V. — EMBRYOGÉNIE
55. Mémoire sur l’embryogénie des Planorbes et des Lymnées. — Ann. des
sc. nat., 2• série, t. II, p. 107, avec une planche.
Ce mémoire renferme une-série d’observations faites jour par jour,'en 1834, jusqu'à l’éclosion des jeunes Mollusques. L’auteur décrit l’apparition successive des divers organes et le mode de développement de plusieurs d’entre eux. C’est aiitsi , par exemple, que la formation par lacunes du tube digestif est signalée ici pour la première fois, et l’on .sait que ce fait a été confirmé depuis lors, entre autres par les recherches de M. Vogl sur l’embryon des Actéons.
se montrent d’abord sous forme de globules, se résolvant pluslord en globulins. Ces derniers résultats ont été confirmés à diverses reprises,,et tout récemment encore par des observations faites jusque sur les Vertébrés.
Carus, sans entrer dans des détails assez, précis, avait le premier sjgnalé les différences remarquables qui existent entre l'Anodonle adulte et les jeunes qu'on trouve dans lés branchies. Rathke et Jacobson combattirent celle opinion et regardèrent les jeunes larves comme des simples parasiles pour lesquels ils créèrent même un genre nouveau ( Glochidium ). L'auteur croit pouvoir dire que son travail trancha complètement la question. car depuis cette époque tes métamorphoses des Anodonles n'ont été mises en doute par personne, Couleur a eu depuis l’occasion de revenir sur ce sujet d'une manière plus générale. (Voy. n“ 57.)
Ce mémoire sur la vie intra-brançliiole des petites Anodonles a été l’objet d’,un rapport favorable dont nous avons parlé plus haut (Voy. le Préambule, page 5.) ,
57. Mémoire sur l’embryogénie des Tarets, lu à l’Académie des sciences le 2 avril 1849. Comptes rendus, t. XXVIII, p. 430. — Am. des sc. nat v 3" série, t. II, p, 202 avec une planche.
Dans la première partie, l’auteur examine le mode de développement des œufs et des spermatozoïdes dans les organes génitaux. Il fait connaître de nouveaux faits qui confirment ce qu’il a dit ailleurs sur l'extrême ressemblance que présentent ces deux éléments dans les premiers temps de leur apparition.
leur à montré a plusieurs personnes ce fait qu’il avait d’abord découvert chez les Hertnelles.
59. Mémoire sur l’embryogénie des Unios, lu à 1-’Académie des sciences
le 23 juillet 1849. — Comptes rendus, t.XXIX, p. 82.
Le développement des Unios, déjà ébauché par Carus, ressemble fort à celui des Anodontes. La principale différence consiste dans l’apparition plus ou moins tardive des crochets, et surtout dans l'absence ou la présence des byssus placentaires. Mais le développement de ces deux genres de Bivalves diffère sur plusieurs points de ce que l’auteur a observé chez les Tarets. Ces derniers revêtent successivement quatre formes bien distinctes depuis le montent où le vitellus s’est organisé en larve jusqu’à celui où l'animal a acquis son état parfait. L'Unio présente seulement deux modifications. On voit que l'auteur avait eu raison de dire que l'étude embrvogentque ferait reconnaître chez les Acéphales des degrés très divers dans les métamorphoses.
L’auteur a suivi le développement de ces Mollusques deau douce, tantôt en employant la méthode des fécondations artificielles, tantôt en prenant daus les branchies de la mère des larves normalement développées. L'auteur montre que ces faits peuvent être important an point de vue de l'application, et qu’ils mettent sur la voie de moyens extrêmement simples pour former, par exemple, des parcs à huttres artificiels.
60. Note sur la multiplicité normale des vitellus dans les œufs de certains Mollusques. — Comptes rendus des séances et mémoires de la Société biologique, juin 1849,
L’auteur à trouvé que cette multiplicité des vitellus. exceptionnelle dans les œufs des Planorbes, des Lymnées, etc., était constante dans ceux d'une espèce nouvelle de Pleurobranche, trouvée par lui dans la mer de Biscaye.
L’auteur fait connaître en outre la larve des Pleurobraiiches. Celle lai ve ne ressemble en rien à l’animal adulte ; elle possède une coquille Uirbîiïée dans laquelle le corps se cache en entier, et sa tête est entourée d’une couronne de cils vihratiles très longs et très serrés.
61. Mémoire sur l’embryogénie des Annélides, lu à l’Académie des sciences le 28 août 1848. — Comptes rendus, t. XXV, p. 487, et t. XXVII, p. 229. Ann. des sc. nat., 3* série, t. X, p. 153, avec 2 planches.
L’auteur examine successivement : 1" la formation des œufs et des spermatozoïdes dans les organes génitaux, et leur développement dans la cavité générale
•' L'anienr appelle, d'une, manière tonie spéciale, l'attention sur le râlé joué par l’enveloppe extérieure de l’œuf. D'abord irrégulièrement plissée, elle resté entièrement inerte. Plus lard, et quand lè vilellus commence manifestement à s’organiser, elles» contracte, se moule sur la larve on voie de.formation et luicOifstilue ainsi de toute pièce une enveloppe' cutanée que hérissent bientôt les cils vibraliles.
