accompagne la sténose.
b) Stomoloplaslie. — Premier temps. — Par suite de l’incision bilatérale, le col a été divisé en deux segments, l’un supérieur, l’autre inférieur ; cela constitue le premier temps de l’opération analogue à celle de Simpson.
Second temps. — Chacune des lèvres du col écartées par les pinces présente en son milieu la muqueuse du canal cervical, et de chaque côté une surface triangulaire saignante formée par la section.
Si on laissait se cicatriser isolément ces surfaces, on aurait tous les inconvénients de l’opération de Simpson, que j’ai précédemment indiqués. Pour les éviter, il suffit de réunir la muqueuse de l’intérieur du col avec la muqueuse de sa surface, de manière à recouvrir complètement les quatre petites plaies formées par l’action des ciseaux. Afin d’y parvenir, il est
Dans les cas où il existe de la métrite cervicale stériosique, elle guérit très rapidement, grâce au libre drainage du mucus et aux injections antiseptiques, tandis que sans l’opération clic constitue une affection des plus rebelles. Voici les résultats communiqués à l’Académie.
Résultats. — Je n’ai pas observé un seul cas où la dysménorrhée n’ait été, ou considérablement améliorée, ou totalement guérie après cette opération. Quant à la stérilité, les résultats sont des plus remarquables. Sur 54 opérées de la ville, 14 à ma connaissance sont devenues enceintes, soit un quart des opérées, après un laps de temps qui varie de deux mois à trois ans. (Six de ces opérations datant de moins d’un an à cette époque ne devraient réellement pas entrer en ligne de compte au point de vue de la fécondation, ce qui augmenterait sensiblement le pourcentage.)
Je n’ai jamais noté de dystocie par rigidité du col. A la vérité, chez les femmes qui approchaient de la quarantaine, le travail a parfois été assez lent. Mais il en est souvent ainsi chez toutes les tardipares, et l’opération ne saurait être incriminée.
Deux fois, il y a eu avortement, une fois à quatre mois, une fois 5 six semaines, après des fatigues exagérées (courses en automobiles), une fois il y a eu accouchement prématuré à sept mois. Une de ces femmes est rede-
Je signalerai un point important: il semble que l’opération, quand elle porte sur des utérus incomplètement développés, favorise jusqu’à un certain point leur développement ultérieur. Chez deux dames opérées, qui avaient une cavité utérine de 5 centimètres environ, j’ai vu, au bout de quelques mois, cette cavité atteindre des dimensions normales; même chez l’une d’elles, l’aménorrhée intermittente dont elle souffrait avait à peu près disparu, de même que la dysménorrhée. Toutes deux' sont devenues enceintes, et Tune est mère aujourd’hui de trois enfants.
Après l’opération, des grossesses sont survenues dans des cas tout à fait inespérés, après 4, 5, 10 et même 16 ans de mariage stérile.
Je n’ai parlé jusqu’ici que de ma statistique privée. En effet, à l’hôpital, il est à peu près impossible d’avoir des renseignements tardifs sur l’état des malades, car on les perd généralement de vue. Je connais pourtant cinq cas de grossesse à terme et sans accidents survenue chez des malades que j’ai opérées à l’hôpital Broca.
Cette opération présente deux contre-indications principales. Elle serait inutile dans le cas d’utérus franchement infantile. Elle serait inutile et par-
fois nuisible dans le cas d’infection concomitante des annexes. Aussi on devra toujours les explorer avec soin.
La stomatoplaslie par évidement eommissural a été pratiquée avec succès par un grand nombre de mes élèves ou de mes collègues. A l’étranger, elle a été adoptée par beaucoup de gynécologues; l’éminent D'Spencer, de Londres, déclarait récemment devant la Société gynécologique américaine qu’il en avait obtenu des résultats remarquables dans des cas où tout autre moyen thérapeutique avait échoué.
INFÊCTION PUERPÉRALE
Sur les Indications du curettage pendant les suites de couches
(Discussion). — C. R. Soc. Obsl., Gyn. et Péri., 1905, p. 107.
Du curettage précoce dans l’infection puerpérale (service gynécologique de l’hôpital Lourcine-Pascal.) Charmer. — In Archives île
Médecine, août 1891.
Ce travail de mon regretté élève Charrier avait été fait entièrement sous mon inspiration et d’après les observations recueillies dans mon service par
On sait l’importance que jouent dans l’infection de l’utérus les débris placentaires qui y séjournent après l’accouchement ou l’avortement. Les accoucheurs-gynécologistes, en France, étant par éducation peu disposés aux interventions opératoires, étaient, au moment de l’apparition de ce travail, presque tous partisans de l’expectation et se bornaient aux injections antiseptiques intra-utérines. Il est incontestable qu’on arrive de la sorte à conjurer les accidents immédiats dans la majorité des cas, quoique un certain nombre de femmes ne puissent ainsi être arrachées à la mort. Mais ces malades sauvées sont-elles vraiment guéries? Ne sont-elles pas exposées aux accidents ultérieurs de métrite et de salpingite? Cela est plus que douteux. De plus, un grand nombre succombent après ce traitement insuffisant pour amener une rapide désinfection.
Depuis 1890 (Cf. Traité de Gynécologie, 1™ édit., p. 613) j’ai préconisé le nettoyage exact de la cavité utérine avec le doigt et la curette mousse, pour désinfecter entièrement l’organe à une époque aussi rapprochée que ^ possible du début des accidents. Dans mon enseignement, reproduit par mon interne Charrier, j’ai établi la technique opératoire et fait ressortir