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LU

Composition comparée du salin de suint de mouton et de la sueur

(Bulletin de la Société chimique, t. XH, p. a3.)

On doit à Vauquelin les premières recherches sur la composition chimique du suint. Cette matière, considérée d’abord comme formée en grande partie d’un savon à base de potasse, auquel s’ajoutent de petites quantités de sels alcalins, acelate, carbonate, chlorures, a en réalité une composition très-complexe. D’après M. Chevreul,j)n peut en extraire en effet une trentaine de substances différentes, au nombre desquelles se trouvent dix sels de potasse.

MM. Maumené et Rogelet ont proposé l’utilisation des eaux provenant du désuintage des laines, comme source de potasse pure, complètement exempte des sels de soude, qu’on trouve dans la potasse ordinaire du commerce.

Au point de vue physiologique, l’absence de sels de soude dans le salin du suint aurait une grande portée ; les moutons en effet se nourrissent de plantes contenant généralement une faible quantité de sels

de soude, qui sont assimilés comme les sels de potasse et pénètrent ensemble dans la circulation pour être sécrétés ensuite soit par la peau dans le liquide de la transpiration, soit par les reins dans la sécrétion

De ces deux modes d’élimination, y eu aurait-il un chez le mouton consacré exclusivement aux sels de potasse? Ce serait une exception que la structure anatomique de la peau n’explique pas.

En réalité, on trouve dans le suint une faible quantité de sels de soude, éliminée par la peau avec les sels de potasse. La sécrétion sudorale se faitchez le mouton comme chez l’homme, et, si la sueur humaine contient une plus forte proportion de sels de soude que le suint de mouton, c’est que l’homme ajoute à ses aliments une certaine quantité de chlorure de sodium, tandis que l’animal se nourrit essentiellement de plantes contenant beaucoup de potasse et très-peu de soude.

Contrairement à l'affirmation de M. Maumené, le suint renferme de la soude. J’ai pu constater la présence de cet alcali dans la proportion de 4 à lo pour loo du poids du salin, proportion en rapport avec la quantité de sel contenu dans la nourriture de l’animal d’où provenait la toison.

Mes expériences, exécutées sur des toisons d’origines diverses, m’ont toutes donné des résultats concordants; j’ai eu soin, dans tous les cas, de séparer et de doser directement la soude à l’état de sulfate.

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