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ANATOMIE DESCRIPTIVE

Article : Crâne. — D ict. eneycU des Sciences médicales, 1879, t. XXII, p. 379497, arec 69 fig.)

Ce travail comporte la description complète du crâne au point de vue anatomique, embryologique, avec de nombreuses applications à l’anthropologie, à l’anatomie comparée et à la chirurgie. Je ne puis résumer ici un article de 120 pages. Je me contente parmi les points originaux de signaler :

a) les sutures anormales des pariétaux ;

b) la description du développement de ces os en rapport avec les trous pariétaux et l’incisure pariétale;

c) la description de l’apophyse jugulaire chez l’homme;

d) celle des diverses variétés d’os épactal ;

e) la classification des os wormiens en suturaux et fontanellaires ;

D la détermination d’une nouvelle fontanelle ou fontanelle orbitaire entre le frontal, l’os planum et la petite aile du sphénoïde, et la description des fontanelles anormales;

g) les rapports du crâne et du cerveau chez l’adulte, avec des déductions sur la trépanation guidée par les localisations cérébrales.

a) Sutures anormales des pariétaux. — Que les trous pariétaux existent ou non, la partie de la suture sagittale qui correspond à leur siège habituel est toujours beaucoup plus simple que les parties situées en avant et' en arrière. Cette partie de la sagittale est réduite parfois à une ligne presque droite dans une longueur de 0“,02 environ. M. Broca a donné à ce point le nom d ’obélion, tiré du nom grec de la suture sagittale. Il y a fré-

des pariétaux. Sa forme arrêtée, son étendue, la constance de ses connexions, son mode de développement, sont autant de caractères qui le rapprochent de l’os interpariêtal des animaux et en font une véritable anomalie réversive.

Son existence serait très fréquente, d’après Rambaud et Renault, qui l’ont rencontré, disent-ils, 16 fois sur 85 têtes d'adultes. Tout autre est le résultat des recherches de H. Jacquart, qui a concentré toute son attention sur la recherche de l’os épactal dans la collection du Muséum, dont le nombre de cr&nes dépasse le chiffre de deux mille, et qui n’a trouvé cet os ou une partie de cet os que seize fois.

Il paraît plus que probable, d’après cette divergence, que certains auteurs ont donné à tort le nom d’os épactal à un simple os wormien. Ce qui permettra de ne pas faire cette confusion, c’est l’étude attentive des connexions de cette pièce.

Dans son complet développement et à son état de simplicité, il a la forme d’un triangle qui a pour base la suture qui le sépare du reste de l’os, et pour côtés les branches de la suture lambdoïde. Cette base sinueuse se continue avec les sutures pariéto-masloïdiennes, passe à 2 centimètres à peine au-dessus de la protubérance occipitale externe et se rapproche latéralement de la ligne courbe supérieure pour aboutir à la partie inférieure de la suture lambdoïde.

On peut trouver l’os épactal double, ce que l’évolution de l’occipital permet de comprendre sans peine, ou même triple. En pareil cas, il faut admettre un trouble dans l’évolution normale et le dédoublement d’un des centres latéraux d’ossification de la portion supérieure de l’écaille.

On a donné différents noms à cet intéressant osselet qui, du reste, a souvent été confondu avec un os wormien; Terreur inverse a également été commise, et il faut avouer que, s’il est toujours facile de l’éviter quand l’os est composé d’une seule pièce, il est parfois presque impossible, quand l’écaille de l’occipital est composée de pièces multiples, de déterminer exactement celles qui sont dues à un arrêt de soudure avec ou sans dédoublement des foyers d’ossification normaux et celles qui proviennent de noyaux supplémentaires nés dans la membrane fontanellaire ou la suture. Ces deux modes d’évolution peuvent, en définitive, aboutir à un résultat à peu près semblable, bien qu’ils diffèrent radicalement au point de vue philosophique, puisque l’un constitue une anomalie par défaut et l’autre une anomalie par excès.

Il y a quelques années, l’anthropologie fut émue d’une proposition singulière. Ses auteurs, MM. Tchudy et Ribero, soutenaient que l’existence de l’os épactal était la règle, au moins chez les enfants, dans les trois races primitives

toutes les fontanelles normales ou anormales du crâne, l/os wormien fonlanellaire bregmatique (observé pour la première fois par Berlin) est de tous le plus volumineux et le plus fréquent. Il y en a plusieurs dans la collection du Musée d’anthropologie; l’un des plus beaux est visible sur un crâne de Guanche remarquablement bien conformé.

