‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 30 sur 44 · MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

MOLLUSQUES

. L es Lamellibranches et les'Gastéropodes se' prêteraient mal à .ces expériences. Les tins et les autres ont une locomotion trop lente, qui rendrait' l’opération inutile, et, chez,les derniers, la situation des Organes au voisinage des centres nerveux et des grands courants sanguins la' rendrait presque sûrement mortelle.

Les Céphalopodes, animaux agiles, aux allures vives, sont beaucoup plus favorables; mais l’opération est, ici aussi, fort délicate. Les olocystes sont èn effet placés très profondément dans l’épaisseur du cartilage crânien, aü voisinage des grands sinus de la tété. J’ai choisi les Octopodes, Poulpes et Élédones, les DéOapodes (Calmars et'Seiches) ayant, au devant de la région: des otocys'tes, un énorme sinus veineux qu’il est à peu près impossible de ne pas percer. J’ai fini par établir un manuel opératoire qui permet sur un Poulpe d’enlever les otocystes des deux côtés en une.seule séance; en quelques minutes, ètpàr une opération si bénigne qu’au bout -de peti de jours, là cicatrice est presque méconnaissable. Pour être certain que l’organe est bien détruit, je le vide avec une petite curette et retire l’otolithe. ...

Le Poulpe ainsi opéré et remis de l’opération par quelques jours de repos et de bonne nourriture se comporte de la manière suivante.

Il se meut en nageant, comme on sait, le sac viscéral en avant par un effet de recul dû à la projection d’un jet d’eau violent par l’entonnoir.

Si le mouvement est très lent, on n’observe qu’une sorte de roulis par lequel l’animal verse alternativement sur un côté puis sur l’autre, par ro-: tatiôrt autour do son axe longitudinal', de 20 à 30 degrés environ.. Si le mouvement devient plus rapide, la rotation s’accentue. Enfin lorsque l’a-i nimal se meut à toute vitesse, l’allure est tout à fait modifiée. Le départ a lieu toujours en direction èt en situation normales ;'mais bientôt il se produit une rotation, soit autour de l’axe longitudinal du corps, èt la trajèctoire devient une hélice allongée, soit autour de son aie transversal, et la trajectoire devient une sorte d’ellipse très excentrique, située dans le plan de symétrie et que l’animal parcourt en ayant toujours sa face dorsale tournée vers le centre. De toute manière, il arrive à se trouver ia face ventrale on haut,: sitüalîon absolument inusitée chez tes Poulpes intacts.

L’animal s’aperçoit bien vite de son erreur, il cherche à se redresser, mais au premier mouvement, les mêmes phénomènes se produisent.

Ces deux modes de rotation sont des types extrêmes qui sont souvent

réalisés, mais qui, fréquemment aussi, se combinent de façons variées.

Il arrive aussi que l’animal tourne dans un plan horizontal, autour d’un point placé à sa droite ou à sa gauche, et ce mode de déviation peut se combiner arissi aux deux ' autres pour compliquer encore L’effet total. La trajectoire normale peut donc être modifiée par des mouvements dé rotation quelconques autour d’un des trois axes principaux du corps ou d’un axé intermédiaire.

En somme, l’animal est désorienté et ne peut retrouver son attitude normale que lorsqu’il reste au repos, accroché par ses vèntousés aux objets fixes du voisinage.

Les individus aveuglés ont une allure lente, indécise, mais nullement anormale. Ceux qui sont privés à la fois de leurs yeux et de leurs otocÿstes sont non seulement absolument désorientés dans leur natation, mais' ont mille peines à rétrouver leur position naturelle, même après avoir gagné lis fond. Fréquemment, on lés voit faire une ou deux cùlhutes, sac par-dessus

. Tout cela s’explique par le fait que l’animal, n’ayant plus la sensation (les mouvements rotatoires qu’accomplit son corps, ne sait plus faire automatiquement les mouvements nécessaires pour maintenir son équilibré. g pi;

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