IV. — VERTÉBRÉS
44. Mémoire sur le système nerveux et sur l’histologie de l Amphioxus (.Brancliiostoma lubricum, Costa; Amphioxus Lanceolatus, Yarrcl), lu à t’Académie des sciences le 1" septembre 1845. — Comptes rendus, t. XXI, p. 519. Ann. des scrnat., 3' série, t. IV, p. 197,avec 4 planches.
VAmphioxus avait été étudié par divers naturalistes, entre autres par Muller. Cet illustre physiologiste avait mis hors de doute que cet animal reproduisait chez les Vertébrés un exemple de simplification organique,presque égale à ce que présentent si souvent les Invertébrés. Il avait constaté l’absence du cœur, la dégradation extrême du tube digestif, etc.; mais le système nerveux, les organes des sens et l'histologie de cet être singulier, n’avaienléléque trèsimparfaitementexaminés.
L’auteur du mémoire actuel a cherché à combler celle lacune. Il a reconnu que le cerveau, pour être peu marqué, n’en existait pas moins, et qu'au lieu de donner naissance à une seule paire de nerfs, connue on l’avait cru, il en fournissait cinq bien distinctes. La moelle épinière, au lieu d'être cylindrique, présenté des renflements correspondants à l’origine des nerfs du corps, ce qui rappelle la structure ganglionnaire du système nerveux de certains Annelés. Bien que les troncs nerveux soient en petit nombre, leurs dernières ramifications sont très multipliées sur certains points du corps. L'auteur a reconnu ici pour la première fois un mode de terminaison des nerfs qui n’avait pas encore été signalé chez les Vertébrés. Il les a vus se terminer directement aux téguments sans revenir sur eux-méines en formant des anses. Ce fait, alors tout à fait exceptionnel, a été retrouvé depuis chez d'autres animaux par MM. Itobin et R. Wagner (1). $
Millier avait méconnu la nature sensoriale des points colorés placés près du cerveau. L’auteur montre que ce sont bien de véritables yeux, mais des yeux dégradés dans lesquels l'appareil optique est réduit à ses élément» indispensables, un cristallin, une rétine et une enveloppe revêtue d’une couche de pigment. Ces yeux ressemblent donc à des yeux d'invertébrés, à ceux de certains Mollusques et de certaines Annélides.
Entre autres résultats histologiques, l’auteur a pu constater que les fibres élémentaires des muscles à mouvements volontaires n'ont pas partout' les mêmes caractères. Dans les masses musculaires latérales; elles présentent ces stries transversales qu’on y trouve chez tous les Vertébrés. Mais dans les muscles qui meuvent les cirrhes de l'appareil buccal, ces stries manquent, et les fibres élémentaires rappellent entièrement celles de certains Invertébrés.
L’auteur a trouvé, dans le squelette, des parties à structure fibreuse, d'autres parties à structure celluleuse. Nulle part il n’a rien vu qui rappelle réellement la composition d’un squelette de poisson, soit osseux, soit cartilagineux.
Le sang, entièrement incolore, ne renferme que quelques globules irréguliers, et ressemble au sang de certains Mollusques ou Crustacés inférieurs.
A la fin de son mémoire, l’auteur discute l’ensemble des faits connus sur 1 ’Amphioxus; il signale les ressemblances organiques qui le rapprochent de certains Invertébrés, et surtout des Annélides. Il conclut en faisant remarquer que si l’on voulait représenter dans nos classifications les véritables rapports zoologiques de ce dernier des Vertébrés, il faudrait le séparer des Poissons et former pour lui seul une classe spéciale; ’
45. Sur l’amUmvs dé l’Ammocèté, extrait communiqué à là Société philo¬
matique. — L’Institut, n” 810.
Depuis la découverte de YAmphioxus, l’Ammocète, regardée jusque-là comme sant de rechercher quels rapports ce Cyclostome peut avoir d’une part avec
cète était en réalité, et sons presque tous les rapports, un représentant inférieur dé ce dernier type. L’appareil circulatoire entre autres, déjà si dégradé chez les Lamproies, comme M. Duméril l'a montré dès 1312, présente ici une imperfection relative qui porte sur certaines portions du système artériel aussi bien que sur les systèmes veineux et lymphatiques.
46. Sur les embryons de Poisson qtli se développent dans les branchies dés Unios. — Comptes rendus des séances et mémoires de la Société biologique, juillet1849.
« Ce fait tout nouveau de parasitisme aélé vérifié par diverses personnes et confirmé par une note de M. Vogt.
47. Moeurs des Lézards. Observations recueillies sur un Lézard vert qui a vécu dix-huit mois en captivité. — Mémoires de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse^ 4835.
48. Mémoire sur un Pigeon déradelphe, lu à l’Académie des sciences le
28 novembre 1839. —Comptes rendus.X. IX, p. 507.
La déradelpbie n’avait pas encore été signalée chez les Oiseaux. L’auteur, qn décrivant ce monstre double, a étudié en particulier chacun des principaux qppà-
raignes parmi les Rongeurs. 11 a adopté, sur ce point, les idées de Geoffroy-Saint- Hilaire, en les confirmant par de nouvelles observations.
52. Description de deux jeunes Hémiones nées à la ménagerie du Jardin des plantes, communiquée à la Société philomatique le 14 janvier 1843. — L’ Institut, n° 474.
53. Résumé de plusieurs faits relatifs à la circulation par lacunes, communiqué à la Société philomatique le 15 mars 1845. — L’Institut, n° 587.
Dans ce résumé l'auteur rappelle l’ensemble des faits qui lui semblent prouver que, jusque chez les animaux supérieurs, le cercle circulatoire n'est pas aussi complètement clos qu’on le croit généralement. II cite plusieurs observations et expériences, dont plusieurs lui sont communes avec M. Doyère, et qui viennent à l’appui de cette opinion.
On sait que depuis celle époque l’existence d'appareils lacunaires, parfois très considérables chez certains Vertébrés, a .été mise liors de doute, et que ces faits ont à juste litre rappelé l’attention sur ceux que M. Duménl signalait dès 1812 chez les Poissons cycloslomes.
54. Sur la disposition et le diamètre des capillaires chez quelques Vertébrés, en commun avec M. Doyère, communiqué à la Société philomatique le 20 février 1841. — L’Institut, n° 375.
Le résultat général des recherches entreprises par les auteurs, est qu’il existe des vaisseaux capillaires dont le diamètre est au moins trois ou quatre fois plus petit que le diamètre des globules du sang.