On rencontre aussi l’os wormien fontanellaire lambdatique, mais il se confond souvent avec les os wormiens suturaux qui l’accompagnent. Même remarque pour l’os fontanellaire astérique.

L’angle antérieur et inférieur du pariétal est quelquefois remplacé par un os wormien. Cruveilhier l’avait remarqué; mais il n’ajoute pas que cet os occupe la place de la fontanelle ptérique (latérale antérieure).

Enfin on peut observer un véritable os fontanellaire orbitaire au niveau de la fontanelle que j’ai indiquée sous ce nom entre le frontal, l’os planum et la petite aile du sphénoïde, et qui disparaît un mois avant la

Voilà pour les fontanelles normales. Les fontanelles anormales peuvent aussi être comblées par des îlots osseux indépendants. On a décrit l’os sagittal au niveau de la fontanelle de ce nom,

On peut voir par la figure ci-jointe (fig. 5) combien la dénomination d’os

sagittal est défectueuse et la nécessité de la remplacer par celle d’os obélique. En effet, un os wormien peut se rencontrer en d’autres points de la suture bi-pariétale, et mériter tout aussi bien le nom d’os sagittal. L’exemple que je reproduis, d’après une calotte crânienne du Musée d’anthropologie, est intéressant par sa rareté : bien qu’il soit au voisinage immédiat du bregma, il s’est évidemment dévoloppé dans la suture et non dans la fontanelle : c’est un os wormien suturai para-bregmatique et non un os fontanellaire bregmatique.

A la fontanelle naso-frontale ou glabellaire succède parfois un os wormien assea

volumineux. J en ai observé un exemple frappant au Musée de Caen. C’est

celui d’un enfant d’un l’espace inter-orbitaire,

forme pentagonale, occupe le frontal, séparé par une

avancée. Son diamètre vertical est de 50 millimètres, son diamètre transversal de 36 millimètres.

Existe-t-il un os fontanellaire cérébelleux? Je n’en connais point d’exemple.

Je n’ai trouvé qu’un seul cas où des os wormiens aient été signalés dans la suture métopique. Cette observation d’os wormiens médio-froniaux appartient à Th. Simon. 11 s’agit du crâne d’un homme de trente-cinq ans dont la suture médio-frontale présentait de fortes dentelures ; elle était criblée de petits os wormiens dans toute son étendue; l’auteur ne donne pas d’autres renseignements.

Quel que soit l’ordre auquel ils appartiennent, les os wormiens sont tantôt formés aux dépens de toute l’épaisseur du crâne, tantôt seulement aux dépens de la table externe et, plus rarement, de l’interne.

f) Fontanelle oubitaiue et fontanelles anomales. — On pourrait mentionner une nouvelle fontanelle ou orbitaire entre le frontal, l’os planum et la petite aile du sphénoïde; elle disparait vers le huitième mois et n’a, vu sa situation, aucune importance obstétricale.

Les fontanelles anomales ont été l’objet de recherches intéressantes pour divers auteurs dont M. Ilamy a résumé et complété les travaux. On peut donner ce nom à des espaces membraneux, de forme et de dimensions très variables, qui se rencontrent dans les sutures encore imparfaites du crâne du nouveau-né. J’ai déjà décrit, dans le paragraphe précédent, la fontanelle sagittale, ou pour mieux dire obéligue, qui est de toutes la plus importante. Je n’y reviendrai donc pas. Voici quelques indications sommaires sur les fontanelles naso-frontale, médio-frontale et cérébelleuse.

La première est un espace membraneux généralement fort petit, puisqu’il ne dépasse guère ordinairement 3 millimètres de côté, irrégulièrement triangulaire, limité en haut par les angles internes et inférieurs des os frontaux, en bas par les os propres du nez.

Cette fontanelle naso-frontale ou glabellaire paraît avoir été signalée pour la première fois par F. V. H. Kœlher. Le Courtois l’a rencontrée chez un nouveau-né hydrocéphale. Elle paraît ne pas être rare chez les hydrocéphales, si l’on en juge par la fréquence des petits os wormiens fontanellaires qui plus tard viennent la combler, comme on peut en voir plusieurs exemples au Musée Dupuytren.

