‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 16 sur 44 · TRAVAUX SUR LES VERS · texte numérisé non relu

TRAVAUX SUR LES VERS

Études histologiques sur les Planaires Rhabdooèles Acèles

(Comoluta Schulsei[0. Schm.]).

Les Acèles constituent un groupe à organisation très simple, où l’endoderme n’est pas représenté (1) chez l’adulte. Ils sont à peine des Métazoaires et presque pas supérieurs aux Infusoires.

Ce travail a eu pour but de rechercher l’existence chez ces animaux (où il avait été nié) d’un système nerveux distinct; en même temps que d’éclaircir la question du réticulum qui remplit tout le soma et celle des Zoochlorelles et des Pulsatelles déjà décrits par Geddes.

I. Système nerveux. — Sur l’animal frais, on peut distinguer 4 bandes claires qui se fondent à l’extrémité céphalique vers l’otocyste : l’examen histologique a montré que ce sont les 4 nerfs principaux, et autour de Totocyste les centres nerveux (Voy. p. 16, fig. 10 et H).

Pour bien mettre en évidence le système nerveux entier, il faut user d’une méthode fondée sur l’emploi de l’acide formique et du chlorure d’or.

Le système nerveux central se compose, autour de l’otocÿsté,'d'une masse bilobée formée de deux ganglions symétriques par rapport à Totocyste, ét placés autour et au-dessous de celui-ci. Il y a deux renflements pairs superposés, réunis par trois commissures limitant deux espaces à peu près rectangulaires à angles arrondis. Le plan inférieur de ces espaces renferme Totocyste. Entre la commissure la plus élevée et les 2 nerfs ascendants, se trouve un troisième espace occupé par l'organe frontal.

Le système nerveux périphérique se compose de 6 nerfs longitudinaux

parallèles (2 internes, 2 externes, et 2 moyens) réunis par de nombreuses anastomoses transversales en échelle et montrant de nombreuses ramifications très fines (voir les figures reproduites à la page 28 de cette notice).

Pour reconnaître la structure intime de ces parties, il a fallu employer une autre méthode que celle du chlorure d’or; c’est celle du carmin osmique précédé d’une fixation au sulfate de fer. Cette méthode était absolument neuve, et a, depuis, été fréquemment employée. Elle seule a permis l’étude du système nerveux sur coupes, et par conséquent l’étude histologique de ce système. Le système nerveux central est formé de fibres et de cellules ganglionnaires.

II. Organes des sens. — De ces organes do sens, l’otocyste seul a été signalé par les auteurs. Graff etGeddes déclarent qu’il n’y a pas d’yeux, et cependant il y a deux taches pigmentaires oculiformes et de plus un organe sensitif spécial que j’ai appelé l’organe frontal.

a. — Otocyste. — Il se compose d’une otolithe demi-sphérique, formée de 2 parties concentriques et entourée d’une vésicule membraneuse; cette, vésicule occupe une, cavité creusée dans la masse nerveuse environnante. , ,-.Ji

Sur les coupes, on en voit partir 3 canaux légèrement sinueux, dont le rôle est difficile à définir.

Cet otocyste semble seulement servir aux Convolutes à percevoir des im-, pressions vibratoires comme celles des trépidations et des ébranlements du sol.

b. — Taches oculiformes. — Ce sont deux simples petites taches pigmentées de part et d’autre de l’otocyste. Elles ne peuvent guère servir qu’à percevoir vaguement des sensations lumineuses et non dos images.

c. — Organe frontal. — On le voit à la partie antérieure du corps comme une petite lâche ovoïde; en face de lui, il n’y a plus de cils vibratiles. A l’état frais, il se décompose en secteurs comme les côtes d’un melon. Sur les coupes, après l’action du chlorure d’or, on le voit formé d’une matière transparente qui se teint en violet pâle, et traversé par un réseau de fibres. Il est relié au cerveau par deux nerfs, les deux nerfs de l’organe frontal. Le réseau lui-même est composé de fibres très fines se continuant avec celles des cellules périphériques.

Cet organe est évidemment un organe sensitif et certainement un organe du tact; mais cette fonction ne doit pas être la seule et il est probable qu’il sert aussi à des sensations olfactives et gustatives.

Au point de vue morphologique, il me semble représenter une trompe rudimentaire équivalente à celle de certaines Rhabdocèles, et peut-être aussi des Némertiens.

III. Téguments. — Vépiderme cellulaire cilié est presque uu syncytium. Au-dessous se trouve un réticulum sous-épidermique, et une couche de fbres musculaires transversales obliques et longitudinales.

IV. Réticulum. — C’est une masse continue de protoplasma, parsemée de noyaux et criblée de vacuoles. H faut le considérer plutôt comme un tissu conjonctif à cellules étoilées et anastomosées, que comme une masse protoplasmique continpe avec vacuoles intra-cellulaires comme le croient Lang et Graff.

Les Zoochlorelles sont situés dans des cavités irrégulières du réticulum.

Le réticulum forme également une gaine autour du système nerveux (que les anciens auteurs, entre autres E. Blanchard, avaient vu, injecté, et décrit comme appareil circulatoire).

V. Glandes. — Les cavités piriformes et les orifices percés dans les téguments ne sont que des cavités du réticulum, et non de vraies glandes.

VI. Pulsatelles. — Geddes avait décrit sous le nom de Pulsatella Concolutæ, de petites cellules, animées de mouvements rythmiques, qu’il considérait comme des organismes parasites des Convolutes. Ce sont des petites masses protoplasmiques ovoïdes de 10 g sur 8 g, avec une partie pleine protoplasmique, et une partie creuse pourvue d’une touffe de cils vibratiles : c’est une sorte de cellule caliciforme, dont la cavité est occupée par un bouquet de cils vibratiles.

J’ai montré qu’elles ne devaient pas être des parasites, et avaient une grande ressemblance avec les appareils terminaux du système aquifère des Plathelminthes ; elles produisent dans les lacunes du réticulum une circulation rudimentaire des liquides.

Sur l’abondance du Chétoptère sur les côtes de Normandie.

Le Chétoptère est une Annélide singulière, rare partout. La difficulté de se procurer un nombre considérable d’individus est une des causes de l’imperfection de nos connaissances sur l’anatomie de cette forme intéres-

A Lue-sur-Mer on ne trouve point les Chétoplères à la grève, mais ils sont certainement très abondants à une faible profondeur au-dessous du niveau des basses eaux, car les coups de vent du large les rejettent sur la plage en grand nombre, parfaitement intacts dans leur tube parcheminé. J’ai pu en envoyer à Paris plus de 100 recueillis de cette manière.

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