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VAGIN

IMPERFORATIONS

Sur une hématométrie et un hématocolpos dans un cas de duplicité du canal génital. (Discussion.) — C. fi. Soc. Ob$t., Gyn. et Péd., 1902, p. 77.

La communication qui a ouvert cette discussion soulevait plusieurs questions intéressantes au point de vue de l’anatomie pathologique et des indications opératoires. Le diagnostic anatomique me paraissait évident et je pensais qu’il s’agissait d’un de ces types anormaux bien definis et très connus d’utérus didelphe avec vagin double dont l’un borgne congénitalement.

Ces cas sont plus rares que ceux où les deux vagins sont ouverts inférieurement, mais ils forment une variété bien connue. Le vagin borgne peut être pathologiquement distendu par du sang (hématocolpos) ou par du pus (pyocolpos) comme dans un cas que j’ai rapporté.

L’oblitération du vagin est toujours primitive, congénitale, et la question ne saurait se poser de savoir si elle est consécutive et tardive.

Les douleurs, dans ces cas, sont dues, à mon avis, à la distension de l’utérus et parfois des trompes par le sang menstruel. Il n’est pas besoin d’invoquer l’effusion du sang dans le péritoine. Je ne l’ai jamais observée dans les nombreux cas d’oblitération douloureuse des voies génitales, soit congénitales, soit acquises que j’ai opérées. Il faut du reste remarquer que l’accumulation du sang est toujours moindre qu’elle ne devrait l’être logiquement, car elle est limitée par le seul fait de la réplétion des cavités, et de la difficulté qui en résulte pour l’effusion du sang. L’hématosalpinx par rétention (après les oblitérations de l’utérus par les cautérisations exagérées) est souvent remarquablement peu accusé.

Quant à l’indication opératoire, je crois qu’elle peut se résumer en peu de mots : ouverture large de la tumeur sanguine du vagin. Résection des lambeaux exubérants de cette poche de manière à constituer une seule cavité vaginale. Détersion soigneuse de la cavité utérine avec des injections :'tam-

ponnement de celle cavité pour la maintenir largement béante et assurer sa désinfection complète. Cette dilatation aurait encore pour but de provoquer l’évacuation spontanée du sang qui pourrait etre contenu dans les trompes distendues.

Je crois, en effet, à la possibilité de ce reflux du sang dans l’utérus maintenu dilaté par le tamponnement, quoique je sois sceptique à l’égard de l’évacuation du liquide de pyosalpynx ou d’hydrosalpinx du côté de l’utérus.

Si l’on n’obtenait pas ainsi la disparition des lésions des trompes, on pourrait intervenir ultérieurement par la laparotomie et faire une opération très simplifiée.

Je crois enfin que les observations anciennes montrant les dangers de l’ouverture inférieure des hématocolpos et des hémalomèlres, doivent être tenues pour suspectes, car la plupart appartiennent à la période pré-aseptique. Je sais qu’on a accusé la ponction ou l’incision des collections sanguines de provoquer la rupture d’hématosalpinx. Je crois qu’il faudrait analyser ces cas ; et on y verrait que généralement 1 évacuation des collections n’avait pas été faite hardiment ou suivie de désinfection, en sorte que la rupture des trompes dilatées peut souvent être due à l’infection ascendante de leur contenu.

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