Velpeau a rapporté un exemple de cet espace accidentel, comme il l’appelle, dont les dimensions étaient dix lignes de long (23 millimètres) sur huit lignes de large (18 millimètres). Elle a été aussi observée et décrite par

nologie ne base ses excessives prétentions sur aucun fait sérieux, il n’en est pas moins vrai que, d’une manière générale, la forme et les proportions du cerveau peuvent être appréciées par celles du crâne et qu’on peut juger ainsi de» dimensions relatives des grands lobes de l’encéphale. Malheureusement l’étude des fonctions de ces divers lobes est encore trop obscure pour qu’on soit autorisé à rien déduire de précis d’après des observations de ce genre.

L’étude des rapports du crâne et du cerveau a été l’objet, dans ces derniers temps, de recherches sérieuses dans un but vraiment scientifique. Mais, au lieu de se baser sur un élément d’appréciation aussi décevant que les reliefs de la surface du crâne, on s’est efforcé de trouver dès points de repère plus précis en déterminant avec exactitude les rapports des sutures principales avec les grandes scissures et les circonvolutions du

La première idée paraît en être venue à Gratiolet. Cet éminent anatomiste rechercha d’une part les rapports de la suture coronale avec le sillon, ou pour mieux dire la scissure de Rolando, et d’autre part ceux de la suture lambdoîde avec la scissure oècipitale. Préoccupé des résultats qu’il avait obtenus chez les singes, il crut reconnaître que les premières étaient placées l’une au-dessus de l’autre et dans le même plan, et, contre son attente, que la scissure occipitale était toujours située très en arrière de la suture lambdoîde. Cette double erreur doit être mise plutôt sur le compte du procédé défectueux dont il s’était servi que sur celui de la méthode qu’il avait adoptée.

En 1861, M. Broca reprit cette question; il inventa, à cet effet, le procédé des fiches, procédé d’autant plus remarquable qu’il joint à une extrême simplicité la plus rigoureuse exactitude. A l’aide des fiches il démontra : 1“ que la scissure de Rolande est de beaucoup postérieure à la suture coronale ; 2° que la suture lambdoîde coïncide presque toujours à quelques millimètres près avec la scissure occipitale. Il eut l’occasion de rendre Gratiolet témoin de ses expériences et de lui faire voir l’erreur qu’il avait commise. La même année, il donna pour la première fois une description sommaire de son procédé dans son mémoire Sur le siège de la faculté du langage. On ne saurait trop préciser les dates.

. Bischoff publia en 1868 un ouvrage important sur les circonvolutions cérébrales de 1 homme, dans lequel nous trouvons quelques rapports craniocérébraux. L’auteur n’a pas eu sans doute connaissance du procédé de M. Broca, puisqu’il ne cite pas le mémoire de 1861, mais, par un heuréux hasard, il se trouve que son procédé est identique â celui du savant français,'

profondes du cerveau, des noyaux gris centraux, par rapport aux parois crâniennes. Il a adopté dans ses recherches le procédé de M. Broca, auquel il a ajouté, pour les besoins de sa cause, une modification ingénieuse, la congélation du cerveau.

Une des dernières publications parues sur les rapports cranio-cérébraux, appartient à M. Ecker (avril 1876). Dans son mémoire, l’auteur étudie les rapports normaux du crâne et du cerveau, pour arriver à reconnaître « l’infiuence des déformations artificielles du crâne sur le volume, la forme et la situation du cerveau et de ses diverses parties ». Il examine ensuite, à ce point de vue, six crânes américains, qui présentaient la déformation connue sous le nom anglais de fiat heads, en français têtes plates. Il s’est servi dans ses recherches du procédé de Gratiolet et de celui de M. Broca qu’il a fondus ensemble, en attribuant gracieusement le dernier à son compatriote Bischoff.

M. Broca a publié, dans la Revue d’Anthropologie, un long mémoire sur la topographie cranio-cérébrale où il étudie comparativement tous les procédés qui ont été mis en usage et les applications nombreuses qu’on peut

Enfin M. de la Foulhouze, dans une thèse très consciencieuse, a étudié un point spécial de cette vaste question en prenant pour sujet de ses recherches les rapports du cerveau avec la voûte du crâne chez les enfants (Th. de Paris, juillet 1876).

Grâce à ce chapitre nouveau de nos connaissances, ce que l’on pourrait appeler l 'anatomie chirurgicale des circonvolutions a été constitué.

Article : Circonvolutions cérébrales. — Dict. encgcl. des Sciences médicales, 1875, t. XVII, p. 339-389, 21 «g.

C’est le premier travail paru en France sur la morphologie du cerveau, depuis le fameux mémoire de Gratiolet. Il contient une description complète des circonvolutions cérébrales et de leurs variétés ou anomalies.

