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CANCER DD VAGIN

Épithélioma primitif de la partie supérieure du vagin; périnéotomie transversale. — Bull, et Mém. Soc. de Chir., 1894, p. 832.

Ce procédé qui a été publié un peu après par Olshausen, qui paraît en avoir eu l’idée à peu près en même temps que moi, constitue une innovation dans le traitement opératoire du cancer vaginal.

L’ablation totale de la tumeur, dont les dimensions étaient environ celles d’une pièce de cinq francs, a pu être obtenue, dans le cas cité, par la technique suivante : dédoublement de la cloison recto-vaginale depuis le périnée jusqu’au cul-de-sac de Douglas qui est ouvert; avec le doigt enfoncé dans la plaie jusqu’au delà du néoplasme, on fait saillir ce dernier et l’on arrive à le délimiter et à l’extirper complètement avec les ciseaux en dépassant largement les limites du mal. Je suturai ensuite partiellement la plaie vaginale, et je plaçai une mèche dans le cul-de-sac péritonéal. Le périnée fut restauré à la Lawson Tait. La malade guérit sans incidents.

Je crois que c’est là une excellente méthode dans les cas où le cancer est profondément situé et que le vagin est étroit (ma malade était nullipare). Enfin le délabrement, qui a l’air excessif, guérit rapidement et la restauration est complète.

Épithélioma primitif du vagin.— In F. Bernard, Thèse de doctorat, Paris, 1895.

Cette thèse comprend plusieurs observations de mon service et la description des différents procédés opératoires, notamment de la périnéotomie transversale préliminaire.

La périnéotomie transversale comme temps préliminaire de l’extirpation du cancer du vagin. — Rev. internat, de Thérap. et de

Dans cet article j’établis la priorité de ma publication sur celle de Olshausen, et je rapporte en entier l’observation qui n’a été que résumée ailleurs. Je la fais suivre des remarques suivantes :

La périnéotomie transversale est une opération délicate; on a vu par l’observation précédente que j’ai légèrement blessé la partie inférieure du rectum, et que j’ai eu un assez fort écoulement de sang. Enfin, quoique ce procédé permette d’aborder facilement le mal et de l’extirper par suite minutieusement, il ne met pas à l’abri d’une prompte récidive. Celle-ci doit être attribuée uniquement à la nature maligne du néoplasme et ne diminue en rien l’excellence de la méthode.

Celle-ci a, il est vrai, une portée opératoire toute différente selon que le vagin est plus ou moins envahi ; dans les cas où ce canal est infiltré par le néoplasme jusqu’à la partie inférieure, la dissection de la cloison rectovaginale s’impose au chirurgien comme celle de toutes les limites du cancer, et elle ne constitue pas, à proprement parler, un temps qui mérite d’être spécifié. Elle ne devient réellement originale que si le néoplasme siège à la partie supérieure du vagin, laissant au-dessous de lui une portion saine de ce conduit. Alors la périnéotomie transversale constitue une opération préliminaire, très comparable à la résection ou à la mobilisation du sacrum, qui précède l’extirpation des cancers élevés du rectum par la méthode de Kraske. Ici, comme là, il s’agit de donner du jour pour le temps principal qui est l’extirpation du néoplasme, et, dans l’un et l’autre cas, on fait un dégât préliminaire en apparence considérable, pour arriver facilement à des parties difficilement accessibles sans cela.

J’ajoute qu’un autre point de contact existe entre la nouvelle opération pour le vagin et le procédé de Kraske pour le rectum; c’est que l’un et l’autre s’adressent à des néoplasmes séparés de l’orifice extérieur (anus ou vulve), par une longueur notable de ce canal sain (rectum ou vagin) qu’il importe de ménager et de conserver.

Je n’ai parlé ici que de la périnéotomie transversale appliquée au cancer du vagin, et en particulier de sa portion supérieure. Cette opération est-elle recommandable dans le cas où l’utérus est envahi séparément ou en même temps que ce conduit? Olshausen n’hésite pas à le faire dans ce dernier cas. Je me permettrai sur ce point de formuler des réserves.

Remarquons d’abord que cette dernière opération n’a rien de nouveau ; c’est elle qui a été d’abord proposée par 0. Zuckerkandl, puis mise en pratique par Frommel et divers autres chirurgiens. Or je crois que cette voie périnéale est beaucoup plus compliquée que la voie vaginale, et que le canal artificiel, qu’on crée par le dédoublement de la cloison, n’oirre pas plus de commodité que le canal naturel, après qu’on a fait à la vulve de profondes incisions libératrices sur les côtés que je n’ai pas hésité à pratiquer, quand il en est besoin.

Lorsqu’on a extirpé l’utérus, il est toujours facile de réséquer le vagin de haut en bas en accrochant avec des pinces la tranche supérieure. Mais, si cette opération est possible, est-elle vraiment utile? Pour moi, j’ai été amené par l’expérience à m’abstenir de l’hystérectomie suivie de résection du vagin, toutes les fois que la paroi vaginale est envahie de plus d’un travers de doigt au delà de son insertion sur le col. Dans les cas de ce genre, comme dans ceux oh le mal a dépassé l’enceinte utérine vers les ligaments larges, et oh l’organe a perdu sa mobilité, l’opération dite radicale est illusoire, les lymphatiques sont déjà pris au loin, et l’on expose la malade à de réels dangers, car la récidive se fait rapidement. Je préfère alors me borner à une opération palliative, bénigne, consistant en curage et cautérisations énergiques et répétées.

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