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XXXI

Examen chimiqae de l’huile voiatde de muscade.

(Comptes rendus des séances de TAcadêmie des Sciences, t. mi, p. i 33 ; 1864. - Bulletin de la Société chimique, n' série, t. I, p. 461. — Journal de Pharmacie et de Chimie, -S* série, t. JÜV, ip,. i 5 o,Annaien der .Chemie und Pharmaqie, Bd- CXXXI, ,s. sio. - Journal ffir prakUschs .Ghçinie,, Bd. XOD, * 3 .)

La noix muscade doit son odeur aromatique et ses propriétés exeilantes à une huile essentielle qui n’avait pas été étudiée chimiquement avant le travail de l’auteur.

Pour obtenir l’huile volatile de muscade, on traite la noix, réduite en poudre grossière, parle sulfure de carbone dans un appareil à déplacement; on chasse le dissolvant par la chaleur au bain-marie, puis on soumet le résidu à l’action d’un courant .de vapeur d’eau dans un appareil distillatoire.

L’essence de muscade est un liquide fluide, incolore, plus léger que l’eau. Elle dévie à gauche le plan de polarisation des rayons lumineux; son odeur rappelle celle de la muscade; mais, quand elle est délayée dans une grande masse d’air, elle se rapproche de celle du citron. Sa composition est exactement la même que celle de l’essence de térébenthine, dont elle diffère cependant par plusieurs caractères chimiques importants : ainsi elle ne donne a.vec l’acide chlorhydrique qu’une seule combinaison ; de même, en abandonnant au repos un mélange de cette essence avec de l’alcool et de l’acide azotique, il ne se forme pas de cristaux d’hydrate.

Le chlorhydrate liquide, traité par les dissolutions alcooliques de potasse, d’ammoniaque ou de sulfure de potassium, régénère l’hydrocarbure primitif.

Le mode d’extraction du beurre de muscade employé dans mes expériences pourrait être, utilisé économiquement par les pharmaciens, qui seraient ainsi certains d’avoir un produit pur bien supérieur au beurre de muscade du commerce.

Bédérane. Acide hédérique.

(Bulletin de la Société chimique, t. m, p. 62.)

En laissant en contact, pendant un mois environ, dans un flacon bouché, des feuilles fraîches de lierre [Hedera hélix) avec de l’éther ordinaire du commerce, on voit se former sur les feuilles de beaux cristaux blancs satinés, que l’on peut facilement détacher et purifier ensuite par dissolution et cristallisation dans l’alcool.

Cette substance est insoluble dans l’eau et l’éther; son mode de formation est assez singulier, mais facile à expliquer. L’éther du commerce contient de l’alcool en quantité notable; cet alcool dissout d’abord la substance cristallisable contenue dans les feuilles, il s’hydrate ensuite aux dépens de l’humidité des mêmes feuilles, puis il se sépare de l’éther en laissant déposer sur les feuilles la substance primitivement dissoute. En employant dans cette expérience de l’éther pur, exempt d’alcool, il ne se forme pas de cristaux. Il en est de même avec l’éther ordinaire et les feuilles de lierre desséchées.

Recherches sur le pollen (i 854 ) (en commun avec M. Fremy).

(Journal de Pharmacie et de Chimie, 3 " série, t. XXV, p. 161. - Journal fur praktische Chemie, Bd. Lxn, s. 829.)

Ces recherches ont fait ressortir l’analogie de composition du pollen et des graines. On y trouve, en effet, les mêmes principes, à savoir des matières grasses et cireuses, des substances azotées albuminoïdes, des phosphates, et probablement une matière grasse phosphorée. Il existe aussi dans le pollen, comme dans les graines, une petite quantité de soufre faisant partie de la composition de la matière azotée; il suffit, pour mettre ce soufre en évidence, de chauffer le pollen dans un tube bouché, et d’exposer une bande de papier de plomb è l’orifice du tube; on voit immédiatement le papier noircir.

Sur les matières colorantes des fleurs (iKli) (en commun avec M. Fremy).

(Journal de Pharmacie el de Chimie, 3 * série, t. XXV, p. 249. - Journal fur praktisohe Chemie, Bd. LXII, s. 269.)

Fa couleur bleue des fleurs, de la violette, du bluet, de l’iris, est due à un principe unique, la cyanine. C’est une matière incrislallisable, soluble dans l’eau et dans l’alcool et insoluble dans l’éther : les acides la colorent en rouge, les alcalis la font virer au vert. La cyanine est contenue aussi dans les fleurs rouges; la différence de couleur est due à la présence d’une petite quantité d’un acide libre.

Dans les fleurs jaunes, il y a deux matières colorantes, dont l’une, la xanthine, est insoluble dans l’eau, tandis que la xanthéine se dissout facilement dans ce liquide : la première existe principalement dans les fleurs du grand Soleil; la seconde,a été extraite des pétales d’une variété de Dahlia à fleurs jaunes.