Parmi les points originaux, il faut signaler : a) la description de la face interne de l’hémisphère cérébral et l’importance attribuée pour la première fois à la fixité de la circonvolution du corps calleux et d son prolongement sur le lobe temporal, ensemble auquel Broca devait plus tard assigner le nom de lobe limbique (cette circonvolution est désignée dans mon article sous le nom de grand pli commissural interne);

b) La substitution à la notion dej dis de passage, do Gratiolet, de la notion de circonvolutions de passage ayant des connexions constantes.

L’indication de diverses anomalies réversives résultant soit d’un arrêt

Processo anterdido cristato (Rolando), Circonvolution de l’ourlet (Foville), ïwinge, cingula, gyrus cinguli (Burdach), Pli du corps calleux, pli de la zow externe (Gratiolet). byrm collosal (Huxley), Fomix periphericus (Arnold), Gyrm fomieatus (Ecker).

Le nom pittoresque choisi par Rolando, qui comparait cette circonvolution à la crête d’un coq, donne une assez bonne idée de son aspect. Celui de circonvolution de l’ourlet s’applique surtout à indiquer ses rapports avec les bandelettes de Reil, tandis que ses relations intimes avec le corps calleux qu’elle surmonte et qu’elle suit dans sa courbe ont surtout frappé d’autres

Elle commence au-dessous du genou de cet organe par une extrémité étroite, le contourne et l’accompagne ensuite comme une aigrette bien au delà des limites du lobe frontal. On peut en effet la suivre à l’étage inférieur du lobule quadrilatère, malgré les prolongements par lesquels elle se mêle à ses replis. Suivant Gratiolet, le pli qui rejoint ce lobule à la circonvolution unciforme (deuxième circonvolution temporo-occipitale) serait encore une de ses dépendances, en sorte que la circonvolution borderait en réalité toute l’ouverture de l’hémispbère.

11 est intéressant de poursuivre cette circonvolution dans tout son trajet, dont une partie seulement appartient au lobe frontal interne; je me suis demandé alors si l’on ne pourrait pas, avec quelque apparence de raison, au heu de la fragmenter en divers segments décrits avec chacune des régions qu’elle traverse, lui conserver une place à part et la considérer comme une grande commissure, une longue circonvolution de passage reliant les trois lobes de la face interne entre eux, d’abord, et, en dernier lieu, au lobe tem-

Entre la scissure fronto-pariétale et la scissure perpendiculaire interne, on distingue un amas compliqué paraissant formé par des plis dépendant du lobule pariétal supérieur, qui ont débordé le bord de l’hémisphère et sont venus se souder plus ou moins intimement sur le prolongement postérieur de la circonvolution crêtée. La forme de cet amas l’a fait nommer, par M. Foville, lobule quadrilatère. Je préfère l’appeler lobule pariétal interne.

Ses relations avec le lobule pariétal supérieur ne peuvent être méconnues. Gratiolet paraît cependant s’être mépris à ce sujet, car, après avoir remarqué qu’il arrive à son maximum dans l’espèce humaine, il ajoute que « son développement est relatif à celui du pli de passage (supérieur externe) auquel il correspond ». Or, sur les cerveaux humains où ce pli de passage est rudimentaire, le lobule quadrilatère offre une ampleur normale.

Ce lobule représente le lobe pariétal à la face interne. En se reportant à

tions d’un abducteur du pouce double. Le tendon du radial intermédiaire s’insérait au second métacarpien avec le premier radial.

Cette anomalie double n’existait que du côté droit chez ce sujet ; au bras gauche il y avait seulement un radial intermédiaire.

On peut se rendre compte de l’étroite relation qui existe entre ces deux dispositions irrégulières. En effet, le radial accessoire présente une origine à peu près identique à celle du radial intermédiaire ; d’un autre côté, ses rapports avec le court abducteur, du pouce sont précisément les mêmes que ceux qu’on observe souvent entre ce muscle et le tendon du long abducteur ; on sait enfin quelles connexions étroites unissent fréquemment les insertions des radiaux et du long abducteur, qu’il n’est pas rare de rencontrer double. Cela posé, on peut comprendre sans difficulté la production d’un radial accessoire; il suffit de supposer l’existence d’un double long abducteur du pouce et la fusion de ce muscle, par sa partie supérieure et externe, avec le germe d’un radial intermédiaire. C’est ainsi que la combinaison de deux anomalies communes pourrait donner naissance à celte anomalie exceptionnelle, dont Wood nous paraît avoir peut-être exagéré la fréquence lorsqu’il dit qu’on doit la rencontrer une fois sur 55 cadavres.