L’auteur compare toutes lès phases du développement de l’œuf chez les Herrnelles et chez les Mammifères. Le résultat général de cette comparaison est que tant que les germes restent à l'état d'œvf, il y a une ressemblance extrême dans 10s phénomènes du développement! chez les Mammifères et chez les Hermelles, etc que cette ressemblance cesse presque aussitôt que se manifestent les premiers vestiges d'une organisation animale.
62. Recherches: expérimentales sur les spermatozoïdes des Hermelles et des Tarets, lues en entrait à l'Académie des sciences le 26 juin 1850. — Ann,, des se, nat., 3' série, t. XIII, p. 109.
. Dans leurs recherches sur.les spermatozoïdes dés Batraciens, Spallanzani et MSI. Prévost et Dumas n’avaienï pas cherché à apprécier la limité d’action des divers agents employés; ces agents eux-mêmes étaient en trop petit nombre pour que les résultats obtenus pussent conduire à des conclusions générales; enfin, Je* expériences de ces physiologistes avaient porté exclusivement sur des animaux d’eau douce. L’auteur a cherché à combler ces diverses lacunes en opérant sur une Annélide et sur un Mollusque habitant l’un et l'autre dans la mer.
Voici les principales conclusions de ce mémoire :
1“ Les spermatozoïdes des Hermelles supportent beaucoup mieux, et dans des limites beaucoup plus étendues, une variation en moins qu’une variation en plus des principes salins de l’eau de mer.
2" Généralement parlant, l’action des bases sur les spermatozoïdes des Hermelles est beaucoup plus faible que celle des acides.
3’ L’acétate de morphine et probablement tous les poisons d’brigine organique agissent sur les spermatozoïdes des Hermelles avec infiniment moins d’énergie que les poisons minéraux.
, Une dose presque infinitésimale de sublimé, d’acétate de plomb, etc., suffit pour tuer les spermatozoïdes des Tarets. On peut appliquer ce résultat à la préservation des approvisionnements de bois de la marine. (Voy. lè u” 66.)
6 3. Expériences sur la fécondation artificielle des œufs de Hermelles et de
Tarets, lues en extrait à l’Académie des sciences le 26 juin 1850.
Ann. des sc. nat., 3’ série, t. XIII, p. 124.
L’auteur a étudié successivement l’importance des spermatozoïdes dans l’acte de la fécondation; le rapport du nombre des spermatozoïdes avec le pouvoir fécondant de l’eau spermatisée; l’influence que divers agents exercent, soit sur les œufs isolés, soit sur les œufs mis en contact avec les spermatozoïdes; l’action des poisons minéraux sur les larves et les animaux adultes. C’est la première fois que des expériences de ce genre ont été faites sur des animaux marins.
Voici quelques mies des conclusions principales auxquelles conduisent ces expériences.
Contrairement à ce qui a été observé pour les Batraciens, les œufs de Hermelles él de Tarets peuvent être fécondés alors même que ces œufs ont séjourné pendant un temps assez long dans l'eau noh spermatisée.Il en est probablement dé même pour tous les Invertébrés à fécondation extérieure qui pondent des œufs isolés et non entourés de mucus.
Une faible augmentation dans la salure de l’eau de mer s’oppose au développement des œufs de Hermelles et de Tarets.
Lé sel marin, employé seul, agit à la maniéré de l'ensemble des sels de l'eau de mer. Au contraire, l’addition d’une certaine quantité d’eau douce facilite la fécondation et bâte le développement des larves.
Les diverses substances toxiques agissent'dé la même manière, mais avec une intensité différèrilé, sur les spermatozoïdes, sur les œufs et sur les larvés.
Lorsque des œufs et des spermatozoïdes de Hermelles sont placés simultanément en contact avec un poison trop faible, la fécondation ,i lieu malgré la présence de ce poison.
64. Mémoire sur les embryons des Syngnathes, présenté à l’Académie des sciences, le 30 mai 1842. — Comptes rendus, t. XIV, p. 794. Ann. des sc. nat., 2' série, t. XVIII, p. 193, avec 2 planches, dont une double.
Les différences remarquables qui existent entre ces' embryons elle poisson adulte ont engagé l’auteur à en faire un examen très détaillé. Parvenu au septième ou huitième jour de son développement, le jeune Syngnathe possède îles nageoires pectorales qui devront disparaître plus lard. La forme de sa tête, celle des os dn crâne, leur direction et par conséquent leurs rapports, etc., ne ressemblent
De l’élude approfondie des principaux appareils organiques il résulte qu'à cette époque les systèmes digestif et musculaire sont très en retard; que lé système culaué est à peine caractérisé; qu’au contraire, les systèmes vasculaire et nerveux sont très avancés : ce qui explique le développement extrême des organes sensoriaux.
65. Sur le développement embryonnaire des Blennies, extrait Communiqué!» l’Académie des sciences, le 14 août 1843. — Comptes rendus, t. XVII, p. 320.
L’auteur signale les faits de développement cellulaire que présentent les diverses parties du squelette dans les embryons de Blennie. Ce mode de formationest ici aussi facile à reconnaître que chez les végétaux.
Chez ces mêmes embryons les veines branchiales ne se développent que lorsque le jeune poisson est sorti de l’œuf. Vers la fin du quatrième jour après l’éclosion, le sang passe encore dans les vaisseaux qui vont directement du cœur à la tête, etc.