C.— DESCRIPTION DES ROCHES
Méthode dichotomique pour la détermination des roches
(Presse scientifique de février 1867).
Ce travail, qui est la première application qu’on ait jamais faite de la méthode dichotomique à la lithologie, a rendu des services à l’auteur lorsqu’en 1869 il fut chargé de faire au Muséum des conférences de lithologie pratique aux élèves de l’Ecole d’agronomie.
Nomel arrangement systématique des roches.
■ (Comptes-rendus du 26 juin 1879).
Cet arrangement se signale par la rigueur avec laquelle y est appliqué le principe de la subordination des caractères.
Comme la plupart des lithologistes modernes, l’auteur part avant tout de la composition minéralogique, mais il écarte d’une manière absolue toutes les considérations de gisement ou d’origine.
Le nombre des minéraux essentiels constituants conduit d’abord à répartir les roches en trois grandes divisions, dites roches unitaires, binaires et ternaires.
Le genre chimique des minéraux essentiels détermine l’établissement de séries. Ainsi, dans la première division se trouvent les séries des oxydes, des carbonates, des silicates , etc. ; dans la seconde, celles caractérisées parla présence simultanée i’un oxyde et d’un silicate ou de deux oxydes, etc.
. L’ espèce chimique des minéraux essentiels sert de hase à l'établissement des groupes qui composent les séries. Par exemple, on trouve le groupe des silicates doubles d’alumine et de protoxyde , celui dès roches formées par le mélange de l’oxyde de silicium avec un silicate hydraté d’alumine, etc.
L 'espèce minéralogique des minéraux essentiels donne lieu à des sous-groupes. Ainsi les roches formées de feldspath et de mica se répartissent en trois sous-groupes : le premier comprend les roches formées d’orthose et de mica ordinaire (gneiss, leptinolithe) ; le second, les roches formées d’orthose et de mica brun (minette, kéralithe) ; le dernier, enfin, les roches formées de mica ordinaire et d’oligoklase (kersanton).
La structure n’intervient que dans les groupes et y caractérise les types. Ainsi, le groupe des roches essentiellement formées par le mélange du quartz avec, le feldspath, comprend des masses qui se rapportent à sept structures principales : il en résulte sept types distincts, ce sont ceux qui correspondent aux roches : 1° grenues (graniiy lites); 2° graphiques (pegmatite); 3° porphyroïdes (porphyre feldspathique quartzifère) ; 4° granitoïdes (id. ) ; 5“ schistoïdes (id.) ; 6 globulifères (pyroméride) ; et.7" grésiformes (arkose).
Enfin la présence de minéraux accidentels détermine la distinction des variétés : les variétés du granité porphyroïde, sont appelées amphiholifire, pinitifère, etc.
Au point de vue pratique, ce système parait devoir faciliter beaucoup l’étude dès roches, puisque l’on sait d’avance la valeur taxonomique de chaque ordre de caractères pris individuellement.
Application de l’expérience de Leichtémberg à Vanalyse minéralogique des roches.
(Cosmos du 1” mai 1869).
En répétant cette célèbre expérience avec la poudre de certaines’ roches binaires, telles que des trachytes sulfurifères, on voit les deux minéraux constitutifs, prendre les électricités contraires et se séparer complètement.
Sur l’existence de la bauxite à la Guyane française.
(Comptes-rendus du 26 février 1872).
Dans des échantillons donnés comme minerais de fer et provenant de la Pointe de diamant, l’auteur a reconnu par l’analyse , de la bauxite à peu près pure. Cette détermination a été répétée depuis pour d’autres localités de la Guyane.
Présence de la dunite en fragments empâtés dans les basaltes de l’ile Bourbon.
(Comptes-rendus du 25 mars 1872).
Une série d’analyses minéralogiques a conduit l’auteur à reconnaître que la roche péridotique empâtée en fragments dans ces basaltes est rigoureusement identique à la roche découverte par M. de Hochstetter, en Nouvelle-Zélande et désignée par lui sous le nom de dunite.
Ce fait, en prouvant l’existence profonde de grandes masses de dunite a d’autant plus d’intérêt que cette roche joue également un rôle important dans la géologie des météorites.
Etude minéralogique de la serpentine grise.
Par des procédés spéciaux, l’auteur a séparé les minéraux constituant, ou principes immédiats . de la roche qu’il étudiait. Ces minéraux, consistant en hydrosilicate de magnésie, pyroxène, péridot et feroxydnlé, conduisent par leur situation relative à faire considérer la serpentine comme un produit d’hydratation et d’oxydation de certaines roches analogues aux types météoritiques dits aumalite et lucéite.
Ces résultats extrêmement nets , n’ont pu être obtenus que par l’emploi de procédés spéciaux dont le principal consiste dans l’emploi,
pour l’attaque partielle de la roche, d’une lessive de potasse concentrée et bouillante. Cet ainsi que furent séparés l’hydrosilicate magnésien et le péridot qu’un acide eut dissous de compagnie.
Sur la zircosyènite de Fuertaventura.
Les roches si remarquables connues sous le nom de syènites zirconiennes , n’étaient jusqu’ici connues que dans les régions septentrionales. C’est un fait très imprévu que leur existence parmi les échantillons recueillis depuis bien longtemps à Fortaventure où on les regardait comme ayant une nature toute différente.
Présence de sphérules magnétiques, analogues à ceux des poussières de Voir dans des roches appartenant aux anciennes périodes géologiques.
Dans ce travail, fait en commun avec M. Gaston Tissandier , on trouve le résultat de l’examen microscopique d’un grand nombre de roches sédimentaires qui ont montré dans l’intérieur de leur masse , des grains sphériques identiques à ceux que produit le fer en brûlant sous le choc du briquet et qu’il paraît naturel d’attribuer à des masses de fer météoriques tombées sur la terre aux époques anciennes.
Ces globules constitueraient les premières météorites fossiles dont on ait reconnu l’existence.