Wood a trouvé sur un autre sujet une terminaison un peu différente du radial intermédiaire; il allait entièrement se perdre dans l’épaisseur du court abducteur du pouce. C’est une disposition analogue qui avait certainement été observée par Meckel. Dans le cours tic la description que donne cot anatomiste du long abducteur du pouce, il mentionne l’existence rare d’un muscle irrégulier qui, né du condyle externe de l’humérus, irait s’insérer è l’extrémité supérieure de la première phalange du pouce après avoir présenté successivement deux ventres charnus. Qui ne voit que cette description s’applique à l’existence d’un radial accessoire dont le tendon se perd dans le chef externe d’un court abducteur du pouce double?

Chez beaucoup d’animaux, et parfois chez l’homme, suivant Henle, les

radiaux sont représentés par un seul gros muscle d'où partent deux tendons pour le second et troisième métacarpien. Le radial intermédiaire de Wood, qui relie les deux muscles entre lesquels il est placé, ne peut-il pas être considéré comme se rapprochant de ce type? Chez le fourmilier, on trouve un muscle qui naît de l’humérus au-dessus du long supinateur et va s’insérer soit à l’os unciforme, soit à la substance musculaire de la paume de la main. Ce muscle pourrait bien être l’homologue du radial accessoire.

Article : Radiale (Artère). — Di et. encycl. des Sciences méd., 1874, 5 e série,

Article : Radiales (Veines).— Dict. encycl. des Sciences méd., 1874,3' série, t. I,

A propos des anomalies de l’artère radiale, j’ai dû étudier celles de toutes les artères du membre supérieur, les anomalies des unes commandant la plupart du temps la disposition anormale des autres. Je me suis efforcé d’apporter quelque précision et quelque clarté dans l’exposé, souvent un peu touffu, des si nombreux travaux parus sur ce sujet.

Les anomalies artérielles du membre thoracique et celles de la radiale, en particulier, peuvent se ranger sous deux chefs principaux qui aideront à classer toutes les particularités diverses. Ce sont : 1° la naissance prématurée des collatérales; 2° 1 existence des vaisseaux aberrants. A ces deux lois, qui régissent les irrégularités artérielles, on peut ajouter celle de la fusion d’origine des deux vaisseaux voisins et celle de leur communication transversale.

C’est en se conformant à ces données nouvelles et en établissant d’après elles les dénominations des irrégularités, que l'on doit refaire à nouveau l’histoire des anomalies vasculaires du membre thoracique h l’aide des documents anciens et des nouvelles observations.

Pour ma part, je rapportais dans cet article l’observation personnelle d’un « vas aberrans » d’un calibre très développé, qui, né de l’humérale ù 20 centimètres au-dessus du pli du coude, côtoyait l’artère principale du membre, au côté interne de laquelle il était placé.

Chemin faisant, il fournissait deux grosses branches vasculaires. La cubitale était normale. A un centimètre et demi au-dessous de son origine, le vas aberrans se jetait dans ce vaisseau, qu’il vaudrait mieux appeler en ce point, suivant la remarque de M. Broca, tronc cubito-interosseux. La naissance du tronc commun des inlerosseuses se faisait un centimètre au-dessus de cet abouchement.

péronier latéral, qui naît de la face dorsale du péroné ainsi que du ligament qui représente la partie supérieure de cet os.

5° Chez l’ornithorynque, le court péroné latéral vient du tubercule postérieur de la grande apophyse du péroné. Il ne donne rien au tarse et se rend directement au cinquième doigt.

4° Chez l’hippopotame enfin, les extenseurs latéraux sont fournis en partie par le pédieux, en partie par le court péronier latéral.

Quelque frappante que m’apparut alors l’identité existant entre une anomalie fréquente chez l’homme et l’état normal chez les anthropoïdes, je m’abstenais à cette époque de tirer une conclusion définitive, tout en montrant l’avantage de l’expression d 'anomalie réversive ou par réversion (Darwin) que je proposais d’appliquer à ces cas.

Je devais deux ans plus tard revenir sur ce point dans un second travail que voici :

De la valeur des anomalies musculaires au point de vue de

l’anthropologie zoologique. — Assoc. franç. pour VAvanc. des Sciences

1874, p. 581-587, 2 pi.

