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CHIMIE ANALYTIQUE

Note sur l'emploi du chloroforme comme dissolvant dans l’analyse immédiate organique.

Le nombre des dissolvants susceptibles d’être employés dans l’analyse immédiate organique n’est pas grand; l’eau, l’alcool, l’éther étaient, à l'époque où cette Note a été publiée, les seuls liquides en usage. Aujourd’hui, on a de plus l’esprit-de-bois, l’éther acétique, le sulfure de carbone, la benzine, les huiles de pétrole rectifiées, le chloroforme, etc. ; ce dernier liquide possède la propriété précieuse de n’ètre pas inflammable, et, quand il a été convenablement rectifié, il se volatilise sans résidu à une température assez basse pour qu’on n’ait pas à craindre l’altération des substances dissoutes.

On peut employer avantageusement le chloroforme pour dissoudre les matières organiques très-riches eu carbone, telles que leshydrocarbures solides, le caoutchouc, les corps gras neutres ou acides, les résines, un grand nombre d’alcaloïdes naturels ou artificiels, certaines matières colorantes dérivées de l’aniline et de ses congénères, etc.; lechloroforme dissout parfaitement l’iode, en prenant une belle couleur violette caractéristique ; c’est en somme un réactif précieux et un dissol-

vant dont l’emploi deviendra de plus en plus fréquent, surtout si l’on parvient aie produire économiquement.

XLYII.

Nouveau mode de siparation de Voxyde de cobalt de l'oxyde de manganèse.

(Journal do Pharmacie et de Chimie, 3’ série, t. VU, p. 157. -

Certains oxydes de manganèse contiennent de l’oxyde de cobalt en quantité notable; il peut y avoir intérêt à extraire ce cobalt, mais il faut pour cela un procédé économique. Le moyen proposé remplit cette condition; il consiste à verser dans le mélange des sels un excès d’un polysulfure alcalin ; le sulfure de cobalt formé se dissout en entier dans l’excès de réactif, tandis que le sulfure de manganèse ne s’y dissout pas sensiblement.

Description d’un appareil à lavage continu.

(Recueil des travaux de la Société d’Émulatiou, t. II, p. u38. — Répertoire de Chimie appliquée, t. I, p. l83; i858.)

• Le lavage des précipités chimiques pulvérulents ou gélatineux est une opération simple en elle-même, mais qui exige beaucoup de temps et de soins pour être menée è bonne fin.

Les chimistes praticiens connaissent les avantages que présente l’emploi des appareils à lavage continu ; avec leur secours, le travail se fait tout seul, plus rapidement et plus complètement que partout autre moyen : il n’exige point d’attention particulière lorsqu’on est présent, et il continue à se faire régulièrement pendant que l’on est obligé de s’absenter.

Ces appareils sont donc des instruments précieux dont on n’a tiré jusqu’ici qu’un faible parti, mais qui peuvent être utilisés dans une foule de circonstances non-seulement dans les laboratoires de recherches.

mais encore dans presque tous les arts chimiques où il reste de grands progrès à réaliser.

Le nouvel appareil à lavage continu dont j’ai proposé l’emploi est fondé sur le même principe que celui de Guy-Lussac : c’est un grand flacon ou vase de Mariette à tubulure latérale inférieure, à laquelle s’adapte un tube coudé disposé enferme de siphon. Pour se servir de l’appareil, après l’avoir rempli d'eau, on place la branche externe la plus longue du siphon, au-dessus de l’entonnoir contenant le précipité à laver, on amorce le siphon et l’on voit le liquide s’écouler régulièrement, jusqu’à ce que son niveau dans l’entonnoir affleure le plan horizontal de l’orifice du tube de Mariette servant à la rentrée de l’air; le niveau du liquide dans l’entonnoir venant à baisser, l’écoulement reprend, et le fonctionnement de l’appareil continue aussi longtemps qu’il reste du liquide dans le flacon.

Nouvel appareil à combustion pour l’analyse élémentaire des substances organiques.

(Annales de Chimie et de Physique, 3’ série, t. LXVIU, p. 3o4.)

Pendant longtemps les chimistes ont fait l’analyse élémentaire des substances organiques, en les brûlant dans un tube de verre peu fusible au moyeu de l’oxyde de cuivre.

Chaque analyse faite par ce procédé exige des soins minutieux, dans la disposition de l’appareil et les préparatifs de l’expérience ; il faut éviter soigneusement l’accès de l’humidité atmosphérique, et assurer ensuite l’oxydation complète de la matière soumise à l’analyse. A chaque expérience, on esl obligé d’ajuster exactement un bouchon à l’orifice du tube à combustion, et il faut de plus envelopper ce tube d’une feuille métallique, pour prévenir la déformation qu’il éprouverait sans cette précaution.