Expériences et observations sur les matières grasses d’origine végétale.

(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LXI, p. 236,321 et 981 ; i865.

- Thèse présentée à l’École supérieure de Pharmacie, iii- 4 .)

Toutes les matières grasses neutres ont une constitution et unecomposition analogues; elles se comportent à peu près toutes de la même manière quand on les traite par un même réactif. J’ai cherché è connaître les modifications qu’elles éprouvent par leur oxydation è l’air, dans des conditions diverses. Voici les conclusions de l’ensemble de

Toutes les huiles grasses, sans exception, absorbent l’oxygène de l’air et augmentent en poids de quantités variables pour diverses espèces d’huiles placées dans les mêmes conditions, et variables également pour une même huile soumise à l’oxydation dans des circonstances différentes.

L’élévation de la température exerce une influence très-grande sur la rapidité de l’oxydation.

L’intensité de la lumière a aussi une action bien manifeste sur la marche du phénomène.

La lumière transmise par des verres colorés ralentit plus ou moins la résinification des huiles par l’oxygène de l’air; en partant du verre incolore pris comme terme de comparaison, la décroissance de l’oxydation a lieu dans l’ordre suivant : verre incolore, verre bleu, verre violet, verre rouge, verre vert, verre jaune.

Dans l’obscurité, l’oxydation se trouve ralentie considérablement ; elle ne commence d’abord qu’au bout d’un temps très-long, et, une fois commencée, elle marche plus lentement que sous l’influence de la lumière.

La présence de diverses matières, le contact de certaines surfaces, accélèrent ou ralentissent plus ou moins l’oxydation, comme on le sait depuis longtemps par les expériences de M. Chevreul.

Dans la résinification des huiles, il y a à la fois perte de carbone et d’hydrogène par la matière et assimilation de gaz oxygène.

Les diverses huiles qui s’oxydent h l’air fournissent en général les mêmes produits, à savoir : des composés acides gazeux et volatils, des acides gras acides et liquides non altérés, et une matière solide, insoluble, qui paraît être un principe immédiat défini. Les huiles oxydées h l’air ne contiennent plus de glycérine.

Les huiles siccatives ne se distinguent pas d’une manière nette des huilesnon siccatives; toutes renferment les mêmes principes immédiats glycériques, mais dans des proportions dilférentes.

Itecherches sur la composition chimique du vert de Chine (en commun avec M. Guignet).

Le vert de Chine ou lokao est une matière colorante en masses cornées d’un vert bleuâtre foncé. Elle renferme 26 pour ioo de cendres, et

constitue une véritable laque. Elle est insoluble dans l’eau, mais elle s’y gonfle et s’y délaye. Pour isoler la matière colorante, on traite le lokao par de l’ammoniaque; en évaporant la solution ou en la précipitant par l’alcool, on obtient la loka'ine ammoniacale, qui est un sel d’un bleu pur, soluble dans l’eau, pouvant teindre le coton sans mordant. La lokaïne est un glucoside qui se dédouble, sous l’influence des acides, en glucose et en un principe insoluble dans l’eau et dans te carbonate d’ammoniaque, la lokaétine. Il se forme en même temps un produit cristallin, peut-être de la phloroglucine.

Le sulfhydrate d’ammoniaque réduit la lokaïne en donnant une dissolution rouge qui, an contact de l’air, régénère la matière bleue primitive avec toutes ses propriétés.

La lokaïne se dissout dans la solution d’hyposulfite de soude, sans éprouver de réduction, même à la température de l’ébullition; la liqueur d’un beau bleu teint facilement le coton en un bleu d’azur de la plus grande pureté.

Examen chimique des feuilles (f’Eucalyptus globulus.

(Bollelin de la Société d’Aoclimatation, a’ série, t. V, p. 654; 1868.)

L’Eucalyptus globulus est un végétal de la famille des Myrtacées, originaire d’Australie, où il croît avec rapidité et acquiert des dimensions colossales. C’est un arbre précieux, cultivable en Algérie, en Corse, en Espagne, en Provence et sur les bords de la Méditerranée, mais ne résistant pas à la rigueur du froid, sous le climat de Paris, où on le .traite comme plante d’orangerie.

Ayant eu à ma disposition une certaine quantité de feuilles fraîches provenant des pépinières de la ville de Paris, j’ai constaté qu’elles donnentàla distillation environ 2 pour 100 d’une huile essentielle incolore très-fluide, plus légère que l’eau, d’une odeur camphrée particulière, rappelant celle de l’huile de Cajeput.

Les propriétés physiques et chimiques de cette huile essentielle m’avaient fait soupçonner son identité avec l’essence de térébenthine, dont ellediflère cependant beaucoup par son odeur; en analysant la

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