Les principales anomalies réversives se trouvent décrites et figurées dans cette communication.

J’y établis qu’un grand nombre d’anomalies musculaires sont explicables par l’atavisme, mais qu’un grand nombre encore échappent à cette interprétation.

Ce mémoire a été le point de départ de tous les travaux similaires entrepris en France sur le même sujet par Ledouble, Chudzinski, Hervé, Poirier, et surtout Testut.

On peut établir une division dans l’étude des muscles anomaux. Parmi eux, il en est qui forment une classe à part; ils semblent constituer chez l'homme des organes nouveaux, dont rien dans les dispositions normales n’indiquait même l’existence rudimentaire.

Dans une seconde classe d’anomalies se rangent les dispositions exceptionnelles d’organes normalement existants.

En continuant cette classification artificielle, on pourrait subdiviser ce second groupe en anomalies par excès et par défaut, etc. — Mais cette taxinomie ne nous apprendrait rien sur leur valeur réelle. Pour éclairer celle-ci d’un nouveau jour, il faut l’étudier à la lumière de l’anatomie comparée.

La majorité des anomalies musculaires, je l’ai dit, rappelle un état normal chez une espèce inférieure.

Un premier groupe de ces anomalies réverstves comprend des muscles totalement étrangers au type humain normal. J’en citerai quelques exemples pour en donner une idée :

1“ Il est un muscle de la poitrine que l’on rencontre chez beaucoup de mammifères inférieurs et jusque chez les singes cynocéphales. Il se compose d’une bande musculaire étendue sur les côtés du sternum entre les insertions du sterno-cléido-mastoïdien et celles du droit de l’abdomen. Ce müscle, appelé stermlis brutorum ou reelm thoracis, se trouve accidentellement chez l’homme; j’ai eu l’occasion de l’observer deux fois et d’en faire représenter (fig. 9) un beau spécimen.

2' Chez les pithéciens et jusque chez le chimpanzé, le tendon du grand dorsal donne naissance il une bande musculaire qui va s’insérer sur l’épitrochlée. J’ai observé trois fois chez l’homme ce muscle dorso-épitrochléen.

3” Chez le gorille, au-dessous du corps charnu du grand pectoral, il y en a un second qui naît de la sixième et de la septième côte et qui est séparé du premier par un long interstice où passe l’une des divisions du prolongement axillaire du sac aérien. Cette disposition établit la transition entre le type de l’homme et celui des singes quadrupèdes qui possèdent un troisième pectoral. Chez le cynocéphale sphinx, ce troisième pectoral naît, vers le niveau des cinquième, sixième et septième côtes, de l’aponévrose antérieure du grand droit, avec laquelle il entre-croise ses fibres, et va se terminer sur l’extrémité supérieure de l’humérus.

J’ai trouvé chez l’homme (fig. 10, p. 47) un troisième pectoral, qui est sinon semblable, tout au moins très analogue aux types précédents.

On pourrait multiplier les exemples de ces muscles entièrement nouveaux chez l’homme, qui s’y rencontrent exceptionnellement. Mais il serait trop long de décrire successivement le peronem qmnti digiti, 1 ’abdvetor ossis tnetalarsii minimi digiti, l’epitrochleo-anamem et tant d’autres dont nous devons surtout la connaissance aux belles recherches de Wood.

Une seconde classe d’anomalies, qui n’est peut-être pas moins intéressante, est constituée par la modification du type normal d’un muscle humain, qui le rapproche d’un type inférieur. Je citerai de ce nombre : le développement exagéré des muscles auriculaires, la décussation des fibres antérieures des digastriques, l’insertion élevée du rhomboïde, la présence d’intersections aponévrotiques dans les muscles slerno-hyoïdien et sterno-thyroïdien, la séparation très nette des trois portions du grand pectoral, l’indépendance de la portion interne de l’extenseur commun des orteils, le faisceau du court péronier destiné au cinquième orteil (dont j’ai étudié la disposition ci-dessus), l’existence de faisceaux supplémentaires reliant l’angulaire de

l’omoplate au grand dentelé et l’indépendance du faisceau alloidien du même muscle angulaire (dont j’ai observé et fait représenter de beaux exemples). Notons encore la remarquable insertion du biceps trifurqué • (fig. 10) sur le tendon du grand pectoral et la capsule fibreuse de l’articulation scapulo-humérale, à rapprocher de ce qu’on trouve chez le gibbon.