Les inconvénients inhérents h l’emploi des tubes en verre disparaissent presque complètement dans le nouveau mode de combustion que j’ai proposé aux chimistes, et que je pratique depuis plus de vingt

Mamélhode a pour principe la substitution d’un tube métallique au tube de verre ordinaire. Après avoir essayé successivement les tubes en cuivre, en laiton, en platine, j’emploie aujourd’hui exclusivement les tubes en fer étiré, à surface unie, que je trouve préférables sous le rapport de l’économie, et pour la facilité de se les procurer partout.

On commence par oxyder la surface intérieure du tube, en le chauffant au rouge et en y faisant passer un courant de vapeur d’eau. On place ensuite a demeure, dans la partie moyenne du tube, une longue colonne d’oxyde de cuivre, en ayant soin de laisser à chaque extrémité une partie vide, longue de l\o à 5 o eentimètres et dans laquelle on place une nacelle demi-cylindrique en tôle forte munie d’un fil de fer.

La naeelle placée à la partie antérieure du tube est destinée k contenir diverses matières, telles que de la planure de enivre, du chromate de plomb, du minium, suivant la nature du produit k analyser. La seconde nacelle mise en arrière du tube doit être aux trois quarts remplie d’oxyde de cuivre bien sec, pour les analyses les plus fréquentes; mais, dans le cas où l’on opère sur des substances sulfurées, chlorées ou bromées, on y met du cbromate de plomb préalablement fondu et pulvérisé.

La combustion se fait ordinairement dans un courant d’air parfaitement sec et débarrassé de l’acide carbonique qu’il contient; on peut aussi brûler la matière dans le gaz oxygène.

Cette méthode d’analyse est applicable k toute espèce de matière, solide ou liquide, fixe ou volatile; elle donne des résultats exacts, quand on n’a k sa disposition qu’une très-petite quantité de produits, mais elle permet aussi d’en employer une quantité considérable.

L’emploi du tube métallique en fer est applicable également au dosage de l’azote en volume, en opérant la combustion au moyen de l’oxyde de cuivre dans un courant d’acide carbonique, et k la détermination du même élément k l’état d’ammoniaque, en décomposant la matière par la chaux sodée dans un courant d’hydrogène; mais, dans ce dernier cas, la surface intérieure du tube ne doit pas être oxydée.

L’application de l’analyse élémentaire k l’étude des produits de la Chimie organique devient chaque jour plus fréquente; on y a recours pour établir la composition des substances nouvelles, mais c’est aussi

un des meilleurs moyens à employer pour s’assurer de la pureté d’une substance connue.

Ma méthode d’analyse me paraît réunir les conditions désirables de simplicité, de rapidité et d’exactitude. Un appareil à combustion, disposé comme celui que j’emploie et établi en permanence dans un laboratoire, facilite beaucoup les recherches ; c’est un moyen d’épreuve auquel on doit avoir constamment recours; il donne des indications nettes, pour ainsi dire invariables, et toujours utiles à connaître.

Emploi de l’acide tungstigue pour l’analyse des sels organiques à base de potasse, de soude, de baryte, etc.

(Bulloün de la Société chimique de Paris, u" série, l. I, p. u5o; 1864 )

Pour déterminer la composition d’un acide organique et fixer son équivalent, on s’est presque toujours borné jusqu’ici à faire l’analyse élémentaire de l’acide libre et celle des sels d’argent ou de plomb qu’il peut former. Ce n’est que dans des cas rares et exceptionnels que l’on a soumis à l’analyse élémentaire les sels organiques à bases alcalines.

Le procédé ordinaire de combustion par l’oxyde de cuivre n’est plus applicable au cas où un acide organique se trouve uni à une base minérale alcaline dont le carbonate est indécomposable par la chaleur; mais par notre procédé, en opérant la combustion dans un courant d’air ou d’oxygène, on brûle aisément d’une manière complète tous les composés organiques, même en présence des alcalis. Il suffit, dans ce dernier cas, de mélanger la matière à analyser avec de l’acide tungstique anhydre : cet acide décompose les carbonates en s’unissant à la base et en déplaçant l’acide carbonique.

Cette méthode permet, en outre, de doser la base alcaline en même temps que le carbone et l’hydrogène; en prenant avant l’opération le poids de la nacelle qui contient le mélange de l’acide tungstique avec une quantité connue de la matière organique, et en pesant de nouveau la même nacelle après l’expérience, on aura évidemment la quantité de base contenue dans le sel.

J’ai donné, dans ce travail, un nouveau procédé de préparation de l’acide lungstique au moyen du tungstate de soude du commerce. On prend une dissolution saturée bouillante de loo parties de ce sel, et on la décompose en y ajeutant une solution également chaude de 5o parties de chlorhydrate d’ammoniaque : il se forme du tungstate d’ammoniaque qui se dépose par le refroidissement sous la forme de paillettes cristallines brillantes. Pour avoir l’acide tungstique pur, on décompose le sel desséché par la calcination à une température

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