Outre ces anomalies musculaires révemves, il en est beaucoup d’autres qui sont restées pour nous sans analogues dans l’échelle animale. Ces faits méritent à coup sûr d’être signalés avec soin. Peut-être un jour serons-nous capables d’élucider ce point obscur.

En attendant, comment interpréter les anomalies dites par retour?

Le nombre de celles-ci est assez considérable, leur fréquence est assez notable, leur type assez persistant pour qu’on soit porté à attribuer leur production à une influence directrice, à une force organique distincte.

Quel est ce facteur commun ?

On ne peut invoquer ici l’arrêt de développement ; les muscles ne passent pas chez l’embryon par des états intermédiaires semblables à ceux qui constituent leurs anomalies. Cette théorie ne s’applique qu’aux faits d’absence congénitale de certains muscles, circonstance fréquente pour certains d’entre eux (petits palmaires, pyramidaux), mais très rare pour la plupart de ces

Cherchera-t-on la solution du problème dans une sorte d’adaptation anatomique sollicitée par des fonctions physiologiques exceptionnellement complexes, adaptation fixée ensuite par l’hérédité?

Je ne m’arrêterai pas à combattre une hypothèse aussi peu vraisemblable, car il faudrait d’abord montrer l’utilité de ces anomalies, et ensuite leur transmission héréditaire; enfin, s’il en était ainsi, on ne comprendrait guère pourquoi elles ne se seraient pas généralisées il toute l’espèce. Disons seulement à ce propos que, parmi les anomalies, il en est beaucoup qui entravent plutôt qu’elles ne favorisent les fonctions, comme par exemple l’insertion du digastrique à l’angle du maxillaire, etc.

11 ne reste, il faut le reconnaître, que deux manières de se rendre compte de ces retours incontestables vers les types inférieurs.

De ces deux théories, la première n’en est pas une. Elle se borne à constater le fait et à le rattacher à un problème antérieur devant lequel elle a déjà proclamé l’impuissance de la science. Ce problème, c’est ce qu’on a appelé 1 unité de plan dam le règne animal. A vrai dire, la production sporadique chez un animal quelconque d’un type appartenant à un de ses voisins n est ni plus ni moins inexplicable que la production constante chez l’un et chez l’autre de dispositions anatomiques analogues.

tion. Elle se détache toujours de la face interne de l’humérus, en un point qui est également distant du bord interne et du bord antérieur.

Quant à la signification anatomique de l’apophyse sus-épitrochléenne, il faut la chercher dans l’étude de l’anatomie comparée.

Il ne faut pas descendre bien bas dans l’échelle zoologique pour trouver une disposition du squelette qui rappelle l’apophyse sus-épitrochléenne. Dans la classe même des quadrumanes, le sai, le magot, les lémuriens ; dans la classe des carnassiers, le lion, le tigre, le chat, etc., présentent un canal osseux à l’extrémité inférieure et interne de l’humérus, un peu au-dessus de l’épitrochlée, aux lieu et place qu’occupe chez l’homme l’apophyse susépitrochléenne. Dans ce canal osseux passe le nerf médian, pour se rendre du côté interne du bras h la surface de flexion du coude. Dans ce trajet intraosseux, le nerf médian chemine seul ou est accompagné par une artère qui est, suivant les espèces, la brachiale ou la cubitale.

Ce canal osseux sus-épitrochléen, que l'on rencontre encore chez les édentés, chez les marsupiaux et les monotrèmes, est bien évidemment l’homologue do l’apophyse sus-épitrochléenne.

En effet, lorsqu’on étudie l’anomalie, non pas sur le squelette, mais sur le sujet revêtu de ses parties molles, on voit partir du sommet de l’apophyse sus-épitrochléenne une bandelette fibreuse, qui la continue en bas et qui vient s’attacher, d’autre part, sur l’épitrochlée, en se confondant plus ou moins à ce niveau avec la cloison intermusculaire interne. Cette bandelette, d’une part, et, d’autre part, la face interne de l’humérus et l’apophyse susépitrochléenne circonscrivent un anneau ostéo-fibreux, comparable de tous points à l’anneau osseux des mammifères. Comme lui, il donne passage, suivant les cas : soit au nerf médian tout seul (disposition rare), soit au nerf médian et à une artère (disposition la plus commune, 92 pour 100). Cette artère est tantôt l’artère humérale, tantôt l’artère cubitale, l’humérale dans ce dernier cas s’étant bifurquée prématurément au bras ou même dans

On voit quelles sont, au point dé vue de la médecine opératoire, les conséquences de cette disposition. J’y ai longuement insisté dans mon rapport.

Je notais également que l’apparition, chez l’homme, d’une apophyse susépitrochléenne, anomalie réversive osseuse, s’accompagne à peu près constamment d’une anomalie musculaire que l’on peut qualifier d’un mot : l’extension en haut du muscle rond pronateur. Ce muscle, plus large que d'habitude, s’insère alors, non seulement sur l’épitrochlée, mais sur la cloison intermusculaire interne, sur la bandelette qui descend de l’apophyse sus-épitrochléenne et jusque sur cette apophyse elle-même.

mons formés chacun d’un lobe unique. Jusqu’ici point de lobe azygos. Nous le voyons apparaître toutefois avant de quitter la famille des anthropoïdes. Le gibbon, qui tient le dernier rang parmi eux, possède un lobus impar rudimentaire. Ce n’est qu’un tout petit lobe peu distinct du lobe inférieur du poumon droit dont il parait n être qu un prolongement. On voit, en descendant les degrés de l’échelle, le lobe azygos prendre un volume relatif de plus en plus considérable chez les guenons puis chez les cynocéphales, parmi les pithéciens.

Enfin, chez les cébiens et les lémuriens, il rappelle tout à fait celui des autres quadrupèdes.

Ce lobus impar, normalement réservé aux quadrupèdes et qui constituerait une différence essentielle entre eux et l’homme, peut accidentellement se rencontrer chez ce dernier. On retrouve dans ce fait ce qu’il est si fréquent d’observer dans l’étude des muscles : une déviation du type normal avec tendance à la reproduction du type de ce même organe dans une espèce voisine, en un mot, une anomalie réversive ou par réversion , suivant l’expression aujourd’hui consacrée.

Voici la disposition que le lobus impar affectait sur le poumon droit d’un homme de 30 à 40 ans que j’ai disséqué 5 l’École pratique. La figure 12, qui le reproduit, me dispensera d’une longue description.

Ce lobe (D) est situé au-dessous du troisième lobe normal (C). 11 en est, sur le dessin, maintenu écarté par une érigne.

(A) représente le lobe supérieur, (B) le lobe moyen. Le poumon est vu par sa face interne. Notre lobus impar offre la forme d’un quart de segment sphérique adhérent au lobe inférieur du poumon par la moitié interne de sa face supérieure ; la moitié externe seule est lisse et se détache comme une collerette mince à bords tranchants. La face inférieure du lobe anormal est légèrement concave et moulée sur le diaphragme, avec lequel elle est en rapport; elle offre la figure d’un triangle à sommet émoussé dont la base curviligne est dirigée en dehors : sa hauteur est de 60 millimètres, sa base mesure 105 millimètres; l’épaisseur du lobe est de 33 millimètres en avant et de 75 millimètres en arrière.

Je dois noter que ces mesures ont été prises sur le poumon injecté au suif par les voies aériennes sous une médiocre pression.

Le lobe présente ainsi deux portions distinctes, une adhérente au lobe inférieur, mais qui s’en distingue nettement par son relief. Cette partie offre un mamelon postérieur auquel est due la prédominance de son épaisseur en arrière sur cette même dimension en avant.

La portion libre du lobe mesure 30 millimètres de largeur

105 de

suivantes parmi les lobes

On voit donc qu’on peut établir les divisions

1' Lobes surnuméraires formés aux dépens des lobes normaux par subdivision des scissures, sous l’influence de cette tendance à une lobulation irrégulière qu’on rencontre aussi parfois dans d’autres viscères (rein, rate, elc.).

2" Lobe décrit par Chiene et Cleland, qu’on pourrait appeler lobule de la veine azygos (ne pas confondre avec le nom de lobe azygos, appliqué par quelques auteurs au lobus impar) ;

3° Lobe anormal limité au-dessous du lobe inférieur par une scissure indépendante, véritable lobus impar analogue è celui de la généralité des mammifères. Son existence me paraît devoir être rapportée à cette curieuse tendance au retour vers un type inférieur sur laquelle Geoffroy-Saint-Hilaire avait longuement insisté et que Darwin invoquait à l’appui de ses théories.

Quelle que soitla signification que l’on donne à ce fait, soit qu’on s’efforce d’en tirer un argument en faveur du transformisme, soit qu’on se borne à y trouver une preuve de l’unité de plan dans le règne animal, cette anomalie offre un certain intérêt au point de vue de la zoologie générale.

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